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71.835 plaintes pour des crimes ou délits sexuels commis hors du cadre familial.
1er décembre 2022

Les services de police et de gendarmerie ont enregistré l’an dernier 71.835 plaintes pour des crimes ou délits sexuels commis hors du cadre familial, soit une hausse de 24,1% par rapport à 2020, selon des chiffres du ministère de l’Intérieur dévoilés.
Cette hausse est liée à la plus grande sensibilisation du public à ce sujet, selon les associations féministes qui regrettent toutefois les nombreux classements sans suite.
Après une stagnation entre 2019 et 2020, année de la crise sanitaire du Covid, le nombre de plaintes reprend sa très forte progression débutée en 2017. Les faits dénoncés sont à 73% des violences sexuelles physiques (viol ou tentative de viol, agression ou atteinte sexuelle).
86% des victimes déclarées sont pour la plupart des femmes et pour plus de la moitié des mineurs, soit 55%, selon l’étude du service statistique de Beauvau (SSMSI).
Selon les analystes, ces chiffres sont à prendre avec du recul car il y a peu de victimes qui signalent les faits qu’elles ont subis. Ainsi, « moins de 10% des victimes de violences sexuelles commises hors du cadre familial portent plainte », selon le SSMSI.
Cette augmentation du nombre de plaintes s’inscrit « dans le contexte de libération de la parole impulsé par le mouvement #Metoo à compter de 2017/2018 », a noté l’étude. Toutefois, cette hausse est aussi liée à une plus grande sensibilisation à ce sujet du public et en particulier des femmes.
« Les violences contre les femmes ont toujours été omniprésentes », a souligne auprès de l’Agence France PResse, Fabienne El-Khoury, l’une des porte-parole d’Osez le féminisme. « C’est la sensibilisation des femmes qui a augmenté, elles savent ce qu’est une agression, qu’elles peuvent porter plainte si un homme leur touche les fesses, par exemple ».
Pour Sophie Barre, membre de la coordination nationale de #NousToutes, les femmes « se sentent plus légitimes à présent pour franchir la porte du commissariat et porter plainte » contre des comportements « acceptés comme une fatalité » auparavant.
Désormais, de plus en plus de victimes portent plainte plusieurs semaines, mois ou années après la commission des faits dénoncés. Ainsi, les faits commis avant 2021 représentaient 40,7% des infractions sexuelles hors cadre familial enregistrés, contre 31,8% en 2017.
Les associations féministes attestent que la réponse de la justice à ces plaintes est trop faible. « Elle est catastrophique, les faits ne sont pas condamnés, la majorité des plaintes est classée sans suite », a dénoncé Sophie Barre.
Les associations veulent la mise en place d’une justice spécialisée sur les violences sexistes et sexuelles. Ce projet a séduit le gouvernement qui a récemment lancé une mission parlementaire pour réfléchir à une telle justice spécialisée. Ses conclusions sont attendues début mars 2023.
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