Luttes sociales

« Ni en Guadeloupe ni à La Réunion les mesures d’intimidations ne feront taire les peuples »

Motion du COSPAR remise à la Préfecture

Témoignages.re / 23 février 2009

Samedi matin, le Collectif d’organisations syndicales, politiques et associatives de La Réunion a remis une motion à la Préfecture pour réaffirmer sa solidarité avec la lutte du peuple guadeloupéen.

« Le COSPAR présente à la famille du camarade Jacques Bino ses condoléances attristées.
Jacques Bino, syndicaliste de la CGTG a été tué par balle dans la nuit de mardi à mercredi à Pointe-A-Pitre.
Le COSPAR rappelle qu’il avait mis en garde les autorités de l’Etat contre toute mesure de répression ou d’intimidation dans son communiqué du 15 février.
Le LKP guadeloupéen a émis des doutes sur la version officielle de la mort de notre camarade mais quel que soit le résultat de l’enquête judiciaire, cette mort est une mort de trop, une mort qui n’aurait pas du se produire si le peuple guadeloupéen avait été écouté plus tôt.
Les actes de violence de ces derniers jours sont la conséquence directe des atermoiements du gouvernement et de son désir à peine voilé de remettre la Guadeloupe au pas : la fin de non recevoir du Premier ministre apportée aux revendications du LKP a été immédiatement suivie de l’acheminement massif de forces de l’ordre, ce qui a été vécu comme une véritable provocation par la population.
C’est un risque délibéré que fait courir le gouvernement aux militants du LKP.
Au point que son principal porte parole est aujourd’hui contraint de s’entourer de gardes du corps.
Le COSPAR s’indigne de cette situation : faut-il donc des morts pour que la parole, les revendications des peuples d’outremer soient enfin entendues ?
Le COSPAR renouvelle sa mise en garde : ni en Guadeloupe ni à La Réunion les mesures d’intimidations ne feront taire les peuples.
Le COSPAR rappelle qu’il fera tout pour que la journée du 5 mars soit l’expression de la lassitude et de la colère des travailleurs et de la population réunionnaises. »


Le Cercle Philosophique Réunionnais soutient le COSPAR

Pour le Cercle Philosophique Réunionnais, la philosophie fait partie des sciences humaines et sociales qui aident notamment les citoyens à réfléchir sur les problèmes de l’existence, à analyser les situations auxquelles ils sont confrontés et à agir pour faire progresser la société. C’est pourquoi il a suivi avec intérêt la constitution récente du Collectif des Organisations Syndicales, Politiques et Associatives de La Réunion (COSPAR) et le travail qu’il a accompli ensuite à la fois pour se renforcer, s’élargir, élaborer une plate-forme revendicative et organiser des actions pour faire avancer ces revendications.
Le Cercle Philosophique Réunionnais salue aussi bien les organisations que les personnes du COSPAR qui ont accompli ce travail depuis plusieurs jours. Il les félicite en particulier pour le contenu et la portée des revendications du Collectif. En effet, celles-ci portent à la fois sur des mesures urgentes à obtenir de l’État pour soutenir les Réunionnais souffrant le plus de la crise structurelle et conjoncturelle qui frappe notre société mais aussi sur des propositions globales à inscrire dans un projet réunionnais de développement durable soutenu par l’État.
Pour toutes ces raisons, le Cercle Philosophique Réunionnais a décidé d’apporter son soutien au COSPAR et d’y adhérer en tant qu’association.
Il propose également deux revendications qui vont dans le sens du combat mené par le Collectif :

- Créer à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université de La Réunion un Institut des Sciences Humaines et Sociales, avec des départements Philosophie, Psychologie, Sociologie et Sciences Politiques.

- Développer l’enseignement de la philosophie dès l’école primaire.

Le Cercle Philosophique Réunionnais

Saint-Denis le 19 février 2009