Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
Les pauvres et les idées fausses sur les pauvres — 6 —
15 avril 2013

Voici le sixième volet d’une série d’articles sur les préjugés et autres fausses idées que fait circuler l’idéologie dominante (celle des classes dominantes) à propos des pauvres. Après « les pauvres coûtent cher à la société », puis « la France distribue les minima sociaux les plus élevés », « les pauvres font des enfants pour toucher des aides et des allocations », « les gens font tout pour toucher le maximum d’aides » et « les pauvres demandent tous des droits, mais ça va avec des devoirs », voici un nouvel exemple, qui fait réfléchir sur la gravité des effets de la pauvreté à La Réunion.
Selon certains, « on peut s’en sortir mieux au RSA qu’avec le SMIC ».
C’est faux. En effet, dans tous les cas de figure, l’écart est important et n’est pas comblé par les différentes aides possibles.
L’observation chiffrée de quelques cas de figures montre que l’on ne peut pas s’en sortir mieux avec le RSA qu’avec le SMIC. Prenons le cas d’un couple locataire à Paris avec un loyer de 700 euros mensuels (voir le tableau A).
Des écarts non comblés
Le RSA socle comprend les allocations familiales ; le RSA activité se calcule par la formule RSA activité = montant forfaitaire RSA + 62% des revenus d’activité (sans allocations familiales - AF) – Ressources du foyer (avec AF) – forfait logement (en cas d’aide au logement). Le forfait logement à déduire s’élève à 116 euros pour un couple sans enfant et 143 euros pour un enfant ou plus. Pour avoir accès à la CMUC (Couverture Maladie Universelle Complémentaire), les revenus mensuels doivent être inférieurs à 992 euros pour un couple sans enfants et 1. 389 euros pour un couple avec deux enfants.
Bénéficier du RSA socle ouvre droit à des réductions de cantine, transports, garderie, mais ces avantages sont loin de combler les écarts constatés dans ce tableau A.
Une situation détériorée
Soyons clairs : l’intention de ce tableau n’est pas de montrer que la famille vivant avec un SMIC s’en tire « bien mieux » que celle qui n’a que le RSA. Nous montrons simplement qu’il n’est pas vrai qu’elle a un intérêt financier à percevoir le RSA socle plutôt qu’un SMIC à plein temps.
Les deux familles se situant sous le seuil de pauvreté monétaire, il est évident que la vie est très difficile pour toutes les deux. De plus, si la famille perçoit un SMIC non plus à temps plein, mais à temps partiel, sa situation se détériore encore plus.
Des écarts éloquents
Dans son rapport 2011, la MRIE présente un comparatif qui va dans le même sens (voir le tableau B) . Là aussi, les écarts sont éloquents.
Enfin, un dernier comparatif qui essaie d’estimer non seulement les ressources, mais aussi les dépenses d’une famille qui perçoit un SMIC à temps plein avec une autre qui ne perçoit que le RSA socle (voir le tableau C) .
Effectuer ces calculs est un véritable parcours du combattant. Et plusieurs témoignages nous montrent qu’il y a parfois des écarts entre la théorie et la réalité. Comment une famille aux revenus modestes peut-elle prévoir ses revenus sur les mois à venir ?
(à suivre)
Tableau A. Il montre que la famille vivant avec un SMIC n’a pas un intérêt financier à percevoir le RSA socle plutôt qu’un SMIC à plein temps.
Tableau B. Là aussi, les écarts sont éloquents.
Tableau C. Comment une famille aux revenus modestes peut-elle prévoir ses revenus sur les mois à venir ?
Courrier des lecteurs
Mézami , néna par-la dë somenn in sèrtin prézidan zétazini la di dann in konféranss de press li lé dakor pou ashté bannzil chagos mé sa sé in (…)
In kozman pou la rout
La Réunion dans la mondialisation sans protection
La Réunion dans la mondialisation sans protection
Ouverture hier à Sainte-Suzanne
Au lieu de reproduire la France, les Réunionnais devraient s’inspirer de Madagascar
Retour sur le séminaire organisé par la Section PCR de Saint-Denis
Conséquence de la crise et de la pénurie de logements sociaux
Condoléances du Parti Communiste Réunionnais
Face aux difficultés de trésorerie à cause des retards de paiement
À la veille de la manifestation organisée par des élus devant la préfecture
Messages
4 septembre 2018, 15:45, par dominique
Bonjour.
Vous parlez bien là des revenus bruts, en occultant les dépenses, qui ne sont pas les mêmes.
Un smicard paie des impôts locaux. Il paie une mutuelle, la redevance TV.
Un smicard doit entretenir sa voiture. Il ne peut pas se permettre d’avoir une voiture en panne pendant 1 mois. Le trajet journalier pour aller au boulot tous les jours est supérieur à celui pour aller à un éventuel entretien d’embauche.
Le smicard n’a pas droit aux restos du cœur. Il n’a d’ailleurs pas le temps de s’y rendre. Pas de prime de noël 152 euros, pas de chèque énergie 144 euros, pas d’aide juridictionnelle totale,
Le fossé se creuse avec un enfant pas de gratuité crèche ou repas à l’école. Il faut payer la nounou, plus trajets en voiture. Pas d’achat d’électroménager ou de meubles par la CAF 400 euros par meuble ou par matériel peut être accordé.
Et toutes les aides des villes : CCAS, aides exceptionnelles, prise en charge des transports urbains, réductions dans les établissements communaux, intercommunaux, voyages scolaires.
Lorsqu’on fait le compte, à 65 ans ils toucheront tous deux le minimum retraite avec 59 euros de différence.
Demandez à un responsable de la CAF : Un smicard avec 2 enfants perd de l’argent tous les mois. Ils vous le diront en aparté, pas officiellement.