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8 septembre 2025, par

Les rendez-vous du 10 et du 18 septembre s’annoncent comme des étapes importantes dans le combat du peuple réunionnais pour défendre ses droits. Car ce qui est en cause aujourd’hui, ce n’est pas seulement une réforme de plus, mais bien une offensive globale des gouvernements successifs à Paris contre les acquis arrachés de haute lutte par les peuples au lendemain de la victoire contre le fascisme et de la décolonisation résultat de la victoire du CRADS aux législatives d’octobre 1945.
À La Réunion, cette conquête s’est incarnée de manière éclatante en octobre 1945. À la faveur de la victoire du peuple sur la barbarie fasciste, le Comité républicain d’action démocratique et sociale (CRADS), dirigé par Raymond Vergès, a remporté les élections législatives. Cette victoire de ce Front de libération réunionnais a permis que notre île bénéficie des avancées arrachées par le mouvement populaire en France : la Sécurité sociale, le droit au travail, la République sociale. C’est ce moment historique qui a fait entrer La Réunion dans une nouvelle ère, rompant avec les siècles de domination coloniale sans droits ni protection.
Mais depuis plusieurs années, un processus inverse est à l’œuvre. Sous prétexte de modernisation ou de rigueur budgétaire, Paris détricote méthodiquement les acquis de 1945. Retraites privatisées, sécurité sociale attaquée, services publics saignés à blanc, précarité organisée : tout concourt à ramener les travailleurs dans une situation d’insécurité sociale qui rappelle de sombres temps. La Réunion, en première ligne de ces reculs, en subit les effets aggravés : chômage massif, vie chère, inégalités criantes.
Face à cela, les mobilisations du 10 et du 18 septembre prennent un sens clair. Elles ne sont pas de simples manifestations catégorielles. Elles s’inscrivent dans la continuité d’un combat historique, celui du peuple réunionnais pour faire vivre les acquis de la Libération et de la décolonisation. Car si ces conquêtes sociales existent encore aujourd’hui, c’est grâce à la vigilance et à la mobilisation des générations successives qui ont refusé de se laisser dépouiller.
C’est pourquoi il est essentiel que la mobilisation soit la plus large possible. Car derrière chaque réforme régressive, c’est un même projet qui avance : remettre en cause l’héritage de 1945, faire table rase de la République sociale pour revenir à une société où les travailleurs et les peuples dominés doivent se contenter des miettes.
En 1945, les Réunionnais, en élisant leurs députés progressistes, ont fait le choix de la dignité et du progrès. Aujourd’hui, ce choix est une nouvelle fois entre nos mains. Le 10 et le 18 septembre, la rue appartiendra à celles et ceux qui refusent la régression sociale et la négation de notre histoire. En nous mobilisant, nous affirmons que les acquis issus de la victoire sur le fascisme et de la lutte de décolonisation à La Réunion ne sont pas négociables. Ils sont la condition de notre avenir.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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