Luttes sociales

Rassemblent contre l’austérité imposée à la jeunesse

L’Intersyndicale de l’Education manifeste devant le Rectorat

Manuel Marchal / 7 février 2018

Un rassemblement avait lieu hier devant le Rectorat à l’initiative de l’Intersyndicale FSU, SNESUP, CGTR-Education Section Université de La Réunion, UNL, UNEF Réunion, FNEC FPFO, SUD éducation, SAIPER, SOLIDAIRES. Outre les revendications portant sur les créations d’emploi pour lutter contre le manque d’effectif, les manifestants mobilisaient pour refuser les restrictions à l’accès à l’enseignement supérieur.

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A l’appel de l’Intersyndicale FSU, SNESUP, CGTR-Education Section Université de La Réunion, UNL, UNEF Réunion, FNEC FPFO, SUD éducation, SAIPER, SOLIDAIRES, un rassemblement avait lieu hier devant le Rectorat. Voici la liste des revendications portées par le mouvement :

« - La nécessité de travailler tout au long du parcours au lycée à une orientation choisie, construite, accompagnée et évolutive avec les moyens humains et financiers nécessaires ;

- Le maintien du baccalauréat comme diplôme national et 1er grade universitaire, garantissant l’accès de toutes et tous les bachelier.e.s sur tout le territoire aux filières post - bac et aux établissements de leur choix ;

- L’exigence d’ouverture massive de places supplémentaires en 1er cycle post-bac et le refus de toute sélection à l’entrée de l’université ;

- Le refus de l’instauration de blocs de compétences en lieu et place des diplômes et des qualifications ;

- L’abandon du projet de loi sur 1er cycle post-bac et du plan « étudiants » qui l’accompagne, condition pour permettre une réforme ambitieuse qui garantisse le libre accès de chacun.e au supérieur. »

31 ans après la « loi Devaquet »

Une centaine de personnes avait répondu à l’appel. Le gouvernement compte changer le mode d’inscription à l’Université. Pour les syndicats, le projet vise à instaurer une sélection pour accéder à l’enseignement supérieur. Or, le baccalauréat est le premier grade universitaire. Cela signifie qu’un bachelier a donc le droit d’aller à l’Université, puisqu’il est titulaire d’un grade au sein de cette institution. En agissant de la sorte, le gouvernement tente de faire passer un projet, la « loi Devaquet » qui avait été repoussé en 1986 à la suite de la mobilisation des jeunes. Ce mouvement avait été durement réprimé. Malik Oussekine avait été tabassé à mort par des voltigeurs motocyclistes, une unité de répression dissoute à la suite de ce drame. 31 ans plus tard, c’est un gouvernement s’affichant d’une autre tendance politique qui remet sur la table ce projet.

L’Université est un droit

Une autre voie est possible. En effet, la croissance des effectifs dans l’enseignement supérieur est le résultat d’une politique visant à augmenter le nombre de bacheliers. Elle remonte à l’époque de François Mitterrand, quand Lionel Jospin était ministre de l’Education nationale. Il s’agissait de créer les conditions pour que 80 % d’une classe d’âge atteigne le niveau du bac. Les gouvernements qui se sont succédé depuis n’ont pas mis les moyens suffisants pour que l’enseignement supérieur soit en capacité d’accueillir dans de bonnes conditions tous les titulaires du premier grade universitaire. C’est donc une toute autre politique qui est nécessaire.

En effet, au lieu de faire subir l’austérité à la jeunesse, le gouvernement doit agir pour que l’accès à l’Université soit possible pour tous les bacheliers qui le souhaitent. Cela suppose une croissance des effectifs, la construction de locaux d’enseignement, de recherche et de logements universitaires afin que l’important taux d’échec dans les premières années du supérieur diminue. Car en instaurant la sélection à l’Université, le gouvernement favorise l’émergence d’un système où les plus riches pourront se payer une Université privée où l’argent ouvrira les portes, tandis que pour l’écrasante majorité des bacheliers, les places ne seront pas suffisantes dans l’Université publique.

M.M.