La CFTC appelle au Boycott

Militer et limiter sa consommation à l’essentiel

18 septembre 2008

Fidèle aux combats des premiers ouvriers, dans un climat de guerre économique la CFTC en appelle si nécessaire aux rapports de force pour rétablir une certaine équité dans la répartition des richesses produites.

C’est au nom de la dignité des travailleurs que le syndicat s’insurge : « Aujourd’hui à la Réunion, c’est plus de 400.000 personnes (52% de la population) qui vivent en dessous du seuil de pauvreté (moins de 817 euros par mois selon les critères métropolitains).
Avec le coût de la vie qui augmente de jour en jour, nous connaîtrons un appauvrissement généralisé dans les années qui viennent. Et nous comprendrons mieux ce que signifie travailleurs pauvres ("poors workers" des sociétés anglosaxones), même les jeunes diplômés seront dans cette catégorie si rien n’est fait pour ralentir ce phénomène d’appauvrissement.
 »

Economie « néocolonialiste »

Les freins de l’économie réunionnaise résident pour eux dans le mécanisme « des grosses entreprises qui captent les flux financiers qui circulent. Ces entreprises sont : banques, les compagnies d’assurance, le gros BTP, la grande distribution, les concessionnaires automobiles, les compagnies pétrolières, les compagnies aériennes.... Les bénéfices réalisés par ces entreprises sont systématiquement rapatriés dans les caisses des maisons mères et pour augmenter les dividendes pour les actionnaires. On comprend bien que tant que cette logique sera appliquée ici, notre région ne se développera jamais. Tous les compteurs de richesses sont remis à zéro tous les ans. Cette logique économique s’appelle le "néocolonialisme" ».

Vivre et non survivre

Pour empêcher une future explosion sociale, la CFTC veut agir « en donnant les moyens à chacun de vivre dignement » et « en rendant à chaque travailleur la part qui est la sienne dans la production de richesse et contribuons à l’amélioration de son pouvoir d’achat » pour, aussi, « faire tourner l’économie locale : les artisans, les commerçants, les entreprises de sport loisir, les compagnies aériennes... »

Plan d’action

La CFTC propose donc plusieurs pistes : « développer une démarche pour l’ouverture des négociations dans les entreprises par l’intermédiaire des délégués syndicaux ; programmer une journée de mobilisation ; appeler à rationaliser sa consommation et boycott ; préparer et orchestrer une grève générale et illimitée » et dans le même temps continuer à rationaliser sa consommation à l’essentiel.
Dans le cadre de l’intersyndicale, la CFTC a participé à la rédaction des différents courriers interpellant les pouvoirs publics, les parlementaires, le secrétaire d’état à l’Outre mer...
Une réponse du directeur du travail, stipule qu’il écrivait au patronat MEDEF et CGPME pour que s’ouvrent des négociations sur les salaires...La sénatrice Anne Marie Payet qui nous invitait à lui faire part de nos amendements.

FL 


Pourquoi le boycott ?

Pratique peu utilisée en France contrairement aux pays anglo-saxons, le boycott est plus que jamais un moyen de pression dont disposent les consommateurs qui se sentent responsables et conscients de leurs achats.
Devenir acteur de la consommation conduit à se poser la question de savoir ce que l’on cautionne à travers son acte d’achat. Le boycott est l’une des conséquences.
Chacun a la possibilité, la liberté, le droit et le devoir de choisir à qui il va donner son argent.
Si ces moyens ne suffisent pas on pourrait être amené à déclencher une grève générale et illimitée interprofessionnelle dans toutes les grandes entreprises qui font des bénéfices importants sans respecter une répartition équitable des richesses.


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