Luttes sociales

« Résistance à la politique de régression du gouvernement Macron » !

À l’appel de l’intersyndicale : manifestations unitaires hier à Saint-Denis et à Saint-Pierre

Marlène Sitouze / 10 octobre 2018

Hier, à l’appel de l’Intersyndicale CGTR-CFDT-CFTC-FO-UNSA-FSU-Solidaires-UNEF, des milliers de personnes ont participé à la journée de grève et d’action organisée à Saint-Denis et à Saint-Pierre. Au cœur de cette journée de lutte unitaire, travailleurs en activité et au chômage, des secteurs public et privé, étudiants, retraités ont crié en chœur leur « refus de la politique ultra-libérale et de régression sociale du président Macron et de son gouvernement », leur exigence de l’ouverture « d’un vrai dialogue social » pour « la mise en place d’une vraie politique de développement pour La Réunion ». A l’unisson de l’Intersyndicale, la rue a prévenu que la journée d’hier ne constituait qu’une étape dans une mobilisation appelée à s’amplifier :

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« Ce gouvernement s’est engagé dans une attaque inouïe de notre modèle social en poursuivant sa politique de démolition des acquis dans tous les domaines : retraites, jeunesse, emploi, logement, impôts, santé, pouvoir d’achat… Nous n’avons, donc, pas d’autre choix que d’accentuer la mobilisation pour résister et lutter, tous ensemble ! »
C’est, en ces termes, que Jacques Bhugon, le représentant de la CGTR a ouvert son allocution hier, dans les jardins de la Préfecture, point de chute d’un rassemblement et d’un défilé débuté au petit marché, haut lieu de rassemblement des luttes d’antan, dénommé alors, « Cour Basile ».

Une journée de lutte placée sous le signe de l’unité syndicale avec des salariés issus en effet des différentes organisations représentées dans une Intersyndicale fondée sur un leit-motiv : « le refus de la politique de régression sociale menée par Macron, Philippe et le gouvernement au détriment de l’immense majorité des personnes les plus vulnérables simplement pour satisfaire les intérêts d’une minorité », selon les termes du représentant de la CFDT. Un rejet populaire des mesures gouvernementales confirmé, par les slogans portés et scandés haut et fort par les participants . Une quasi unanimité populaire anti-gouvernementale soutenue et appuyée par les « morceaux » extraits du répertoire de la chanson locale, dont l’incontournable et plus que jamais d’actualité chant du groupe Na Essayé qui, à lui seul résumait le sentiment d’exaspération de la rue et dont les paroles chocs ont été reprises en chœur par les participants qui défilaient à proximité du camion sono « Soit disant, une Justice pour tous ! » « Dialog ! Dialog ! Arèt èk zot lipokrizi ».

Dès neuf heures, les participants sont arrivés au lieu du rendez-vous : salariés du public et du privé, jeunes en activité, étudiants et/ou au chômage, retraités se sont retrouvés soudés au sein d’un cortège, estimé selon les organisateurs à 2.500 personnes, qui a commencé à s’ébranler, une heure après. Un défilé ouvert par l’UNEF, suivie de la CFDT, CFTC, CGTR, FO, FSU, SOLIDAIRES, UNSA, SAIPER et refermé par LFI. Direction : la rue du Maréchal Leclerc, puis rue de Paris et, enfin place de la Préfecture. Un itinéraire ponctué de slogans, de chants et de prises de paroles spontanées de manifestants pour réaffirmer leur rejet de la politique gouvernementale menée et des mesures à venir mais également de leur détermination à poursuivre la lutte : « T’écraser ou lutter ? » « Donn kréol travay » ! « Sans vous, rien ne sera fait » ! « Pas d’autre choix que la lutte » , « Macron : Régression » ! sont quelques uns des slogans qui émergeaient du cortège.

« Gramoun lontan té di : kan zot na in nafèr su lo kèr, fo pa gardé, fo dévidé. Alor, konm mi nana in nafèr su lo kèr, konm zot tout mi lé sir, ben, ma di inn ti mot. Nou nana in président lé pa là di tou èk lé p’tit. Dopi li la arivé, li la zamé rien fé pou lé plis pov, lé plis vulnérab, lé jeunes, les retraités. O kontrèr. Or, kosa do moun la bezoin pou bien viv ? Sé kwa lo gran sousi zordi ? Ben sé larzan ! Bann pov lé plis an plis pov, travayèr i apovri a zot osi, lo président i okip rienk lo bann riches, sa situation i peu plus duré. I fo li antann nout voi », a déclaré , a déclaré, Daniel Nododus de la CGTR Auto-Moto avant de s’adresser directement au président : « Nou vé pa out politik diskriminatoir. Nou vé in vré politik dévlopman pou nout péi, nout jeunesse » et de lui lancer cet avertissement : « Anasnm nou va tienbo. Ansanm, nou larg pa é nou va kontinué lité ziska ou fini par antann a nou ».
Un avertissement qui allait être repris en chœur par les membres de l’Intersyndicale, à l’unisson de Jacques Bhugon de la CGTR, qui se sont succédé au micro, devant la Préfecture. « Résistance » ! a scandé le représentant de la CFTC qui a crié haut et fort le refus populaire des « mesures d’austérité » préconisées par le gouvernement : « Nou lé la zordi, kosté ansanm. E domin, kosté ansanm, nou va kontinué lo komba » a-t-il prévenu. Des propos appuyés par les différents orateurs qui allaient lui succéder : CFDT, FO, UNSA, SOLIDAIRES , représentants de l’Intersyndicale mais également des autres organisations présentes telles que le SAIPER et la France Insoumise à travers leurs banderoles et slogans.
Hier, à Saint-Denis et à Saint-Pierre, la rue a crié haut et fort « son rejet de la politique ultra libérale de Macron, Philippe et de leur gouvernement » et sa détermination à « lutter pour obtenir un vrai dialogue social pour développer notre pays, tous ensemble ».

Une mobilisation qui sera amenée à s’amplifier encore. Dans le journal télévisé d’hier soir de Réunion Première, Max Banon (CGTR Sud) a en effet indiqué que des rencontres ont eu lieu avec des associations et partis politiques afin de donner une suite encore plus large au mouvement intersyndical.

M.S.