« Accord de libre-échange entre L’Union européenne, les Comores, Maurice, Madagascar et les Seychelles : graves conséquences pour les Réunionnais pas consultés »
7 juin, par10 juin : signature de l’APE UE-Afoa
Rassemblement de l’Intersyndicale devant le Rectorat
20 février 2020, par

Ce mercredi après-midi, à l’appel de l’Intersyndicale de l’Education, un rassemblement avait lieu devant le Rectorat. La question du manque de moyens est au coeur des revendications.
Hier après-midi, l’Intersyndicale CGTR-FSU-FO-Solidaires-CFTC-SAIPER-AD-UNSA a organisé un rassemblement devant le Rectorat. Plusieurs dizaines de personnes étaient présentes. Les syndicats ont voulu dénoncer les conséquences de la politique d’austérité du gouvernement sur le service public d’éducation. Alors que notre île continue de voir sa population augmenter, et donc ses besoins, les moyens baissent. C’est le cas par exemple avec la suppression de 80 postes dans les collèges et les lycées. Dans le Premier degré, les effectifs sont gelés pour le moment.
L’actualité récente a montré des effets concrets de cette politique. La nouvelle version du bac propose des épreuves en contrôle continu. D’après plusieurs témoignages relayés dans la presse, les conditions d’organisation des épreuves n’étaient pas à la hauteur de l’importance de l’événement, en raison surtout d’un manque de personnel pour surveiller les candidats. C’est un exemple de la dégradation du service public, qui remet en cause un diplôme qui est tout de même le premier grade universitaire.
Force également est de constater que l’austérité n’est pas pour tout le monde. Une récente étude de Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) a souligné que les 5 % les plus pauvres allaient voir leurs revenus baisser de 45 euros cette année en raison de la politique fiscale du gouvernement, tandis que les classes les plus nanties vont continuer à s’enrichir. Le prix des cadeaux fiscaux aux plus riches est donc payé par une ponction supplémentaire dans les poches des plus pauvres, mais aussi par une diminution de la dépense publique consacrée à des services publics comme celui de l’Education.
Dans le système en place à La Réunion, la réussite scolaire joue un rôle important dans l’accès à un emploi. En effet, plus le niveau du diplôme est élevé, moins est important le taux de chômage. Or, ce taux est supérieur à 50 % pour les jeunes de moins de 25 ans qui ont quitté l’école, et il dépasse largement ce triste record pour ceux qui quittent le système scolaire sans diplôme. Garantir la réussite scolaire pour le plus grand nombre nécessite d’y consacrer les moyens nécessaires, ce n’est manifestement pas l’orientation du gouvernement.
De plus, près d’un Réunionnais sur sept est illettré alors que la plupart d’entre eux sont restés au moins 10 ans à l’école, en raison de la scolarité obligatoire entre 6 et 16 ans.
Ces données font partie des indicateurs faisant de La Réunion « un département socialement hors-norme », comme l’indiquait en 2013 une étude conjointe de l’INSEE et du Conseil général.
Cette situation de crise aiguë rappelle la nécessité de consacrer des moyens exceptionnels à l’école. Ces moyens devraient donc être bien supérieurs à ceux d’aujourd’hui. La politique du gouvernement oblige donc les personnels de l’Education nationale à gérer la pénurie, ce qui contribue à dégrader la qualité du service public.
Les parents qui ont les moyens financiers suffisants peuvent payer pour inscrire leurs enfants dans des écoles privées, ou dans des cours de soutien collectifs ou particuliers. Cette possibilité n’existe pas pour la grande majorité de la population, compte tenu d’une situation où plus de 40 % des Réunionnais vivent en dessous du seuil de pauvreté.
Rappelons qu’au cours de ces dernières années, le ministre de l’Education nationale est déjà venu plusieurs fois en visite officielle le jour de la rentrée scolaire dans notre île. Toutes ces sorties médiatiques sont en désaccord avec le quotidien des personnels qui tentent de sauver le service public dans des conditions difficiles.
M.M.
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