Grande distribution à La Réunion : concentration sur fond d’APE et de risques de délocalisations
10 août, parRapprochement entre le groupe mauricien IBL et Caillé Grande Distribution
Secours Catholique
6 novembre 2015

Extrait du texte de présentation du rapport statistique 2015 du Secours Catholique publié hier.
Sur quoi économisent les ménages précaires pour s’en sortir ? Dans son Rapport statistique 2015, le Secours Catholique-Caritas France s’est intéressé à ces « lieux d’arbitrage ».
« Les ménages qui ont des difficultés financières font des arbitrages, explique Brigitte Alsberge, responsable Solidarités familiales au Secours Catholique. Et on constate qu’il ne s’agit pas pour eux de faire une croix sur des choses "superficielles", comme on a tendance à le penser, mais d’arbitrer entre des dépenses essentielles. »
Elle insiste : « Nous ne sommes pas dans l’anodin. » Dans son Rapport statistique 2015, le Secours Catholique a comparé, poste par poste, le « budget type » des ménages en situation de précarité, défini à partir des réponses des familles rencontrées, au budget « de référence » déterminé par l’ONPES et considéré par l’observatoire comme un minimum par poste pour vivre décemment.
On remarque que les ménages rencontrés par le Secours Catholique dépensent largement moins que les montants estimés dans son rapport par l’ONPES pour les transports, la cantine et la garde des enfants, l’habillement, la vie sociale, l’hygiène, la santé… Autant d’économies contraintes qui ont des impacts négatifs importants sur la vie sociale, sur l’estime de soi et sur la santé, qui nourrissent un sentiment de marginalisation, voire d’exclusion, et contribuent à une situation d’isolement.
Brigitte Alsberge souligne aussi la difficulté, ou l’impossibilité, pour ces ménages de mettre en place des stratégies dans le temps pour investir ou juste pour sortir de la « survie ».
Dans son budget « de référence », l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPES) prévoit que chaque ménage dépense raisonnablement 7 euros de frais bancaires par mois. En réalité, les familles en difficulté rencontrées par le Secours Catholique dépensent en moyenne pour ce poste… 111 à 151 euros par mois.
« C’est un cercle vicieux, constate Brigitte Alsberge, responsable Solidarités familiales au Secours Catholique. Ces ménages à qui les banques n’accordent pas de prêts, finissent tous les mois dans le rouge et se retrouvent à devoir payer des agios et autres pénalités. »
Le montant des impayés correspond à 90% du revenu mensuel des ménages rencontrés. Les impayés les plus fréquents concernent le logement, et en premier lieu les loyers et les dépenses d’énergie. Depuis 2013, les impayés d’énergie ont fortement augmenté, et ont dépassé les impayés de loyer. Principalement en cause : la hausse des prix de l’énergie et l’insuffisance des ressources des ménages.
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