L’alimentation des populations défavorisées en France - 2 -

Pauvreté et mal nutrition : deux phénomènes indissociables ?

20 juin 2007

Suite de notre dossier entamé le 12 juin dernier, sur la progression des formes de “pauvreté alimentaire” dans les pays développés.

En France, comme dans tous les pays industrialisés, des inégalités sociales de santé sont observées pour certaines pathologies chroniques, et notamment celles directement liées à la nutrition, telles que l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires et les cancers. Ces inégalités sont expliquées en partie par le fait que la plupart des comportements à risque sont plus fréquents dans les populations de faible statut socio-économique. Il faut noter cependant que l’éducation peut influencer les choix alimentaires en agissant sur la compréhension des messages nutritionnels, mais ces choix sont également déterminés par l’environnement professionnel et les cultures alimentaires qui y sont associés, ainsi que par le revenu, qui influence directement la capacité matérielle et financière à se procurer certains aliments.

Selon une étude de 2003, le risque d’avoir une alimentation très défavorable à la santé est trois fois plus élevé chez les populations défavorisées par rapport à celles d’un niveau social plus élevé. Ainsi, les ouvriers ont une diversité alimentaire moindre par rapport aux cadres et professions intellectuelles.
Les fruits et légumes sont les principaux aliments, marqueurs incontestables d’un niveau social élevé. Ils sont consommés non seulement en plus faible quantité, mais aussi avec une moindre fréquence et une variété plus faible par les populations de faible statut socio-économique. Les données issues d’enquêtes réalisées auprès d’adultes vivant en situation de précarité en France confirment la place prépondérante des féculents et la faible consommation de fruits, de légumes et de poisson dans ces populations. Cependant, l’âge, le pays d’origine et la situation géographique à l’intérieur de l’hexagone sont probablement des facteurs déterminants. En effet, quelques travaux démontrent que les immigrés d’Europe du Sud et les personnes âgées vivant en zone rurale dans le Sud de la France ont conservé des habitudes alimentaires méditerranéennes, caractérisées justement par une consommation importante de fruits, de légumes et de poissons, malgré un statut social plus faible que celui de la population générale.

En cause, l’arrêt précoce de l’allaitement maternel

L’abandon progressif de l’allaitement maternel et le raccourcissement de sa durée est une tendance générale dans les pays industrialisés, mais qui est plus souvent observée dans les familles dites “pauvres”, à l’exception de celles issues de l’immigration.
De fait, le statut biologique en vitamines et minéraux des très jeunes enfants dans les populations défavorisées est souvent compromis. Ainsi, les déficiences biologiques en fer, vitamine A, et vitamine E sont plus fréquemment observées chez ces enfants. En Europe notamment, c’est seulement dans ces familles que l’on observe aujourd’hui des cas d’anémie sévère chez les enfants de un an. Ceci est directement à mettre en relation avec l’abandon trop précoce des formules lactées enrichies en fer, et l’utilisation, trop précoce également de lait de vache chez ces enfants. Ceci est tout particulièrement vrai dans les familles immigrées, qui ont un faible accès à la médecine préventive et aux pratiques pédiatriques de nutrition préventive, telles que les suppléments en fluor et l’utilisation de préparations lactées adaptées, enrichies en fer et en vitamine D. Un récent rapport du Conseil national de l’alimentation sur « l’exclusion sociale et l’alimentation » a attiré l’attention sur ces risques et sur le fait que « le prix de vente élevé des préparations - pour nourrissons et des laits infantiles - joue sans doute un rôle important dans le fait qu’elles sont abandonnées précocement par les familles en difficulté financière ».
Un lien direct entre qualité nutritionnelle et pauvreté existe aussi chez les enfants d’âge scolaire et les adolescents. Quelques études réalisées en Europe mettent également en évidence de faibles consommations de fruits et de légumes et un risque plus élevé d’apports insuffisants en vitamines et minéraux chez ces enfants et adolescents.

L’obésité en nette progression

C’est surtout sur les inégalités sociales en matière d’obésité que l’attention s’est focalisée ces dernières années, sans doute du fait de la grande “visibilité” du phénomène mais aussi du fait de son caractère paradoxal, la pauvreté ayant pendant longtemps été associée à la sous-nutrition plutôt qu’à la suralimentation. Aujourd’hui, l’obésité touche toutes les catégories sociales, c’est-à-dire que les populations défavorisées sont plus touchées par l’obésité que les classes aisées. De plus, le risque pour la santé est plus élevé dans les familles à faible revenu. En effet, parmi les personnes obèses, les prévalences de l’hypertension, du diabète et des maladies cardiovasculaires sont plus élevées chez ceux qui ont de petits revenus, tout le monde n’est pas égal devant l’accès à la santé.
Ces liens entre obésité et statut social seraient moins clairs chez l’enfant. Cependant, des études ont montré en France de plus fortes proportions d’enfants obèses parmi les enfants d’ouvriers que parmi les enfants de cadres supérieurs et professions libérales. L’obésité se rencontre plus fréquemment chez les enfants en zones d’éducation prioritaire, qui concentrent les difficultés financières. Du point de vue des sciences sociales, ce fait pose la question de l’influence de l’environnement et de la transmission des normes familiales en matière d’alimentation.
De nombreuses approches soulignent le lien entre obésité et niveau d’éducation : les personnes possédant un faible niveau de diplôme sont également celles qui ont le plus de risque de présenter une obésité. Cette question rejoint celle des liens entre santé de façon plus globale et éducation.
De même, l’activité physique jouerait un rôle important dans la prévention de l’obésité, en relation là encore avec le statut social des individus. En France, même si l’on assiste au développement des pratiques de loisirs, les disparités dans les taux de pratique du sport demeurent importantes : cadres et professions libérales font plus de sport qu’employés et ouvriers.

Conséquences multiples de l’obésité

L’obésité est considérée à la fois comme une pathologie, et également comme un facteur de risque de différentes pathologies, hypertension, accidents vasculaires cérébraux, diabète etc... En outre, les obèses souffrent d’incapacités physiques, qui concernent par exemple leur vie quotidienne, marcher, courir, monter des escaliers, s’habiller.
Mais cela entraîne aussi des difficultés d’intégration sociale. L’obésité entraînerait une moindre mobilité sociale, en particulier du fait de la dévalorisation de la “personne grosse” et, plus encore, de l’obèse, dans les sociétés occidentales. Ainsi, les attitudes négatives envers les personnes obèses auraient une influence défavorable sur leur carrière professionnelle. Hommes et femmes obèses seraient l’objet de comportements discriminants dans le domaine professionnel (plus forts taux de chômage, promotions plus faibles, salaires plus bas). De nombreux auteurs font l’hypothèse que cette forte stigmatisation est liée au fait que les obèses sont perçus comme responsables de leur état.

Sophie Périabe

(Source : Synthèse des travaux dans les domaines économique, sociologique et nutritionnel, issue du projet « L’alimentation des populations défavorisées comme dimension spécifique de la pauvreté en France » soutenu financièrement par l’Observatoire nationale de la pauvreté et de l’exclusion sociale et coordonné par France Caillavet, laboratoire de Recherche sur la Consommation (Corela), département de Sciences sociales).


L’obésité, sans doute la principale menace pour la santé au XXIème siècle

Une fois de plus, la Commission européenne tire la sonnette d’alarme et propose un éventail de mesures pour enrayer la tendance actuelle
Première priorité, les enfants. Ils sont près de 22 millions à être en surpoids dans l’Union européenne, un nombre qui augmente de 400.000 chaque année. Parmi eux, trois millions souffrent d’obésité. Bruxelles ne propose pas de légiférer, mais en appelle à la responsabilité de toutes les parties prenantes. Markos Kyprianou, commissaire européen à la Santé : « Tout le monde est à blâmer, y compris les autorités, l’industrie et les consommateurs. Dès lors, ce qui est important, ce n’est pas de revenir en arrière pour chercher des responsables, mais d’encourager chacun à contribuer à régler le problème. Et j’ose espérer que ce défi sera relevé par tous ceux qui sont impliqués ». Parmi les recommandations, il y a celles qui visent directement l’industrie alimentaire : réduire les teneurs en sel, en graisses et en sucres, améliorer les étiquetages pour mieux informer les consommateurs et obéir à des codes de conduite publicitaires plus rigoureux. Mieux manger, c’est aussi mieux connaître les aliments et Bruxelles encourage l’action éducative. Un groupe de haut niveau devrait aussi être constitué pour traiter des questions de santé liées à la nutrition, et il compterait un représentant de chaque État-membre. Enfin, la Commission appelle à valoriser le sport. Elle fera le point en 2010. Faute de progrès, elle menace d’ores et déjà les industriels de légiférer.
La Commission européenne sort un site Internet, principalement destiné aux enfants. Sur http://eu.mini-chefs.eu, les petits Européens peuvent désormais « faire rimer cuisine et santé ». « Chaque année dans l’Union européenne, plus de 400 000 enfants deviennent victimes de l’obésité ou de la surcharge pondérale », explique Markos Kyprianou. Par ce site, « nous voulons aider les plus jeunes à comprendre qu’il est important de manger et de cuisiner sainement ».
Un forum est également ouvert aux parents et aux enseignants. Dommage toutefois que le site ne soit pour l’heure accessible... qu’en anglais. Il sera « bientôt disponible en douze langues » promet-on toutefois au siège de la Commission.

(Source : EuroNews)


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Messages

  • La lutte contre la malnutrition se doit, pour être cohérente, de respecter l’alimentation traditionnelle de base et de ne pas nuire au développement des ressources loco-régionales.
    Un complément alimentaire : L’Extrait Foliaire de Luzerne fabriqué de façon contrôlée en Champagne-Ardenne et commercialisé par la société Prolivim répond aujourd’hui à ces deux objectifs. »

    Nous nous permettons de vous rappeler, que les caractéristiques des EFL en font un moyen de lutter contre la malnutrition

    En effet ce concentré de richesses nutritives (protéines, vitamines, oligo-éléments) apparaît comme une solution efficace et à faible coût de supplémentation à l’alimentation des malnutris.

    C’est une alternative aux aliments d’origine animale, ainsi qu’aux légumes et aux fruits, en général absents des régimes alimentaires des populations à faibles ressources financières.

    Son utilisation à faible dose corrige efficacement les carences nutritionnelles, améliore la santé des individus et le développement des enfants en combattant les anémies, diarrhées, affections respiratoires et xérophtalmie.

    A ce jour 40 Millions de doses ont été distribuées dans le monde pour coût annuel par enfant compris entre 1.9 € à 3.7 euros selon l’âge

    Fabriqués dans des unités industrielles de pointe garantissant une qualité sanitaire et microbienne ces concentrés répondent à un cahier des charges très stricte validé par le comité scientifique du CHU & Université de REIMS.

    Ci-joint des notes explicatives du produit et comparatif des composants.

    Nous restons à votre entière disposition pour vous rencontrer et vous prions d’agréer Mesdames,Messieurs l’expression de nos dévoues sentiments.

    D.Fancony
    PROLIVIM
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    Sauvez un arbre... n’imprimez ce mail que si cela vous est indispensable

    Voir en ligne : http://prolivim.fr


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