Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Menée par le gouvernement
2 juillet 2004

La loi sur les 35 heures vit-elle ses derniers jours ? Une nouvelle offensive menée par le gouvernement laisse supposer qu’en 2005, cet acquis social sera anéanti...
Il fallait s’y attendre, au vu des remous apparus lors de la publication du rapport Virville ou de la conclusion de la mission parlementaire que présidaient Patrick Ollier et Hervé Novelli, sur le sujet : plus que jamais le gouvernement veut remettre en cause les 35 heures.
Les premières attaques avaient vu une levée de boucliers de la part des syndicats. Ceux-ci sont toujours sur leurs positions. Et ce n’est pas la volonté affichée de "relancer les discussions avec les partenaires sociaux dès la rentrée" qui va changer le fonds des choses.
Jean-Pierre Raffarin et Nicolas Sarkozy sont remontés au créneau mercredi. Le Premier ministre tente de prendre le problème par le petit bout de la lorgnette en expliquant que les salariés qui le souhaitent pourraient, dans le cadre d’un assouplissement de la loi, demander à travailler plus pour gagner plus. En jouant ainsi cette carte, il veut camoufler en fait que c’est une exigence du MEDEF : il faut supprimer les 35 heures exige le patronat. Il n’y a d’ailleurs qu’à écouter Nicolas Sarkozy qui a chiffré le “coût” de ce dispositif : 16 milliards d’euros. Le chiffre avait été avancé... par le MEDEF. Le Premier ministre y va moins fort que son collègue des finances, qui, lui, claironne qu’il ne faut pas avoir peur d’une réforme de fond. Ce qui pourrait donc aller jusqu’à la suppression totale du dispositif. Et l’on vient d’en avoir une autre preuve.
C’est cette nouvelle convergence entre Sarkozy et le MEDEF : les deux demandent la suppression de toute forme de taxation sur les heures supplémentaires. Le ministre des Finances a même rajouté : "Je ne vois vraiment pas pourquoi on devrait pénaliser un entrepreneur qui veut donner davantage de travail ou un salarié qui veut en faire davantage".
En supprimant la taxation sur les heures supplémentaires, c’est le dispositif qui est ébranlé dans sa fondation... Le reste sera “tourné” dans un projet de loi fumeux, qui pourrait venir devant les parlementaires à la rentrée.
Une nouvelle attaque qui tombe au moment où les chiffres du chômage pour le mois de mai montrent une augmentation du nombre de chômeurs. L’on est loin, très loin, de l’affichage de la loi Borloo dite de “cohésion sociale”.
D.B.
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