Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
Banque de La Réunion : Vendredi, 5ème jour de grève
11 avril 2008

Direction et Intersyndicale se sont entretenues hier matin : un échange courtois, mais qui n’a aboutit à aucune avancée. Le patronat maintient sa proposition ; les salariés, leur revendication. Nouvelle rencontre ce matin à 9 heures.
C’est vendredi dernier, après 7 réunions entre patronat et syndicats, que les négociations salariales annuelles se sont interrompues. Les salariés demandent une augmentation de salaires équivalente à près de 109 euros nets par mois ; la Direction propose, elle, une enveloppe globale à répartir entre la masse salariale et un complément sous forme de prime.
Le compte n’y est pas
Hier matin, chacun des deux parties est resté sur ses positions. Après 4 jours d’une grève qui mobilise plus de 90% du personnel de la BR, « la Direction reste toujours sur la proposition de vendredi dernier », comme l’explique Serge Hoarau, délégué CFTC, qui s’exprime au titre de ses collègues CFDT-FO-SU/UNSA. Elle propose toujours aux syndicats une augmentation de salaires qui s’échelonnerait entre 3% pour les bas salaires et 1,5% pour les plus hauts, soit une enveloppe globale de 500.000 euros. En guise d’appoint, elle se dit prête à envisager le versement d’une prime d’intéressement, à compter de 2009, sous réserve de performance de l’établissement cette année. Un bonus évalué à environ 330.000 euros par la Direction, mais une carotte qui n’appâte pas. « A nous, dans cette masse de 830.000 euros, de faire des propositions pour répartir entre nous », poursuit Serge Hoarau, qui déplore que la Direction ne se soit pas ravisée. En demandant une augmentation annuelle de 2.000 euros bruts, l’Intersyndicale table, elle, sur une revalorisation de 4,8% des bas salaires et de 2% des plus élevés. Elle réfute toute proposition de prime aléatoire pour défendre une revalorisation franche qui prenne en compte le décalage entre les salaires et l’inflation sur les 6 dernières années ; une revalorisation qui s’inscrive clairement dans une amélioration du pouvoir d’achat des salariés.
« Nous avons les moyens de tenir 1 mois s’il le faut »
« On ne demande pas l’impossible, notre revendication n’est pas extraordinaire », défend encore le délégué syndical. La Direction a même concédé qu’elle avait la possibilité technique d’y répondre, mais veut rester sur ses prévisions budgétaires (voir édition de mardi). Les salariés aussi veulent rester sur les leurs. « Si la Direction compte sur un affaiblissement de la mobilisation, elle se trompe, nous avons les moyens de tenir 1 mois s’il le faut », affirme Serge Hoarau. Mais l’insatisfaction de la clientèle commence à se faire sentir. Les 4 ou 5 agences encore ouvertes hier risquent probablement de fermer elles aussi. Gérées par un titulaire et 3 employés en CDD, elles ne peuvent assurer que les opérations guichet, confrontées alors directement à la colère montante d’une clientèle dont la banque n’est pas en mesure de répondre aux multiples attentes. Un bras de fer s’annonce.
L’unité syndicale amenée à se pérenniser
Après la BNP-Paribas, la BR, viendra le tour de la BFC dont les prochaines réunions avec la Direction les 16 et 24 avril seront décisives. Réunis autour d’une plate-forme de revendications, les syndicats des 3 banques sont décidés à poursuivre l’unité au-delà de leurs négociations salariales annuelles. Ils comptent en effet se retrouver pour discuter de la grille établie par l’AFB (Association Française des Banques), une grille nationale qui, depuis 2000, a effacé le coefficient correcteur de 1,5 appliqué à La Réunion, pour se rapprocher de la réalité locale du coût de la vie.
CFTC-CFDT-FO-SU/UNSA sont décidés à plancher sur ce dossier dès que possible. Peut-être le début d’un combat plus large en faveur d’une amélioration généralisée des conditions de travail des salariés d’un secteur sous pression continue ?
Stéphanie Longeras
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