AC Réunion n’a pas plus confiance qu’hier

Quand le travail rend moins libre

9 septembre 2005

100 jours pour ramener la confiance et l’emploi : le discours de Dominique de Villepin résonne dans le vide pour Jean-Pierre Técher, directeur de Agir contre le chômage et la nouvelle présidente Patricia Chateau.

Dénonçant d’un côté le Contrat d’insertion revenu minimum d’activité (CIRMA), le Contrat d’avenir et de l’autre les baisses de charges sociales et les exonérations, pour la nouvelle présidente Patricia Chateau et le directeur d’Agir contre le chômage Réunion Jean-Pierre Técher, avec le Contrat nouvelles embauches décidé par ordonnance, "l’ensemble du salariat est livré pieds et poings liés au patronat qui ose nous dire que c’est un CDI. Or, le contrat nouvelles embauches est un contrat de deux ans qui permet à un patron de licencier le titulaire de ce contrat n’importe quand pour n’importe quel motif et quasi sans indemnité."

L’équipe change, sans rien changer

Pour Jean-Pierre Técher : "On change le gouvernement pour la forme, avec les mêmes hommes, on garde le même cap, la même idéologie. Tant que le gouvernement continuera de céder au chantage patronal, celui-ci profitera pour demander plus, encore et toujours plus." De son point de vue : "Il appartient aux entreprises d’indemniser les salariés qu’elle licencient et ceux à qui elles refusent un emploi. Ce n’est ni à l’État, ni aux collectivités de les prendre en charge avec l’argent de nos impôts."

Quand le travail rend moins humain

Le directeur d’Agir contre le chômage ajoute : "Je me rappelle que l’un des sujets du bac 2005 était : le travail rend il plus humain ? À la lumière des mesures pour l’emploi, mises en œuvre ces dernières années, on peut répondre que les mesures gouvernementales en faveur du Service du Travail Obligatoire (SSTO) fait de précarité sont aussi inefficaces qu’attentatoires aux droits fondamentaux des salariés et que ce travail-là rend certainement moins humain."
Pour AC Réunion, sur la question de la lutte contre le chômage, il n’y a pas de quoi pavoiser : "d’un côté le nombre de chômeurs censé avoir diminué est moins important que le nombre de radiations opéré et d’autre part, les emplois occupés par les chômeurs n’améliorent en rien leur situation financière. Le fait de mettre les gens au travail forcé pour des salaires de misère n’arrange en rien la situation de désespérance dans laquelle se trouvent les gens concernés. Idem pour le logement social. Les mesures annoncées par le gouvernement sont loin d’être satisfaisantes."

Eiffel


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