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4 juin, parNos peines
Versement de la prime de 150 euros
10 juin 2009

Suite à la mobilisation, le gouvernement a décidé d’inclure dans son plan anti-crise une prime de 150 euros pour les familles ayant droit à l’allocation de rentrée scolaire. Les longues files d’attente hier devant les guichets des bureaux de Poste notamment ont à nouveau rappelé qu’au moins 52% de la population réunionnaise vit sous le seuil de pauvreté.
Cela fait à peine quelques jours que les minima sociaux viennent d’être versés, et ce sont à nouveau les longues files d’attente devant les guichets de la Poste. C’est en effet hier qu’étaient versées les premières primes de 150 euros à destination des familles ayant droit à l’allocation de rentrée scolaire.
80.200 familles sont concernées à La Réunion. Et pour l’essentiel, cette prime est davantage qu’un coup de pouce, elle répond à un besoin de survie. Cela situe le niveau de précarité de la société réunionnaise, où au moins 52% des personnes qui la compose vit en dessous du seuil de pauvreté.
C’est cette précarité qui avait amené dans la rue des dizaines de milliers de Réunionnais autour des mots d’ordre du COSPAR le 5 mars, le 10 mars puis le 19 mars. La bataille avait débouché sur des avancées permettant une baisse des loyers dans les logements sociaux, une baisse des prix immédiate et permanente sur 254 produits de première consommation.
Les négociations ont ensuite débouché sur un accord entre les syndicats et le MEDEF pour une hausse des salaires dans le privé. Cette hausse s’ajoute au RSTA annoncé par le gouvernement, qui constitue une prime mensuelle maximale de 100 euros pendant 36 mois pour les salaires en dessous de 1,4 SMIC.
Mais d’autres luttes restent à mener pour que tous les Réunionnais puissent ressentir une amélioration appréciable de leur situation. Car l’effort fait par l’État en direction de ceux qui ont un travail, n’est pas fait par l’État en direction de ceux qui sont à la recherche d’un travail. Or, La Réunion est dans un contexte de pénurie d’emplois, du fait de choix faits à Paris sans consulter les Réunionnais.
À cela s’ajoute l’impact de la crise, qui ne cesse de diminuer le nombre de travailleurs qui pourraient avoir droit au RSTA et au bonus signé par le MEDEF, puisque le chômage augmente. La bataille des aides éducateurs vient une nouvelle fois rappeler cette réalité. Voici des milliers de jeunes qui ont acquis une expérience indispensable à qui leur employeur dit qu’ils doivent partir. On ne peut que comprendre la légitime indignation ressentie par ces jeunes qui ont accepté de travailler en étant payé au minimum, sans avoir en retour la sécurité de l’emploi à laquelle ils peuvent prétendre.
Les luttes pour l’emploi et contre la pauvreté sont plus que jamais d’actualité, elles sont des préalables au développement durable du pays, et elles demandent l’union la plus large dans la recherche de solutions. Le versement d’une prime de 150 euros par Paris répond aujourd’hui à un besoin urgent pour des dizaines de milliers de familles, cela rappelle tout le chemin à parcourir et toutes les luttes à mener pour que la pauvreté soit éradiquée de La Réunion.
M.M.
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