Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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Saint-Louis : Négociations salariales à l’usine sucrière du Gol
23 avril 2004

Ça coince sur les négociations salariales à l’usine du Gol. Pour manifester leur mécontentement, les employés adhérents à la CGTR ont observé hier un débrayage d’une heure dans la cour de l’usine, en signe d’avertissement.
Dans le cadre des NAO (Négociations annuelles obligatoires), salariés et direction de l’usine du Gol s’étaient déjà rencontrés à trois reprises. Lors de ces rencontres, la partie patronale avait estimé qu’elle ne pouvait aller au delà d’une hausse des salaires de 1,45%.
Or, fait remarquer Elie Hoarau, délégué syndical CGTR, "l’usine a dégagé un bénéfice de 3,7 millions d’euros pour la dernière campagne sucrière. Si èk in rézilta kom sa, li di a nou li gagne pa alé pli loin, kan nora la sécheresse ou cyclone, ou bien kan le pri lo sik va diminié en 2006, kosa va trouve kom prétexte don ?"
Le 8 avril dernier, le personnel, à l’appel de la CGTR, avait déjà observé un premier débrayage, en signe de protestation. Suite à quoi, une nouvelle rencontre avec la direction avait permis d’avancer, puisque celle-ci, qui estimait ne pas pouvoir aller au-delà d’une hausse de 1,45%, proposait cette fois d’aller à 2%. Un pas en avant, certes, mais insuffisant pour la CGTR qui estime qu’une augmentation de 2,4% est loin d’être irréaliste et parle de "mauvaise volonté" de la part de la direction.
Le débrayage d’hier avait en fait une double signification. En premier lieu, manifester clairement le mécontentement du personnel. Mais surtout, dénoncer l’accord signé par la direction sur la hausse de 2% des salaires, accord signé avec la CFDT, la CFTC, FO et la CFE-CGC.
"Ce sont des syndicats minoritaires, qui ne représentent pas grand monde au sein de l’entreprise", fait remarquer Elie Hoarau, chiffres à l’appui : lors des dernières élections du personnel, la CGTR a obtenu 5 sièges de délégués sur 6 et 4 sièges sur 5 au comité d’entreprise. Une représentativité qu’il ne viendrait donc à personne de contester.
"La manière la direction i fé, sa i vé dire si domin, i propose 1% d’augmentation, bana i signe, lé bon minm ?" Et le délégué CGTR de terminer son propos en rappelant que tous les accords, tous les acquis dont bénéficie le personnel, ont toujours été arrachés à la suite de grèves. Et pour ce qui concerne la question des négociations salariales, pour la CGTR, il est hors de question d’accepter "un accord au rabais".
S. D.
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