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par le Dr Raymond Vergès

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Mobilisation contre le plan de suppressions de poste au CHU de La Réunion

Appel à la grève

mardi 30 janvier 2018


Du côté des médecins du CHU et des maires du Sud, c’est l’appel à la mobilisation contre le plan de suppression de plus de 150 postes que la direction de l’établissement compte présenter demain à Paris pour obtenir une subvention de 50 millions d’euros. Le syndicat FAFPH rappelle la responsabilité de la direction dans le déficit de 110 millions d’euros, tandis qu’André Thien Ah-Koon refuse « un CHU au rabais ».


Demain, la direction du CHU de La Réunion présentera devant le Comité pour performance et la modernisation (COPERMO) une demande de subvention de 50 millions d’euros. Cette demande s’appuie sur un plan de réduction des coûts qui prévoit notamment plus de 150 suppression de postes.

Pour la Fédération autonome de la fonction publique hospitalière de La Réunion (FAFPH), la responsabilité de la direction est engagée.

« Notre syndicat met en cause l’ancienne et l’actuelle direction dans le déficit cumulé (2012-2017) du CHU de La Réunion de 110 millions d’euros dont au moins 70 millions au titre des seuls exercices 2016 et 2017, alors que l’Etat a accordé une aide exceptionnelle de 14 millions d’euros en 2017. Contrairement à ce que certains prétendent, le déficit de notre CHU ne ressemble pas à celui des déficits des autres CHU français ; il s’est construit très rapidement en 5 ans, la situation financière du CHU étant excédentaire fin 2011. Banaliser ce déficit de 110 millions d’euros au CHU de La Réunion pour dédouaner la Direction en charge de sa gouvernance est inconscient et hypothèque l’avenir de son redressement. »

Les médecins du CHU contre le « plan Callenge »

Le FAFPH s’appuie sur le premier rapport de l’IGAS et des extraits du second parus dans la presse qui mettent en évidence « une augmentation rapide de la masse salariale non justifiée, des erreurs de gestion sur les bâtiments à construire, des prises de risque juridiques inconsidérées, ou encore des primes indues, des postes de contractuels très avantageux pour certains… »

Le syndicat souligne aussi que la Commission médicale d’établissement s’est prononcée à une large majorité des suffrages exprimés contre le plan de la direction (15 voix contre et 4 voix pour, les autres médecins présents se sont abstenus). Autrement dit, la CME a voté contre le « plan Callenge », du nom du directeur actuel et ancien directeur adjoint du CHU de La Réunion.

Et de conclure : « Vu la crise sévère que le CHU de La Réunion traverse en ce moment, tant sur le plan financier que managérial, il était important que notre syndicat, qui regroupe tous les corps de métiers de l’hôpital public et défend l’offre de soins publique à La Réunion, rétablisse la vérité quant au vote officiel de la CME du 19 janvier 2018 sur le PRE décidé arbitrairement par la direction actuelle du CHU. »

Les maires du Sud contre un « scénario catastrophe »

Pour sa part, mandaté par les maires du Sud pour défendre le CHU, André Thien Ah-Koon a adressé un courrier au Premier ministre. Dans un communiqué diffusé hier, il souligne que le plan de la direction adressé au COPERMO « comporte également la suppression d’une centaine de lits et la suppression de 155 postes sur 5 ans. C’est le scénario d’un CHU au rabais qui se dessine. Comment garantir à une population dont les besoins sont croissants une offre de soins de qualité si on diminue les moyens alors que ceux-ci sont déjà insuffisants ? La saturation du service des urgences à l’hôpital de Saint-Pierre est particulièrement révélatrice du manque de locaux et de personnel. Les syndicats ont déposé un préavis de grève pour le 30 janvier prochain. Plus que jamais, nous devons nous mobiliser pour refuser tout scénario catastrophe et pour obtenir de l’Etat des moyens à la hauteur d’un l’ambition d’un véritable CHU, capable de répondre aux besoins sanitaires de la population réunionnaise et de rayonner dans l’océan indien. »

Et de conclure : « La Réunion mérite un véritable CHU. L’Etat doit lui donner des moyens à la hauteur des besoins. Certes, des efforts de gestion peuvent et doivent être faits mais en aucun cas l’offre de soins doit être réduite. Le déficit du CHU Réunion-Mayotte doit être relativisé au regard tant de sa situation spécifique (surcoûts, progression démographique) que de la situation déficitaire de nombreux autres CHU en métropole. La question posée au gouvernement est celle de la priorité à accorder au service public de la santé. »


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