Luttes sociales

Rassemblement de l’Intersyndicale pour le droit à une retraite décente pour tous

Journée de mobilisation devant le Port-Est

Manuel Marchal / 21 février 2020

Hier à l’initiative de l’Intersyndicale CGTR-FO-FSU-Solidaires-SAIPER, un rassemblement avait lieu devant les grilles du Port Est pour combattre le projet de réforme des retraites du gouvernement. Deux convois partis de Saint-Pierre et de Saint-Denis ont convergé vers la cité maritime pour apporter la solidarité aux dockers en grève et aux camarades de l’Ouest dans la lutte contre la régression sociale.

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Pour cette nouvelle mobilisation contre le projet de réforme des retraites du gouvernement, l’Intersyndicale de La Réunion avait choisi un nouveau mode d’action. Rendez-vous était donné devant les grilles du Port-Est dans la matinée, lieu de convergence de deux convois partis de Saint-Pierre à 8 heures et de Saint-Denis à 10 heures. Par ce geste, l’Intersyndicale a salué le combat des dockers qui avaient cessé hier le travail, le port était en grève.
Ce sont les camarades de Saint-Pierre qui ont été les premiers à apporter la solidarité aux camarades de l’Ouest. Le convoi parti du Nord mit beaucoup de temps à sortir de Saint-Denis. Rangés sur la file de droite de la route du littoral, les véhicules ont roulé à allure réduite jusqu’au lieu du rassemblement.

Un berceau des luttes

Malgré la chaleur très présente, nombreux sont celles et ceux qui ont répondu à l’appel de l’Intersyndicale. La Section communiste du Port était également là pour apporter la solidarité du PCR à la lutte des syndicats.
Les prises de parole ont commencé peu après l’arrivée du convoi venant de Saint-Denis. Des responsables de chaque organisation syndicale se sont alors exprimés après les interventions de Danio Ricquebourg, secrétaire général de la CGTR Ports et Docks, et de Sylviane Dijoux, secrétaire générale de l’Union régionale des syndicats Ouest CGTR. Les militants de ces deux syndicats étaient en effet les hôtes de la manifestation.
Danio Ricquebourg a rappelé que la ville du Port tenait une place particulière dans l’Histoire de La Réunion. C’est en effet là qu’est né le mouvement syndical dans notre île, a-t-il dit, ce que rien ne pourra jamais effacé, a-t-il ajouté en substance. Il a aussi fait le point sur les difficultés croissantes du gouvernement à vouloir imposer son texte. C’est en effet le MEDEF qui vient de dire qu’il n’est pas demandeur d’une telle « réforme ». Dans un court message, Sylviane Dijoux a souhaité la bienvenue aux manifestants.

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Détermination

Les prises de parole des dirigeants syndicaux ont souligné la détermination qui ne cesse d’augmenter. Ceci dément les vœux de partisans du gouvernement qui pensaient que le mouvement de protestation commencé depuis plusieurs mois s’éteindrait avec le passage à l’année 2020.
Rappelons que le système de retraite par point et de régime universel voulus par le gouvernement sont des moyens pour faire baisser le montant des pensions. Contrairement à ce que le gouvernement a voulu faire croire, le mouvement n’est pas celui d’une corporation qui défend des régimes dits spéciaux de retraite. C’est d’ailleurs le gouvernement qui crée de nouveaux régimes au fil de négociations avec des professions en espérant que ces concessions affaibliraient le mouvement.
Au moment où le texte commence à entrer en discussion au Parlement, rappelons que les conséquences déjà très graves en France seront amplifiées à La Réunion en raison d’un taux de chômage trois fois supérieur à celui de la France. Dans ces conditions, la prise en compte des périodes de chômage, et non plus seulement les 25 meilleures années, vont automatiquement augmenter le nombre de retraités pauvres. A cela s’ajoute le projet d’intégrer les fonctionnaires dans le pseudo régime universel. Ils perdront encore plus, car actuellement leur retraite est calculée selon les 6 derniers mois d’activité, là où le salaire est le plus élevé de la carrière.
Des concessions telles que l’application de la réforme à ceux nés après 1975 n’a pas entamé la dynamique du mouvement. A La Réunion encore plus qu’en France, la mobilisation la plus grande est nécessaire afin que chaque Réunionnais puisse bénéficier d’une retraite suffisante pour vivre décemment à La Réunion.

M.M.