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Plan départemental de cohésion sociale
19 octobre 2004

Le Plan départemental de cohésion sociale, un plan paradoxal et inopérant. Le Collectif emplois en danger relève ses contradictions et son insuffisance, mais apporte aussi ses propositions pour l’améliorer.
Le Département réunissait hier les associations œuvrant dans le domaine de l’insertion pour poursuivre la discussion autour du projet de Plan départemental de cohésion sociale. Le CED se prononce contre ce projet. Pour Daniel Sautron : "À la lecture du Plan départemental de cohésion sociale, nous constatons qu’il va à l’encontre de l’objectif fixé : la création d’emplois durables. À la question “comment combattre la précarité ?”, il ne répond que par d’autres mesures précaires. Ce plan départemental est ambitieux mais il ne répond pas aux attentes des Réunionnais".
Pour le collectif, la formation professionnelle reste la grande oubliée de ce plan. Si le plan prévoit l’ouverture de crèches et de garderies, Daniel Sautron fait remarquer que "nous manquons d’auxiliaires puéricultrices, si bien qu’il faudra faire appel à l’extérieur, ce qui ne favorisera pas l’emploi local"... Seule une trentaine de personnes peuvent se former à ce métier chaque année à La Réunion, le nombre de place fixé par l’État étant insuffisant pour répondre à la demande sociale. Aussi le CED demande au département de rencontrer l’État et la Région pour "revoir ce quota à la hausse en prévision de ces futures ouvertures".
Le plan départemental transmis aux associations se décline selon plusieurs fiches. Joëlle Patiram note que dans le domaine de l’économie solidaire, il existe "une forte volonté de consolider les emplois jeunes dans le domaine social uniquement" et estime que "ce soutien doit être apporté à l’ensemble des emplois jeunes". Pour remplacer le financement jusqu’alors apporté par l’État, le CED propose de solliciter le Fonds social européen. Une proposition que le département et la région pourraient négocier dans le cadre du futur DOCUP sur la base d’un projet qui doit être soutenu par les co-financeurs actuels qui doivent continuer à s’investir pour sauvegarder tous les emplois jeunes.
Joëlle Patiram démontre un des paradoxes du plan dans le domaine de l’échec scolaire : "là où il existe des aides éducateurs et des assistants d’éducation, le département détruit pour reconstruire, au lieu de consolider l’existant. Le plan départemental est alors en contradiction avec sa volonté de sauvegarde de l’emploi".
Daniel Sautron regrette que les associations soient tenues à l’écart du contrat d’activité (ou contrat d’avenir) au profit des communes. Là aussi il pointe un défaut de programme de formation : "Quelles formations proposera ce contrat ? Sur quelles bases seront-elles créées ?". Le CED propose de "confier leur gestion à la Direction départementale du travail pour mettre un frein à la politique politicienne". Le collectif demande à l’État d’augmenter la dotation de coût horaire pour permettre l’accès à des formations qui soient diplômantes et qualifiantes. Il demande aussi "la création de 60.000 contrats d’avenir pour trois ans, soit 20.000 par an pour répondre à la situation catastrophique que connaît La Réunion". Selon eux, en globalisant le contrat d’insertion par l’activité avec le contrat d’activité sur un même dispositif, cela permettrait de doubler la création d’emplois.
Car le constat porté par le CED sur la réalité de la précarité à La Réunion reste accablant : "le nombre de bénéficiaires du RMI est de 90.000, il est supérieur au nombre de demandeurs d’emplois qui est de 80.000. Le secteur marchand si propice soit-il, ne peut pas résoudre seul le problème du chômage. L’ensemble de nos élus doit donc intervenir pour que le quota de CES et de CEC soit maintenu à l’identique, sans diminution pour venir en complément du Contrat d’accompagnement vers l’emploi", déclare Daniel Sautron. Il interpelle le préfet : "il dit que les Réunionnais sont des assistés qui refusent le travail. Qu’il nous explique où sont les vrais emplois durables". Pour Joëlle Patiram, "le secteur marchand est déjà sous perfusion et les entreprises n’embauchent pas plus. Pourquoi donner les emplois aidés au patron ?".
Pour Joëlle Patiram : "de jour en jour la misère s’installe, 240.000 personnes vivent du RMI, il est urgent de mettre en place une véritable politique d’insertion. Or le budget de l’Agence départementale d’insertion a été revu à la baisse. Comment sortir du RMI quand il n’y a que 300 agents ADI pour 90.000 érémistes ? Ce plan est en perpétuelle contradiction. Un outil comme le Dispositif d’accompagnement vers l’emploi ne doit pas disparaître. Il faut au contraire accentuer les aides en faveur des érémistes. Plus nous nous enfonçons dans la misère, plus nous menaçons la cohésion sociale. La présidente du Département doit frapper du poing sur la table pour obtenir un véritable engagement de l’État. Le plan départemental est bien, mais pas suffisant, il n’a que trop peu de moyens. Si nous ne demandons pas plus de la part de l’État, ce plan est voué à l’échec".
Le CED a donc l’impression que "le plan enfonce davantage les bénéficiaires du RMI et instaure la misère et la pauvreté". Aussi pose-t-il la question : "Quel est le but du Plan départemental ?", et répond, "si c’est l’insertion, le plan départemental n’est pas adapté".
Eiffel
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