Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Rassemblement de l’intersyndicale hier devant la préfecture de La Réunion à Saint-Denis
11 avril, par

Le 1er mai, seul jour férié obligatoirement chômé et payé, est menacé par une loi autorisant le travail dans plusieurs secteurs. Les syndicats dénoncent une attaque contre un droit historique et appellent à la mobilisation à La Réunion. Ils craignent une généralisation du travail le 1er mai et une remise en cause d’un symbole majeur des luttes sociales.
À La Réunion, le 1er mai n’est pas une simple date sur le calendrier : c’est un symbole, un droit arraché par les luttes syndicales, un repère dans l’histoire sociale. Pourtant, aujourd’hui, cet acquis est directement menacé. Une proposition de loi examinée ce 10 avril à l’Assemblée nationale pourrait ouvrir la voie au travail salarié ce jour-là dans de nombreux secteurs, remettant en cause un principe jusqu’ici intangible : un jour obligatoirement chômé et payé.
Sous couvert de « modernisation » et de « souplesse », le texte vise à autoriser l’emploi de salariés le 1er mai dans les commerces dits essentiels ou de proximité : boulangeries, restaurants, grandes surfaces, fleuristes, mais aussi lieux culturels. Une extension qui inquiète profondément les organisations syndicales. Car derrière cette dérogation se profile une banalisation du travail lors d’une journée historiquement consacrée à la lutte et à la solidarité des travailleurs.
Face à cette offensive, l’intersyndicale réunionnaise — rassemblant CFDT, CGTR, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, Solidaires et FSU — appelle à la mobilisation. Un rassemblement s’est tenu hier matin devant la préfecture de Saint-Denis. Objectif : alerter, résister, et faire pression sur les représentants des Réunionnais au Parlement français pour qu’ils rejettent ce texte jugé dangereux.
Pour les syndicats, il ne s’agit pas d’un simple ajustement technique, mais bien d’une attaque contre un pilier du droit du travail. Le 1er mai est le seul jour férié obligatoirement chômé et rémunéré pour tous les salariés, sauf dans les secteurs où la continuité du service public est indispensable. Y toucher, c’est ouvrir une brèche.
Le discours du volontariat, avancé pour rassurer, est dénoncé comme une illusion. Dans un contexte de précarité, de contrats courts et de chômage, qui peut réellement refuser de travailler ? Le rapport de force est défavorable aux salariés, et le « choix » devient vite une contrainte déguisée.
Au-delà de l’enjeu immédiat, c’est la portée symbolique du 1er mai qui est en jeu. Cette date plonge ses racines dans des luttes sanglantes, notamment lors de la fusillade de Fourmies, où des manifestants réclamant la journée de 8 heures furent abattus. Ce souvenir rappelle que les droits sociaux n’ont jamais été accordés, mais conquis.
Aujourd’hui encore, la revendication reste la même : 8 heures de travail, 8 heures de repos, 8 heures pour vivre. Autoriser le travail le 1er mai, c’est affaiblir cette conquête, c’est banaliser l’exception, c’est faire reculer le droit au nom de la rentabilité.
Alors que le gouvernement soutient cette proposition et souhaite une application rapide, les syndicats tirent la sonnette d’alarme. Ils appellent les travailleurs à se lever, à défendre ce jour à part, et à refuser une société où même les symboles de lutte deviennent des jours comme les autres.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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