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4 juin, parNos peines
A l’appel de La Réunion Économique
9 octobre 2008, par

Événement sans précédent hier devant la Préfecture : l’ensemble des organisations patronales rassemblées dans La Réunion Économique organisait une manifestation pour interpeller le gouvernement sur l’aggravation de la situation à La Réunion et sur la nécessité de tenir compte de l’intérêt général du pays.
Ce 8 octobre 2008, La Réunion a connu un événement qui restera sans doute dans l’Histoire. La Réunion Économique (ADIR, AD, CCIR, FRBTP, CGPME, MEDEF) appelait à manifester à 16 heures devant la Préfecture.
Il est intéressant de s’interroger sur les causes qui ont conduit à cette attitude. Traditionnellement, les organisations patronales ont l’habitude de composer avec Paris. Mais force est de constater que plus le temps passe, et plus ces acteurs économiques connaissent un sentiment d’exaspération.
Il provient tout d’abord du ralentissement de l’économie. Des chantiers ont été repoussés, ou annulés pour diverses raisons. On a par exemple la décision du maire du Tampon d’annuler le chantier de la Rocade. On a également les conséquences du retard pris par le Pôle Océan, ou l’annulation du Zénith. Par ailleurs, des permis de construire ont été annulés par l’Etat pour cause de stations d’épuration pas encore aux normes européennes. A cela s’ajoutent les incertitudes concernant l’avenir de la défiscalisation sur le logement. Résultat, le BTP est en crise, alors qu’il est un des moteurs de l’activité économique à La Réunion, et le secteur qui est jusqu’à présent le plus important créateur d’emplois. Le 10 septembre, la FRBTP annonçait des licenciements, provoqués par une perte de 400 millions d’euros du fait de ces retards et annulation.
Ensuite, dans le cadre de la concertation sur la loi-programme, les organisations patronales ont fait des propositions. Force est de constater que ces propositions n’ont pas été retenues eu égard à l’inquiétude que suscite le projet de loi.
Enfin, le 22 septembre, La Réunion Économique a tiré la sonnette d’alarme lorsqu’elle a appris que la défiscalisation sur les investissements outre-mer allait être débattue dans le cadre du projet de Loi de Finances 2009. Elle pointe le risque de « déstabilisation du mécanisme d’aide fiscale à l’investissement à La Réunion et à un assèchement des sources de financements des projets, que le système bancaire local, l’Etat ou les collectivités ne pourront compenser ». A Paris, beaucoup voient dans ces mesures destinées à financer l’investissement dans les entreprises de l’Outre-mer une niche fiscale qu’il faut réduire en cette période d’austérité budgétaire.
Manifestement, tous ces appels n’ont pas été entendus par Paris. Autant dire que nombre de ces acteurs économiques se sont sentis déconsidérés. Cela a amené les organisations patronales à changer leur attitude traditionnelle. Elles ont donc appelé à manifester afin d’interpeller le pouvoir sur l’aggravation de la situation à La Réunion. Et par cette manifestation, les organisateurs veulent également sensibiliser toute l’opinion quant aux menaces qui planent sur La Réunion. Et un des mots d’ordre est clair : « nous avons des atouts, nous ne voulons pas qu’ils soient gaspillés ».
Manuel Marchal
Nos peines
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