Luttes sociales

Les syndicats prêts à amplifier les luttes

Défilé du 1er mai à Saint-Denis

Manuel Marchal / 2 mai 2017

À l’appel de l’Intersyndicale CGTR-FO-FSU-UNEF, un défilé entre le Jardin de l’État et la préfecture a rassemblé hier à Saint-Denis de nombreux travailleurs à l’occasion du 1er mai. Avec la présence de l’extrême droite au second tour de l’élection présidentielle dimanche prochain, cette manifestation avait un sens particulier.

JPEG - 90.4 ko

Hier à Saint-Denis, plus d’un millier de personnes ont défilé à l’occasion du 1er mai. La manifestation était organisée par l’Intersyndicale CGTR-FO-FSU-UNEF, c’est-à-dire les syndicats qui continuent de mener la bataille contre l’application de la Loi Travail. Une forte délégation du PCR a contribué au succès du défilé. Toute la direction du Parti communiste réunionnais était présente aux côtés des syndicalistes, notamment le président Elie Hoarau, le secrétaire général Maurice Gironcel, le porte-parole Yvan Dejean et Ary Yée Chong Tchi Kan, secrétaire aux relations internationales. Ces dirigeants ont marché avec la délégation de la CGTR Ports et Docks. Les autres militants communistes ont joint leurs forces avec celles des autres syndicats présents dans le défilé.

JPEG - 75.4 ko
Aux côtés des travailleurs, une partie de la délégation du PCR.

Les mots d’ordre reprenaient les revendications portées de longue date par les militants syndicaux : lutte contre les licenciements, pour les augmentations de salaire, pour l’amélioration des conditions de travail, pour le respect des acquis sociaux inscrits dans la loi. À cela s’ajoutait le contexte particulier d’un 1er mai marqué par la présence 6 jours plus tard de l’extrême droite au second tour de la présidentielle.

« Annette démission »

Après s’être rassemblés devant le Jardin de l’État, le cortège s’est dirigé vers la préfecture en passant par la rue de Paris et l’avenue de la Victoire. En tête, l’UNEF faisaient part de la précarité subie par la jeunesse et rappelait également l’opposition des syndicats à l’extrême droite. Suivaient ensuite les syndicats de la CGTR, puis FO, la FSU, Sud. Comme c’est la tradition, les partis politiques affichant les symboles étaient invité à marcher en fin de cortège après les organisations de travailleurs. Deux avaient respecté cette consigne : Lutte ouvrière et la France insoumise.

La bataille menée contre la politique du gouvernement et ses alliés à La Réunion était une nouvelle fois à l’ordre du jour. Le cortège s’est ainsi arrêté plusieurs minutes devant l’hôtel de ville de Saint-Denis, siège d’une mairie à la tête de laquelle se trouve Gilbert Annette, dirigeant du PS à La Réunion. Aux cris de « Annette démission », les syndicalistes ont dénoncé le rôle joué par ce dernier, symbole d’un PS et de ses soutiens à l’Assemblée nationale qui ont trahi les intérêts des travailleurs depuis 2012, et qui sont jugés responsables de la montée de l’extrême droite arrivée en seconde position au premier tour de la présidentielle à La Réunion, et qualifiée pour le second tour dimanche prochain. La Loi Macron puis la Loi Travail ont en effet marqué d’importants reculs des droits obtenus par la lutte depuis des décennies ce qui a fait dire aux orateurs qui se succédaient devant la Mairie que le « PS n’est plus de gauche ».

Max Banon, dirigeant de la CGTR-Sud, a exprimé la mobilisation des travailleurs pour le « troisième tour social ». Après un second tour de l’élection présidentielle où la sauvegarde de la paix impose que pas une voix ne doit aller au Front national, l’heure sera au rassemblement pour faire face à la menace d’une poursuite de la politique menée depuis 5 ans par ce gouvernement.

JPEG - 89.6 ko
Prise de parole des responsables de l’Intersyndicale.

Barrage à l’extrême droite

Le défilé s’est conclu par les prises de parole devant la préfecture. Samantha Pothin, présidente de l’UNEF-Réunion, a salué la forte participation à ce défilé. Elle a rappelé que le combat continue et a annoncé la tenue mercredi à 18 heures à Champ-Fleuri d’un rassemblement contre l’extrême droite.

Marie-Hélène Dor, secrétaire départementale de la FSU, a insisté sur les conséquences dans la fonction publique de la politique du gouvernement. Elle a souligné que le programme d’Emmanuel Macron prévoit la suppression de 120.000 postes de fonctionnaires et a appelé les travailleurs à se mobiliser pour éviter un danger encore plus grand : l’arrivée de l’extrême droite à la tête de la France.

Eric Marguerite, secrétaire départemental de FO, a mis en avant la solidarité internationale qui est un des sens de la célébration du 1er mai, qui « n’est pas la fête pétainiste du travail ». La lutte continue contre l’application de la Loi Travail dans les entreprises, a-t-il dit.

Ivan Hoareau, secrétaire général de la CGTR, a conclu les interventions. Plus que jamais, la mobilisation contre la Loi Travail reste une des principales batailles, car l’application de ce texte est porteur de graves reculs sociaux. Le dirigeant de la CGTR a également dénoncé la responsabilité d’Emmanuel Macron dans la politique menée depuis 5 ans par le gouvernement sortant, et constaté que son projet poursuit la casse sociale avec en particulier une réduction des droits des chômeurs qui sont victimes d’une course aux profits qui écrase l’humain.

Ivan Hoareau a également rappelé que le projet de l’extrême droite est bien plus dangereux. Il signe notamment l’arrêt de mort des syndicats en les remplaçant par des organisations corporatistes regroupant salariés et patrons, ce qui est une négation de la lutte des classes. La CGTR appelle donc à faire barrage à l’extrême droite au second tour de l’élection présidentielle, et participera mercredi aux côtés de l’UNEF au rassemblement républicain de Champ-Fleuri.

C’est l’Internationale chantée par Denis Irouva accompagné de camarades de la CGTR et du PCR qui conclut le rassemblement.

M.M.