Luttes sociales

Mobilisation contre la précarité générale dans le public et le privé

Syndicats du public, du privé et étudiants dans la convergence des luttes

Manuel Marchal / 19 avril 2018

Nouvelle action aujourd’hui contre la politique du gouvernement. Elle rassemble les syndicats du public et du privé ainsi que les étudiants. C’est la mobilisation pour contrer la politique de casse sociale qui vise à faire revenir les droits plusieurs décennies en arrière, dans le but d’instaurer une précarité générale au service du profit.

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C’est aujourd’hui une nouvelle mobilisation contre la politique du gouvernement. Elle a lieu après qu’une très large majorité a voté pour la suppression du statut de cheminot à la SNCF. Le gouvernement a annoncé qu’à compter du 1er janvier 2020, ce statut n’existera plus. Tous les nouveaux embauchés seront soumis à la loi El-Khomri et aux ordonnances Macron qui favorisent les licenciements.
Pour les syndicats, cela constitue une nouvelle menace sur le statut des fonctionnaires. En effet, la SNCF va désormais subir les transformations imposées à la Poste, l’ex-France-Télécom, ex-EDF-GDF. Ces agents avaient un statut proche de celui de fonctionnaire, avec notamment la garantie de l’emploi en échange d’un salaire plus faible. Mais si le niveau du salaire est resté le même, la garantie de l’emploi n’y existe plus pour les nouveaux embauchés. Ceci permet alors de remplacer des départs à la retraite par des personnes embauchées en contrat précaire.

Public et privé ensemble

C’est ce que les députés ont autorisé par leur vote. Et il apparaît clairement que la prochaine étape de cette offensive sera la fonction publique. C’est ce que souligne l’analyse par les syndicats de la feuille de route du gouvernement pour 2022. C’est le plan de suppression de 120.000 postes de fonctionnaires annoncé dans le programme d’Emmanuel Macron. Il aura pour conséquence une dégradation du service public, car non seulement les départs à la retraite ne seront pas compensés, mais en plus les nouveaux arrivants auront un contrat de droit privé, craignent les syndicats. Cela signifie qu’ils seront donc soumis à la loi El-Khomri et aux ordonnances Macron qui sont des textes qui facilitent considérablement les licenciements, tout en limitant les recours et les indemnisation des travailleurs contre les licenciements abusifs.
À La Réunion, ceci signifie la fin de l’espoir de la titularisation pour les 18.000 agents non-titulaires de la fonction publique territoriale, soit plus de 70 % des effectifs.

Dans les hôpitaux, les agents sont aussi dans la lutte. Les « plans de redressement » contractés entre les directions des établissements et l’État prévoient des suppressions de poste en échange d’un soutien financier alors que la santé est une compétence de l’État. Ceci conduit automatiquement à une dégradation du service, ce qui ne peut que favoriser le recours au secteur privé. Mais ce dernier n’est pas aussi accessible à tous.

Les revendications de la mobilisation d’aujourd’hui ne concernent pas uniquement le secteur public. Car pour les syndicats représentant les travailleurs du secteur privé, la lutte contre la loi El-Khomri et les ordonnances Macron continue. Ces mesures sont aggravées par l’application de nouvelles règles pour l’indemnisation des travailleurs privés d’emploi. Elles les culpabilisent davantage, car elles partent du principe qu’une personne privée de travail peut se complaire dans cette situation. Or, ces travailleurs ne sont aucunement responsables de leur situation, ils n’ont pas décidé d’être mis au chômage.

Importantes conséquences

Les étudiants sont également dans l’action. Ils refusent que la sélection à l’entrée à l’Université soit mise en place. À la place de cette politique de pénurie, ils demandent que des moyens suffisants soient alloués à l’enseignement supérieur en termes de locaux et de recrutements. Près de 30 % des personnels de ce secteur ne sont pas titulaires.

C’est donc la convergence des luttes qui se met en place. Elle s’oppose à la démolition de toutes les conquêtes sociales obtenues au cours des 70 dernières années, et que les députés sont prêts à valider dans leur majorité.
À La Réunion, une telle politique ne peut que faire des dégâts considérables. Plus de 40 % de la population est déjà sous le seuil de pauvreté. C’est cette part importante des Réunionnais qui a le plus besoin de services publics, et c’est donc elle qui est la principale victime du gouvernement. À cela s’ajoute les mesures visant à faciliter les licenciements, ce qui accentue encore la pénurie d’emploi traduite par un taux de chômage trois fois supérieur à celui de la France.
Le rendez-vous est donné à 9 heures au Petit Marché.