Luttes sociales

“Rann nout l’argent !”

Le COSPAR s’attaque aux banques

Témoignages.re / 13 mars 2009

Comme la veille à Saint-Pierre, les militants du COSPAR (collectif contre la vie chère) s’en sont pris aux établissements bancaires ce jeudi 12 mars 2009. Ils étaient une dizaine vers 9 heures à la banque l’Ecureuil de Saint-Denis. Pas d’opération coup de poing, mais « une opération de communication » : 500 tracts ont été distribués aux usagers et passants pour dénoncer les « abus bancaires ». Le collectif s’est ensuite dirigé vers la Banque de La Réunion rue Labourdonnais, promettant de « faire le tour des banques ».

« Nou lé pa plus, nou lé pas moins. Rann nout l’argent ! » (Nous ne valons pas moins que les autres ! Rendez-nous notre argent !), scande Henry Grondin dans un mégaphone, sous l’œil ébahi des passants. Nous sommes au rond-point du Jardin de l’Etat. Quelques membres du COSPAR ont pris une agence de l’Ecureuil d’assaut vers 9 heures. Au centre des colères, les frais bancaires jusqu’à 265% plus chers qu’en France, d’après le COSPAR.

Aux Antilles, un accord a été signé avec les banques pour une baisse de 5% des tarifs de trois produits de base. « Nous réclamons la mise en place d’une table ronde pour que les Réunionnais arrêtent de se faire arnaquer par les banques », déclare Dominique Mardaye. Le membre de l’association contre les abus bancaires, partie prenante du COSPAR, est remonté. « Je viens de vous montrer une dame retraitée qui doit payer pour retirer son argent. Ce n’est pas normal ! ».

Opération coup de poing ? Le COSPAR s’en défend et préfère parler « d’opération de communication ». Les émeutes du mardi 10 mars ont modifié le langage. « On informe et on gêne », annonçait Ivan Hoareau après la manifestation ce même jour. De la gêne, il y n’y a en pas eu tellement ce jeudi. Le collectif ne veut pas bloquer les clients en début de mois, période de versement des salaires et des pensions de retraite.

Au bout d’une demi-heure environ, les militants lèvent le camp, direction la BR. Ils promettent de faire ainsi le tour des banques. « Lé pa fini pou zot », annonce Henry Grondin.