Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Mobilisation de la CGTR-Handicap
4 décembre 2004

Le syndicat s’indigne contre la rétention d’information qu’il reproche aux employeurs. Il revendique une égalité de traitement avec la Métropole et la mise en place d’une structure de rééducation professionnelle.
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Beaucoup reste à faire pour l’égalité des travailleurs handicapés. Depuis deux ans, la convention signée entre l’AGEFIPH et la CGTR-Handicap a permis au Collectif handicap CGTR de multiplier les informations auprès des instances de la CGTR et de ses adhérents sur le maintien au travail et l’emploi des personnes handicapées.
Dans le prolongement de cette mission, la CGTR-Handicap concluait hier un séminaire d’information et de réflexion sur “L’intégration des personnes handicapées dans le milieu du travail et leurs conditions de travail” où sont intervenus des représentants de l’AGEFIPH, de la COTOREP, de la Direction du Travail, de la Médecine du Travail et un représentant de l’association nationale d’action sociale Ambroise Croizat.
Ces deux jours d’échanges ont permis aux participants d’appréhender le problème et de discuter des axes revendicatifs sur l’insertion professionnelle des handicapés, "véritable bataille syndicale" pour la CGTR.
Si la CGTR comprend que l’intégration des personnes handicapées dans la vie professionnelle nécessite une prise en charge médicale sérieuse, parfois des aménagements de postes, "que l’évidence de cette nécessité se heurte à la pensée productiviste du libéralisme actuel", elle n’admet pas la rétention d’information lorsqu’il s’agit des textes officiels.
"Nos représentants dans les comités d’entreprise qui ont engagé ce combat ont pu s’apercevoir que certains employeurs mettaient beaucoup de mauvaise volonté à leur communiquer les éléments concernant l’application de la réglementation d’emploi des handicapés et que des entreprises n’hésitaient pas à détourner la réglementation pour s’exonérer de ces obligations", explique Ivan Hoareau, secrétaire général de la CGTR.
Gérard Fushs, représentant national de la CGT auprès du conseil d’administration de l’AGEFIPH, rejoint ce constat et considère que les principaux obstacles à l’intégration des travailleurs handicapés sont à la fois "l’état du marché du travail" et "l’absence de volonté des employeurs", comme si l’on était susceptible de perturber l’économie lorsque l’on ne répond pas aux normes.
L’obligation financière de 6% pour les entreprises d’au moins 20 salariés ne peut être assimilée, selon lui, "à une pénalité, mais représente la possibilité de s’exonérer de leur obligation en payant une contribution". Une contribution insuffisamment élevée pour être incitative et que la loi sur le handicap (qui passera en deuxième lecture le 21 décembre à l’Assemblée nationale) ne prévoit pas de modifier dans ce sens.
"Il y a faux-semblant entre l’approche législative et la réalité réglementaire qui permettra aux entreprises de déduire les dépenses liées à l’intégration de travailleurs handicapés, sans contrôle", explique Gérard Fushs qui souligne que la CGT et la CGTR ont une "appréhension défavorable" de ce projet de loi.
Édouard Lemoine, administrateur de l’association Ambroise Croizat, chargé des missions en entreprise, a fait le déplacement de la Métropole pour expliquer le système de rééducation professionnelle des personnes handicapées. Les militants syndicaux ont ainsi appris que la loi prévoit la mise en place de structures d’accueil et d’orientation pour les travailleurs handicapés.
"Puisque les textes de loi sont valables pour tous, pourquoi La Réunion ne bénéficie-t-elle pas de ce type de structure ?", ont demandé les militants au représentant de la COTOREP qui n’a su que répondre.
Pourtant grâce aux quelque 80 centres de rééducation professionnelle disséminés en Métropole, permettant la formation et la réinsertion professionnelle des travailleurs handicapés, la coiffeuse devenue allergique chronique aux produits chimiques utilisés pour les teintures, ou encore le travailleur du BTP souffrant du dos, peuvent se reconvertir et trouver un autre travail.
"Les compétences et potentialités du travailleur handicapé sont évaluées pour élaborer un projet professionnel et obtenir des qualifications supplémentaires supérieures visant à une intégration professionnelle pérenne", explique Édouard Lemoine, soulignant que l’objectif n’est pas d’assister les personnes mais de les rendre autonomes jusque dans leur recherche de stage d’application en entreprise puis d’emploi.
Sur les 700 stagiaires reçus dans les trois structures que compte l’association Ambroise Croizat, Édouard Lemoine parle d’un taux de réussite à l’examen de 90% et d’une intégration professionnelle à 70%. Quatre Réunionnais ont été reçus dans ces structures. Il leur serait profitable de pouvoir faire leurs stages d’application en entreprise à La Réunion, souligne Édouard Lemoine. Un protocole d’accord entre la Fédération CGTR métallurgie de Métropole et celle de La Réunion a d’ailleurs été signé pour réfléchir à l’implantation d’une structure à La Réunion et ainsi répondre aux besoins en main d’œuvre qualifiée.
Une revendication forte pour la CGTR-Handicap s’est dégagée suite à cette intervention : voir la mise en place d’une structure identique à La Réunion. Deux réunions de travail ont déjà été amorcées dans ce sens entre le Conseil régional, la Direction du Travail et la COTOREP. Édouard Lemoine se dit d’ores et déjà disposé à participer au transfert de compétences de son association pour monter un projet visant à l’employabilité durable des travailleurs handicapés.
Estéfany
Le droit du travail s’use si l’on ne s’en sert pas
"Au vu des politiques menées en entreprise, malheureusement certains autres travailleurs vont se rajouter aux 1.500 demandeurs d’emplois handicapés de catégorie1 existant à La Réunion", présage Ivan Hoareau. "La précarité devient une norme de référence" : mauvaises conditions de travail, pressions et harcèlements, gestion à flux tendu... toutes ces conditions créent selon lui des travailleurs handicapés.
Les pourparlers relatifs à l’assouplissement des 35 heures, au basculement des journées de RTT (réduction du temps de travail) en mois de salaires, sont révélateurs du mépris gouvernemental des conditions de travail en France.
Travailler plus encore et toujours, mais à quel prix ? Celui de sa santé ? De son bien-être ? En échange de quelle compensation, de quel respect du travailleur ? Les contrôles sur les arrêts pour maladie vont être renforcés, le droit de grève est insidieusement menacé, mais l’on ne s’inquiète pas des conditions de travail au sein des entreprises.
"Le droit du travail, c’est comme la liberté de la presse, ça s’use si l’on ne s’en sert pas", notait hier Christian Ribot, membre de la CGTR.
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Messages
28 septembre 2010, 16:42, par féfé
Je suis reconnu travailleur handicapé entre 50 et 75 % . J’ai des rendez-vous chez le spécialiste une fois par mois. Or, le mardi est le seul jour de réception du médecin Mon employeur ne veut pas que j’aille ce jour . Je n’ai pas d’autre choix. Jusqu’à ce jour, je lui donnais un mot du médecin en guise d’absence. Suis-je couvert et comment faire pour lui expliquer que cette visite est capitale pour moi. Je connais ce médecin depuis plus de 15 ans. Merci de m’éclairer.