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Les revalorisations salariales ne feront jamais augmenter la facture d’électricité
17 janvier 2011, par

C’est le 7 février qu’une rencontre est prévue au Ministère de l’Énergie pour évoquer la question de l’application de la loi donnant le droit aux travailleurs de l’énergie d’avoir la même indexation que les fonctionnaires. Alors que la population n’a rien à reprocher aux grévistes, un nouveau front est lancé pour monter à nouveau l’opinion contre les travailleurs. L’augmentation prévisible des tarifs de l’électricité vient d’une décision du gouvernement visant à privatiser une partie de la production d’électricité nucléaire en France, c’est la loi NOME. Mais pour le ’JIR’, ce sont les revalorisations salariales qui feront augmenter le prix de la facture.
0,4% de ce qu’EDF a versé en 2009 à la Séchilienne-SIDEC pour lui acheter de l’électricité. 1,75% des bénéfices de la Séchilienne-SIDEC en 2009, 0,1% de ceux d’EDF la même année. Si l’on se fie aux chiffres publiés par le "JIR", voici ce que représente l’augmentation des salaires des travailleurs de l’énergie à La Réunion si la loi est appliquée. Rappelons que les travailleurs sont en lutte pour qu’EDF et la Séchilienne-SIDEC appliquent un décret de 1946, qui reconnaît aux travailleurs de ce secteur l’alignement de leur surrémunération sur celle des fonctionnaires qui servent dans le même territoire. Pour La Réunion, cette surrémunération à EDF et Séchilienne-SIDEC doit donc passer de 25% à 53%.
Force est de constater que ces hausses salariales sont négligeables au regard des bénéfices des sociétés concernées. Il est donc facile d’imaginer que le coût pourra largement être pris en charge par des entreprises, ne serait-ce qu’au travers des gains de productivité. De plus, le mouvement des travailleurs ne suscite plus d’opposition dans la population, ce qui renforce encore la revendication des grévistes.
Alors se met en place un nouveau front pour tenter de monter à nouveau l’opinion contre les travailleurs. Car les chiffres publiés par le "JIR" sont analysés de telle manière que notre confrère tente de faire croire que « si la CGT obtient gain de cause, ce sont les usagers au final qui paieront la facture ».
Le but de la manœuvre est évident. Qui pourrait en effet croire que ces revalorisations salariales interviendront pour quoi que ce soit dans la composition de la facture payée par les usagers à La Réunion ? Là où se situe le danger d’une augmentation, c’est dans la politique du gouvernement qui a décidé de changer le règlement du marché de l’électricité, c’est la loi NOME (Nouvelle organisation du marché de l’électricité). La privatisation d’une partie encore plus importante de la production électrique en France fera augmenter la facture de 25% d’ici 5 ans (voir encadré), et cela à cause d’une décision du gouvernement guidée par son idéologie ultra-libérale.
C’est cela l’essentiel, et cela signifie que les travailleurs ne seront aucunement responsables de toute hausse du prix de l’électricité. Bien au contraire, ce sont ces travailleurs qui ont défendu l’intérêt de la population en luttant pour que le gouvernement ne fasse pas voter cette loi NOME.
M.M.
25% de hausse à cause de la loi NOME
Le 25 novembre dernier, le gouvernement a fait voter une loi qui oblige EDF à vendre une partie de sa production nucléaire. Le consommateur va payer cette privatisation au prix fort, comme le précise cet extrait d’un article de "L’Expansion.com" paru le lendemain.
La voie est ouverte à une hausse potentielle des tarifs de l’électricité d’environ 25% d’ici cinq ans, après l’adoption définitive à l’Assemblée nationale de la loi "NOME", censée favoriser la concurrence dans le marché de l’électricité.
« Ce texte (...) va mécaniquement faire exploser » les tarifs d’électricité, a dénoncé l’association de consommateurs UFC-Que Choisir. Officiellement, la loi Nouvelle organisation du marché de l’électricité (NOME) n’a pas pour objet la fixation des tarifs. Mais elle crée un système inédit qui, sous le nom barbare d’Accès régulé au nucléaire historique (Arenh), va obliger EDF à vendre jusqu’à un quart de la production de ses centrales nucléaires à ses concurrents : GDF Suez, Poweo, Direct Énergie, etc.
L’idée est de faire profiter les nouveaux fournisseurs d’énergie, qui ont du mal à trouver leur place sur ce marché, des bas coûts de production d’EDF. Le prix de gros auquel EDF cédera son électricité à ses concurrents n’est cependant pas défini dans la loi. Le texte indique seulement que ce prix doit être en cohérence avec un tarif spécifique aux entreprises, le Tartam (Tarif réglementé transitoire d’ajustement du marché).
Or, le prix du Tartam est supérieur de 20% au coût actuel de l’électricité d’origine nucléaire (30,9 euros par mégawattheure), selon un document transmis en mai aux députés par la Commission de régulation de l’énergie (CRE). A l’horizon 2015, la loi devrait donc conduire à réévaluer les tarifs d’électricité pour les particuliers d’environ 25%, indiquait l’autorité de régulation du secteur dans ses hypothèses de travail.
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