La casse sociale n’est pas finie

Raffarin lancera d’autres réformes après le 28 mars

16 mars 2004

Le chantier de casse sociale engagé par le gouvernement n’est pas fini, loin de là. En effet, d’autres dossiers sont à l’ordre du jour. Comme le souligne ’Le Monde’ dans son édition de samedi, le gouvernement va rendre sous peu ses derniers arbitrages sur trois projets sensibles : la modification du statut d’EDF, la réorganisation de l’assurance-maladie et la refonte du droit du travail.

D’après "Le Monde", les projets sont prêts, ou au moins très avancés. Pour être lancés, ils attendent le 28 mars, date du deuxième tour des élections régionales et cantonales. Est-ce pour attendre les résultats de cette consultation ? Ou est-ce tout simplement parce que 22 ministres du gouvernement Raffarin sont engagés dans l’un ou l’autre de ces scrutins ?

Ou est-ce un peu des deux raisons ?

Toujours est-il que le Premier ministre ne compte pas s’arrêter dans son chantier de casse sociale. Et il veut faire vite. Très vite. Déjà pour la réforme de l’assurance maladie (voir par ailleurs). Mais aussi sur un autre dossier extrêmement sensible : celui de la refonte du droit du travail. Un premier aperçu a été donné par la loi sur la formation professionnelle et le dialogue social (non encore totalement voté, puisque le texte de la Commission mixte paritaire n’a pas été validé par l’Assemblée nationale).

Dans ce dossier de refonte du droit du travail, les 35 heures. Ce dispositif est fondamentalement remis en cause.

Mais ce sont surtout les 50 propositions du rapport Vierville : si ces préconisations venaient à être appliquées, cela signifierait purement et simplement un retour à un rapport d’exploitation digne du 19ème siècle. Toutes les avancées liées à cent ans de luttes sociales menées par les travailleurs seraient balayées d’un seul coup.

Et ce rapport Virville est hallucinant puisqu’il préconise, par exemple, le dessaisissement du Parlement de ses prérogatives législatives, la mise sous tutelle des juridictions du travail, une immunité patronale en cas de délit ou d’infraction, la subordination de la loi au contrat, la généralisation de la flexibilité et de la précarité des salariés.

D.B.


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Témoignages - 82e année


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