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Prochaine réunion du Haut Conseil de la commande publique
26 octobre 2010, par

Pour les syndicats et patrons du BTP, le Haut Conseil de la commande publique est déconnecté de la réalité de la crise. Ils veulent que la relance de l’activité soit au cœur de la réunion de jeudi prochain.
J-2 avant la prochaine réunion du Haut Conseil de la commande publique. Un rendez-vous très attendu par les professionnels du BTP pour relancer enfin l’activité. Depuis la manifestation unitaire du 10 septembre, les syndicats et les patrons espèrent toujours des engagements concrets. Mais hier, ils étaient une nouvelle fois réunis à la FRBTP pour faire état d’une situation qui n’avance pas. Aucune de leurs attentes n’est en effet à l’ordre du jour de la réunion du Haut Conseil de la commande publique. « Si l’ordre du jour ne correspond pas à nos attentes en rapport avec la réalité de cette crise, on ne restera pas longtemps », a prévenu Jean-Marie Le Bourvellec, président de la FRBTP.
Les professionnels du BTP ont l’impression que le Haut Conseil veut gagner du temps jusqu’aux vacances. L’ordre du jour prévoit d’aborder la charte de planification de la Cellule du BTP, la révision des prix, et les délais de paiement alors que « priorité c’est la reprise de l’activité et l’engagement de travaux », indique Bernard Tillon, secrétaire général de la FRBTP.
Syndicats et patrons ont donc transmis à la préfecture une proposition d’ordre du jour. Concernant l’activité, ils demandent un bilan des dispositions prises depuis la réunion du 15 septembre pour accélérer les ordres de service des marchés publics de travaux identifiés, ainsi que les montants. Le 15 septembre dernier, le préfet avait promis le déblocage de 10% de la commande publique pour octobre et novembre. Insuffisant pour les professionnels du BTP qui demande au moins 30%. « Cela correspond à 50 millions d’euros seulement lancés par mois, alors qu’il faudrait 130 à 140 millions d’euros par mois », affirme Bernard Tillon. Par ailleurs, ils attendent que soient identifiés les freins à la construction des logements sociaux. 3.800 dossiers seraient ainsi « bloqués à Bercy ».
Baisse de l’activité et licenciement
Autre point à aborder, les clauses d’insertion dans les marchés publics de travaux de BTP. Aujourd’hui, les clauses imposent 18% à 30% de contrats d’insertion aux entreprises, alors qu’elles licencient des salariés déjà formés. « Ce n’est pas au BTP de régler tous les problèmes de la société », affirme Bernard Tillon.
Les professionnels espèrent que le Haut Conseil abordera au moins ces deux points. Toutefois, la demande de l’accompagnement exceptionnel des salariés licenciés reste au programme. Depuis la rencontre avec le sous-préfet à la cohésion sociale, les syndicats n’ont pas obtenu d’avancées. Les professionnels du BTP, notamment les architectes, dénoncent aussi les « offres anormalement basses » pratiquées actuellement et demandent au Haut Conseil d’intervenir auprès des maîtres d’ouvrage.
Depuis deux ans et demi, les professionnels du BTP tirent la sonnette d’alarme quant à la baisse de l’activité et ont le sentiment de n’avoir jamais été entendus. « 2000 emplois sont tenus à bout de bras par les entreprises pour garder les compétences en attendant que la commande publique revienne », indique Jean-Marie Le Bourvellec. Il décrit une situation où les moyennes et grandes entreprises risquent de « s’écrouler d’un bloc ».
250 millions d’euros sur un milliard de commande publique étaient engagés fin août. Pour les syndicats et patrons, il y a aujourd’hui « obligation de résultat » de la part du Haut Conseil.
« Jusqu’à présent tout a été fait pour que ça se passe dans le calme et la dignité », précise Jean-Marie le Bourvellec. Mais « on va arriver à l’agonie de notre représentativité », a-t-il ajouté.
EP
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