Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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Conférence-débat à Saint-Denis
6 octobre 2004

Ni parité ni pourcentage : la proportion de cadres réunionnais doit augmenter, selon les participants au débat. À compétences égales, il s’agit d’un choix citoyen et non discriminatoire.
Pourquoi y-a-t-il si peu de cadres réunionnais de haut niveau à La Réunion ? Comment faire évoluer cette situation et dans quel but ? Telles étaient les questions préliminaires de la conférence-débat qui a eu lieu hier soir au Centre Saint-Ignace, rue Sainte-Anne, sur le thème "Promouvoir La Réunion par la valorisation de ses cadres".
À la tribune, Alix Sery, ancien directeur départemental du travail, et François Dioury, ancien conseiller auprès du Conseil général de Guyane, entourent le modérateur Stéphane Nicaise, supérieur de la communauté jésuite.
Plus d’une centaine d’hommes et de femmes sont venus participer à cette discussion, expliquer en quoi cette question les touche au plus profond de leur être. Dans les services de l’État, seule une personne sur quarante-cinq cadres de direction est réunionnaise.
Sur ce thème délicat, la réflexion se voulait paisible et sans colère. La vraie question est celle de la formation et de la compétence. Il ne s’agit pas tant de décréter une parité, ni un pourcentage. S’il doit y avoir plus de cadres locaux, cela doit être dans le sens d’un projet de développement pour La Réunion.
Manque aujourd’hui une stratégie pour travailler en réseau et repérer les jeunes pour les inciter à revenir. S’il n’y a pas suffisamment de cadres réunionnais, il ne manque pas de compétences réunionnaises dans le public comme dans le privé.
Se posaient hier les questions des héritages coloniaux et de l’attractivité de notre île pour les cadres non réunionnais.
Mais qui est réunionnais ? La définition se veut la plus large possible : on peut être réunionnais de cœur ou de sang, il faut du moins avoir ses intérêts à La Réunion.
À qualification égale, choisir un Réunionnais pour occuper de hautes fonctions n’est pas un choix discriminatoire mais citoyen. C’est du moins ce qui ressortait des interventions des personnes présentes, dont la majeure partie regrette que nous, Réunionnais, soyons le plus souvent réduits au rôle d’exécutants, écartés de la sphère de direction.
Pour remédier à cette situation, les formations qualifiantes et la mobilité restent deux leviers importants. Il apparaît également qu’apporter un équilibre dans les hautes sphères permettrait de lutter contre les dérives sociales.
Eiffel
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