Grève des gérants de station-service

Les salariés pris en otages

3 septembre 2008

La crise pétrolière implique aujourd’hui une flambée des prix sur les produits pétroliers. Les pétroliers veulent répercuter cette flambée sur la marge des gérants. Les gérants, eux, menacent de licencier leurs employés, peut-être même au profit de pompes automatiques. Ce sont toujours les salariés qui trinquent.

Plus d’un millier de Réunionnais travaillent dans les stations-service. La fédération Automobile de la CGTR appelle à la plus grande vigilance. Les salariés sont en danger. Pétroliers et gérants de stations-service, notamment les enseignes Total et Tamoil, ne s’entendent pas sur les prix à la pompe. Les pétroliers ne veulent, ou plutôt ne peuvent pas, augmenter leurs prix, puisque la Préfecture fixe le prix maximum des produits pétroliers. Pour contourner la fixation des prix, ils comptent revoir la marge des gérants. Ces derniers, se sentant floués, en arrivent au chantage. Si les pétroliers s’en prennent à leur marge, ils menacent tout bonnement de licencier du personnel. Pour la fédération Automobile de la CGTR, les pétroliers font de gros bénéfices, mais les gérants ne peuvent nier qu’ils prennent aussi leur part du gâteau, d’autant que les stations ouvrent maintenant épicerie, boulangerie et buvette et on ne sait trop quoi. Les bénéfices se font grâce à une sage diversification des activités. Malheureusement, les salariés ne profitent pas toujours des retombées économiques de cette diversification si rentable.

Les salariés doivent s’unir

Les gérants de stations-service Total et Tamoil fermaient leur rideau lundi dernier pour s’opposer à l’attitude des pétroliers, jugés trop gourmands. Jacques Bhugon, secrétaire général de la fédération Automobile de la CGTR, note que les gérants ont été soudés, unis comme jamais contre les pétroliers. Toutefois, au vu des risques qui planent sur les salariés, il appelle ceux-ci à l’union, pour que demain, leur emploi ne soit pas mis en péril. Il rappelle que les gérants risquent de jeter dans le doute « financier » plus d’un millier de familles. Les gérants ont en effet menacé de moderniser leur installation avec des pompes automatiques. « C’est moderne peut-être, mais pas pour notre île, déjà victime d’un taux de chômage conséquent », déclare le syndicaliste. Les consommateurs quant à eux doivent continuellement subir les conséquences de la crise pétrolière. Pour la fédération Automobile de la CGTR, il importe que pétroliers et gérants fassent toute la lumière sur leur marge respective. « Il serait temps que les pétroliers mettent la main à la poche », déclare Jacques Bhugon. Seraient-ils tous prêts à mettre carte sur table en toute transparence ?

Bbj


Un salarié inquiet : « É nou, koman n’i fé ? »

Moin la pèr koz èk ou. Tir pa mon foto. Mé moin mi panss ke banna la po mazine in bob po nou. I shap pa banna va prann bann ponp otomatik po ranplass anou. Tadra viendra. Si zot la fé sa, nou lé mor. Soidizan, moin lé an CDI isi, soman nana kom in zafèr i tourn pa ron dépi pétrolié la di li vé koup in bout dési la marj bann jéran. Anou, nout patron la fine mèt anou o pa. Si pétrolié i koup inn parti son marj, li ranvoy troi salarié. E nou, koman n’i fé ?

Luttes pour l’emploi

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