Luttes sociales

Remplaçants dans l’Education nationale : lettre au ministre

L’intersyndicale FO, SAIPER, SNUIPP, CFTC, SE-UNSA, SNE, CGTR Educ’Action écrit à Jean-Michel Blanquer

Courrier des lecteurs de Témoignages / 4 décembre 2017

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Monsieur le ministre de l’Education nationale,

L’intersyndicale du 1er degré (FO, SAIPER, SNUIPP, CFTC, SE-UNSA, SNE, CGTR Educ’Action) s’adresse à vous afin que vous ayez tous les éléments concernant la décision que veut prendre le recteur de La Réunion au sujet des remplaçants pour la rentrée prochaine. Une décision prise de façon unilatérale sans tenir compte des arguments et des demandes des partenaires sociaux que nous sommes.

Comme vous le savez, La Réunion est une académie monodépartementale. Ses spécificités sont à prendre en compte et une analyse fine de la situation est nécessaire avant de prendre une décision hâtive qui irait à l’encontre des objectifs annoncés.

Dans les années 80, il n’y avait pas de distinction entre les remplaçants et les collègues n’étaient pas volontaires pour ce type de poste très contraignant. Pour pallier ce désintérèt, les recteurs successifs en collaboration avec les partenaires sociaux ont amené des changements à ce dispositif au fil des années. Cela a conduit in fine à la structuration actuelle du corps des remplaçants et de leurs missions : Zone d’intervention localisée (ZIL), Brigade départementale (BD), Brigade de formation continue (BDFC). Grâce à ce travail, aujourd’hui chaque circonscription peut gérer au mieux et au plus près du terrain les remplacements : des IENS et secrétaires de circonscription ont apporté leurs témoignages en ce sens lors d’un groupe de travail académique.

Depuis cette rentrée scolaire, notre département est déficitaire en enseignants, des remplaçants ont donc été mis sur ces postes d’adjoints restés vacants. Sur les 644 titulaires-remplaçants, 35 d’entre eux sont en affectation à l’année.

D’après les représentants directs du recteur, la formation continue qui est une priorité nationale ne peut être assurée cette année du fait qu’au moins 30 BFDC ont été réquisitionnés pour exercer des missions de ZIL. Il est à noter que 90 % des remplacements à effectuer dans notre académie sont des remplacements de courte durée sont couverts par ces derniers. Les sources ARIA et AGAPE montrent l’insuffisance de cette catégorie de remplaçants (le potentiel ZIL ne dépasse pas 4,15 %).

Tous les jours, des classes restent sans remplaçants et ces élèves viennent alourdir les effectifs des autres classes. Il s’agit donc bien d’un manque de postes et d’enseignants dans notre Académie.

Passer de 22 circonscriptions à 4 ou 5 zones d’interventions et fusionner tous les remplaçants, c’est ne pas tenir compte de la réalité du terrain (la géographie de l’île, du temps nécessaire pour joindre certaines écoles dans les hauts, des embouteillages, de la météo), ne pas tenir compte des professionnels qui exercent ces missions depuis des années, et ne pas tenir compte du travail effectuer pendant ces trente dernières années par les acteurs concernés de notre académie. Et de plus, cela ne réglera pas la pénurie de postes, d’enseignants dont de remplaçants dans notre île.

« Les syndicats du premier degré sont unanimes à dénoncer le simulacre de dialogue social et le mépris dont fait preuve l’administration à l’égard des représentants du personnel. Tous les subterfuges ont été utilisés par les représentants de l’Académie pour éviter tout débat contradictoire sur leurs projets en cours. Ainsi des éléments chiffrés présentés par l’administration pour argumenter leurs projets nous ont été remis plusieurs jours après un CTA et un groupe de travail sur le sujet du nouveau dispositif de remplacement.

Nous affirmons qu’une étude précise vous permettrait de comprendre aisément que ce dispositif n’améliorera en rien le remplacement mais va au contraire le dégrader et ceci au détriment des élèves réunionnais.

Voilà pourquoi, Monsieur le Ministre, nous comptons sur votre intervention afin que le décret du 9 mai 2017, signé par le gouvernement précédent, ne soit pas appliqué dans notre département. En conséquence, nous nous prononçons pour le maintien de l’organisation actuelle du remplacement pour laquelle vos services académiques n’ont jamais réussi à démontrer de manière objective la défaillance »

Pour l’Intersyndicale : Katell Louarn