Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
22 septembre 2004

Agir pou nout tout
Garder les emplois aidés
En attendant de voir si le gouvernement a de bonnes intentions, il ne faut pas enlever aux Réunionnais leur gazon de riz. Pour Jean-Hugues Ratenon, responsable d’Agir pou nout tout : "Il faut aller vers l’emploi durable, mais on ne peut pas diminuer d’un millier les emplois aidés sans attendre de voir les nouvelles mesures. Il ne faut pas casser sur les petits. Allons amplifier la lutte pour la cohésion sociale".
La députée Huguette Bello réagit...
"Les jeunes attendent les emplois durables avec impatience"
Lors de son intervention lundi sur l’emploi, le préfet de La Réunion, "relayant l’idéologie distillée par le gouvernement depuis bientôt trois ans", selon Huguette Bello, "a cru bon de justifier les nouvelles orientations en matière de lutte contre le chômage en déclarant que “La Réunion doit passer d’une culture d’assistanat à une logique de responsabilité”".
Cette déclaration oblige la députée de La Réunion à rappeler certaines données :
- La Réunion connaît un des taux de création d’emplois les plus importants du territoire national ;
- la mobilité concerne chaque année des milliers de jeunes Réunionnais ;
- le chômage y est, pour l’essentiel, la conséquence du décalage entre le nombre d’emplois créés et celui des jeunes arrivant sur le marché de l’emploi.
Dans ce contexte, "sous-entendre que les emplois aidés relèvent d’une mentalité d’assistés ou la favorisent est un propos choquant" indique la députée. Elle ajoute : "les jeunes Réunionnais qui, en dépit de leurs diplômes, ne trouvent pas de travail et sont contraints d’accepter des postes dans l’économie solidaire, prennent acte qu’on leur promet des emplois durables et les attendent avec impatience".
À ce propos, Huguette Bello fait sienne la remarque du Conseil économique et social regrettant que le plan Borloo évoque une logique d’assistance : "Cette formule, écrit le Conseil, porte en effet inutilement l’anathème sur la fraction de la population nationale qui connaît les conditions de vie parmi les plus difficiles (avis du CES adopté le 31 août 2004)".
...Free Dom aussi
La méthode de la “poudre aux yeux”
Sous la présidence de Camille Sudre, la Commission permanente de La Région a examiné hier le projet de loi de programmation pour la cohésion sociale présenté par Jean-Louis Borloo (lire page précédente).
À l’occasion du débat, les élus de Free Dom ont également exprimé "leur étonnement" devant les déclarations qui ont été faites en préfecture : "Alors que nous créons à La Réunion 3.000 emplois par an, il est dangereux de faire croire qu’on pourra créer 20.000 emplois supplémentaires dans les trois prochaines années (“augmenter de 20% l’emploi dans le secteur privé”)" disent-ils.
"Cet effet d’annonce est d’autant plus illusoire qu’au même moment le préfet confirme la décision du gouvernement de poursuivre la réduction des quotas d’emplois aidés". Free Dom tient à marquer son désaccord avec une méthode "qui tient de la “poudre aux yeux”" et appelle chacun à "la responsabilité sur la question de l’emploi".
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