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5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Rapport Emploi et questions sociales dans le monde – Tendances 2018
26 janvier 2018

Le rapport phare de l’OIT montre que si le taux de chômage mondial se stabilise, le nombre de personnes sans emploi et le manque de travail décent se maintiennent à un niveau élevé dans de nombreuses régions du monde. Conséquence : le travail précaire est en plein essor.
Alors que l’économie mondiale se redresse, l’accroissement de la main-d’œuvre fait qu’en 2018 le chômage devrait rester au même niveau que l’année précédente, selon un nouveau rapport de l’Organisation internationale du Travail (OIT).
Selon le rapport Emploi et questions sociales dans le monde – Tendances 2018 , le taux de chômage mondial se stabilise après une hausse en 2016. Il aurait atteint 5,6 pour cent en 2017, pour un nombre total de chômeurs dépassant les 192 millions.
Comme la conjoncture économique mondiale à long terme demeure morose malgré une croissance plus forte que prévue en 2017, le rapport attribue essentiellement la tendance positive enregistrée entre 2017 et 2018 à la bonne performance des marchés du travail dans les pays développés, où le taux de chômage devrait encore reculer de 0,2 point de pourcentage en 2018 pour se limiter à 5,5 pour cent, un taux inférieur à ce qu’il était avant la crise.
A l’inverse, la croissance de l’emploi ne devrait pas suffire à combler l’augmentation de la population active dans les pays émergents et les pays en développement, mais elle a toutefois progressé par rapport à 2016.
« Même si le chômage s’est stabilisé à l’échelle mondiale, les déficits en matière de travail décent sont encore répandus : l’économie mondiale ne crée toujours pas suffisamment d’emplois. Des efforts supplémentaires doivent être déployés pour améliorer la qualité du travail pour celles et ceux qui ont un emploi et pour garantir que les gains de croissance sont équitablement répartis », estime le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder.
Le rapport rappelle que les progrès significatifs obtenus par le passé en matière de réduction de l’emploi vulnérable se sont enrayés depuis 2012. Ce qui signifie que près d’1,4 milliard de travailleurs occupaient un emploi vulnérable en 2017 et que 35 millions d’autres devraient les rejoindre en 2019. Dans les pays en développement, l’emploi vulnérable touche trois travailleurs sur quatre.
Sur une note plus positive, le rapport relève que la pauvreté au travail continue de reculer dans les pays émergents, où le nombre de personnes se trouvant dans l’extrême pauvreté au travail devrait atteindre 176 millions en 2018, soit 7,2 pour cent de l’ensemble des personnes employées.
« Dans les pays en développement toutefois, la réduction de la pauvreté au travail n’avance pas suffisamment vite pour compenser l’expansion de la population active. Le nombre de travailleurs vivant dans l’extrême pauvreté devrait rester obstinément au-delà des 114 millions pour les années à venir, touchant 40 pour cent de l’ensemble des travailleurs en 2018 », explique Stefan Kühn, économiste à l’OIT et principal auteur du rapport.
Les auteurs soulignent aussi le fait que les taux d’activité des femmes demeurent bien inférieurs à ceux de leurs homologues masculins. Les femmes sont davantage confrontées à des salaires inférieurs et à des emplois de moindre qualité.
Examinant les changements touchant à la composition sectorielle de l’emploi, le rapport note que les emplois du secteur des services resteront le principal moteur de la future croissance de l’emploi, tandis que l’emploi continue de décliner dans l’agriculture et le secteur manufacturier. Comme l’emploi vulnérable et informel prévaut dans l’agriculture et les services marchands, les changements d’emploi envisagés d’un secteur à l’autre n’auront peut-être qu’un effet limité pour réduire les déficits de travail décent, s’ils ne sont pas accompagnés par un fort volontarisme politique pour stimuler la qualité des emplois et la productivité dans le secteur des services.
Le rapport s’intéresse aussi à l’influence du vieillissement de la population. Il montre que la croissance de la main-d’œuvre mondiale ne sera pas suffisante pour compenser la rapide expansion de la population des retraités. L’âge moyen de la population active devrait passer d’un peu moins de 40 ans en 2017 à plus de 41 ans en 2030.
« Outre le défi qu’un nombre grandissant de retraités représente pour les systèmes de retraite, une main-d’œuvre de plus en plus vieillissante est aussi susceptible d’avoir un impact direct sur les marchés du travail. Le vieillissement pourrait affaiblir la productivité et ralentir les ajustements du marché du travail suite aux chocs économiques », déclare le Directeur par intérim du Département de la recherche de l’OIT, Sangheon Lee.
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