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Salaires et pensions des fonctionnaires outre-mer
Dans une déclaration parue dans “Le Monde”
14 avril 2004

Dans un “Point de vue” publié dans “le Monde”, le président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Pierre Méhaignerie, range les salaires et retraites majorés versés aux fonctionnaires exerçant outre-mer au chapitre des « privilèges » et des « égoïsmes catégoriels ». Avec Adrien Zeller (UMP), il demande leur suppression et leur redéploiement... au bénéfice de l’État. Un nouveau remaniement ministériel devrait avoir lieu après les élections européennes. Pierre Méhaignerie pourrait alors faire partie du gouvernement comme ministre des Finances...
Dans un “Point de vue” publié hier par “Le Monde” et qu’il co-signe avec Adrien Zeller, président UMP de la Région Alsace, Pierre Méhaignerie, président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, commente les résultats des dernières élections régionales et en tire des enseignements pour la droite.
Dans cet article, titré : "Du socialement correct au correctement social", les deux responsables politiques donnent leurs propres réponses aux questions suivantes : "comment être plus juste tout en étant plus efficace ?"... "la droite et le centre ont-ils été à la hauteur de ce défi de la conciliation entre compétitivité économique et renforcement du pacte social ?"
"À l’évidence, les résultats électoraux viennent de traduire la totale incompréhension de beaucoup de nos concitoyens à l’égard d’une politique à bien des égards courageuse mais insuffisamment lisible", estiment Pierre Méhaignerie et Adrien Zeller.
"Comment faire face à l’une des inégalités majeures qui tient au fait qu’une part importante d’hommes et de femmes se sente frappée d’inutilité sociale ? Face à ce défi, il faut agir, mais ce n’est pas en réclamant sans arrêt plus d’État et plus de moyens que nous y parviendrons. C’est en pensant et en exprimant une politique sociale qui rompe clairement avec la logique de l’assistanat et donne à toute personne qui a vocation à rejoindre le marché du travail les armes et le soutien pour le faire", écrivent-ils.
Les deux hommes estiment qu’il existe en France une "incapacité à réformer" et, selon eux, "les conséquences pèsent directement sur le quotidien des Français". "Notre objectif est de redresser cette situation", avertissent-ils. "Il est souhaitable de distinguer les “acquis sociaux”, dont nombre sont justifiés, des égoïsmes catégoriels, qui s’apparentent à de véritables privilèges", écrivent-ils.
Et, parmi ces "égoïsmes catégoriels", le cas des fonctionnaires exerçant outre-mer est évoqué : "est-il vraiment légitime de continuer à verser à certains fonctionnaires, au prétexte qu’ils exercent outre-mer, des salaires et pensions de façon aussi majorée qu’aujourd’hui ? Alors qu’une partie de cette dépense - plus de 2 milliards d’euros - gagnerait à être redéployée, par exemple, en faveur d’une plus grande égalité des chances dans les établissements des zones d’éducation prioritaires (ZEP) ?".
Pierre Méhaignerie reste donc fidèle à sa ligne de conduite : on sait qu’en tant que président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, il a été à l’origine du rapport Laffineur. Et qu’il a été l’auteur de plusieurs amendements, notamment lors du vote du projet de loi de finances 2004 : des amendements visant à remettre en cause certaines “spécificités” outre-mer.
On lui prête également l’intention de revenir à la charge, lors du débat parlementaire sur le budget 2005, en demandant la suppression de plusieurs “niches fiscales”, dont certaines concernent La Réunion (TVA non remboursée, abattement de 30% de l’impôt sur les revenus, par exemple...).
Quant à l’utilisation qui pourrait être faite des économies réalisées avec la suppression de la majoration des fonctionnaires, Pierre Méhaignerie dit clairement le fond de sa pensée : il envisage un redéploiement au bénéfice du budget... de l’État. Il cite, en exemple, l’utilisation de ces crédits en faveur des zones prioritaires d’éducation.
On peut tirer de ce “point de vue” deux enseignements :
Premièrement : le président de la commission des finances de l’Assemblée nationale a toujours l’intention de remettre en cause la surrémunération ;
Deuxièmement : il propose d’affecter les économies réalisées non au bénéfice du développement de l’outre-mer mais à des actions relevant de l’État.
Tous les experts s’accordent pour dire que “Raffarin III” est un gouvernement de transition “pour cent jours”. Un autre gouvernement devrait être nommé après les élections européennes du 13 juin prochain. Le nom de Pierre Méhaignerie est souvent évoqué pour prendre le ministère des Finances.
Dominique Besson
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