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Nouvel appel de l’Intersyndicale de l’Éducation nationale à la manifestation mercredi prochain à la préfecture
2 avril 2004

L’Intersyndicale de l’Éducation nationale a de nouveau appelé hier au rassemblement, le mercredi 7 avril à 14 heures, dans les jardins de la préfecture. C’est à cette date que le projet de loi sur la décentralisation et le transfert des TOS sera débattu à l’Assemblée nationale et peut-être voté en fin de session parlementaire. Le SGEN-CFDT, FO, le SNES-FSU, le SGPEN-CGTR, Sud-Éducation et le SAIPER sollicitent le soutien de nos élus pour ne pas cautionner le transfert des personnels Techniciens ouvriers de services (TOS), et demandent le retrait d’un tel projet, « préliminaire à la casse du service public de l’Éducation nationale ».
"Nous demandons solennellement aux parlementaires de ne pas voter ce projet de loi et d’intervenir pour son retrait", déclare Dominique Lucas du SNES-FSU. Contrairement aux bruits de couloirs, le transfert des TOS n’a pas encore été voté et c’est ce mercredi 7 avril que se jouera une carte importante pour l’avenir du service public de l’Éducation nationale. "Un article de loi peut être retiré d’un projet de loi", affirme le syndicaliste FO, Thierry Boyer, "surtout lorsque celui-ci reçoit une désapprobation massive et qu’il met en péril la qualité de notre système éducatif".
Les deux mois d’intense mobilisation de l’année dernière ont déjà démontré la forte contestation des Réunionnais face à ce projet inadapté aux besoins des établissements, inadapté aux particularités régionales, inadapté aux réelles difficultés dont souffre l’Académie, à savoir un manque d’effectifs. Même si la légitimité de ce combat a été mise à mal par les désagréments que le mouvement a pu causer aux élèves, il n’en demeure pas moins une revendication essentielle. L’Intersyndicale, en concertation avec les salariés, doit élaborer différentes formes d’actions afin d’"obtenir un infléchissement de la politique infligée depuis deux ans par ce gouvernement", comme le suggère Patrick Corré du SGPEN-CGTR.
Selon Patrick Corré, ce remodelage gouvernemental version Raffarin III va poursuivre sa politique de casse sociale, et après le désaveu de cette politique exprimé par les urnes, c’est sur le terrain qu’il convient de faire barrage. "Les gens sont peut-être KO", estime Dominique Bernard de Sud-Éducation, "mais l’on a besoin d’une prise de conscience". Car comme le rappelle justement Dominique Lucas, "nous y croyons et nous nous battrons pour l’avenir de nos enfants".
Pour Jean-Louis Belhote, du SGEN-CFDT, "nous sommes témoins d’un autisme complet, passé et futur", déclare-t-il à propos du gouvernement. Face à ce constat et après le "message fort que les élections ont fait passer, il faut se mobiliser plus que jamais pour transformer l’essai". Un essai qui, par l’effet de ce vote sanction local comme national, incite les représentants syndicaux à "continuer de plus belle" leur lutte pour le respect des droits des travailleurs, pour le maintien du service public.
"Dimanche soir, l’état d’esprit des salariés a changé. Tout peut être possible", affirme Dominique Lucas. Mais ce n’est pas en comptant sur l’aide du nouveau ministre de l’Éducation, "on a déjà côtoyé Fillon", ajoute Dominique Bernard, "on se fait peu d’illusion".
Rappelant les propos tenus par Jean-Paul Virapoullé, le soir des résultats du second tour des élections, à savoir : "J’ai un profond respect pour la voie du peuple", Jean-Jacques Perrot, de FO, "exige la transformation de ces paroles en actes", de la part de ces quelques élus apparemment "repentis" de la majorité. L’Intersyndicale appelle donc à la manifestation du mouvement social, comme au soutien de nos élus pour ne pas adhérer à ce projet et faire remonter aux dirigeants nationaux l’écho de leur insatisfaction, comme de leur détermination à ne pas laisser les réformes se faire au détriment de l’intérêt général.
Estéfany
Pour ou contre les réformes ?
Les syndicats ne sont pas opposés aux réformes, tous les demandent car des changements sont nécessaires pour pouvoir s’adapter aux évolutions de la société. Cependant, ils sont fermement opposés aux propositions de ce gouvernement, à ses agressions multiples, qui portent atteintes au progrès social, qui font reculer les droits des travailleurs, qui riment avec régression plus qu’avec amélioration.
"Les réformes sont là pour faire progresser la population", rappelle Dominique Lucas du SNES-FSU, "mais avec cette politique réactionnaire, on peut parler de contre-réformes plus que de réformes véritables. Ce gouvernement détourne le sens et la valeur du terme de réforme".
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