Luttes sociales

Retraites : confirmation de la catastrophe à venir à La Réunion

Un projet de loi sans pitié pour la majorité des Réunionnais

Témoignages.re / 22 janvier 2020

Dans un article publié hier, l’Express analyse l’article 42 du projet de loi du gouvernement sur les retraites. Cette partie traite des « interruptions de carrière ». C’est la confirmation que les travailleurs ayant subi des périodes de chômage n’ont guère de chance de bénéficier d’une retraite décente et devront donc se tourner vers des systèmes individuels de capitalisation pour espérer vivre dignement, à condition d’avoir un salaire suffisant pour cela. L’application est prévue dans 5 ans, voici les détails de ces mesures catastrophiques pour La Réunion, un pays où le taux de chômage est proche de 30 %, dépasse 50 % chez les jeunes sortis de l’école et où le coût de la vie est nettement supérieur à celui de la France alors que le SMIC est le même, ce qui rend illusoire l’accès à la capitalisation.

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Les chômeurs indemnisés

Aujourd’hui. Le système de retraite est très bienveillant avec ceux qui touchent l’allocation de retour à l’emploi (ARE). Ces derniers valident en effet des trimestres pour la retraite de base, à raison d’un trimestre pour 50 jours indemnisés (dans la limite de quatre trimestres par an). Comme l’assurance vieillesse ne tient compte que des 25 meilleures années, les mois passés au chômage n’ont que peu d’incidence sur le montant de leur future pension. 
Par ailleurs, ces mêmes demandeurs d’emploi continuent à acquérir des points Agirc-Arcco pour leur retraite complémentaire. Des points qui sont calculés sur leur ancien salaire, pas sur leur allocation-chômage. 

Demain. Le régime universel tiendra compte de l’ensemble de la carrière. Il n’y aura donc plus moyen de neutraliser les mauvaises années comme le permet aujourd’hui l’assurance vieillesse (avec la règle des 25 meilleures années). Par ailleurs, les chômeurs acquerront des droits basés sur le montant de leur allocation de retour à l’emploi, pas sur leur rémunération antérieure. Ce qui sera beaucoup moins favorable, puisque l’ARE ne représente qu’entre 57% et 75% de ce salaire antérieur. 
Pire encore, ce salaire de référence sera appelé à baisser, parfois drastiquement. A partir du 1er avril prochain, Pôle emploi prendra en effet en compte les périodes non travaillées au cours des deux dernières années pour calculer le salaire de référence des demandeurs d’emploi. De quoi diminuer encore les points acquis pour la retraite. 

Les chômeurs en fin de droit

Aujourd’hui. Les demandeurs d’emploi qui, ayant épuisé leurs droits à l’ARE, touchent l’allocation de solidarité spécifique, peuvent encore valider des trimestres pour la retraite de base. En temps "normal", ils peuvent ainsi en valider quatre. Les chômeurs seniors de plus de 55 ans, qui ont cotisé à la retraite pendant plus de 20 ans, peuvent, eux, en valider jusqu’à 20. Par ailleurs, les titulaires de l’ASS bénéficient de points "gratuits" pour leur retraite complémentaire. Ces points sont calculés sur une part minorée de leur ancien salaire, pas sur le montant de leur allocation de solidarité. 

Demain. Toutes les années comptant pour la retraite dans le futur système à points, il sera impossible de faire disparaître, au moins pour la retraite de base de l’assurance vieillesse, les mauvaises passes en ne gardant que les 25 meilleures années. Les bénéficiaires de l’ASS acquerront, certes, des points retraite. Mais ceux-ci seront calculés sur la base de leur allocation. Vu le montant de cette dernière (16,74 euros par jour, soit 502,20 euros pour un mois de 30 jours), très peu de droits à pension seront générés pour leurs vieux jours.

Les chômeurs non indemnisés 

Aujourd’hui. Ceux qui n’ont jamais travaillé n’ont droit à rien pour leur retraite. Mais tous ceux qui ont déjà cotisé au régime général ou à la sécurité sociale des indépendants bénéficient d’un filet de sécurité. Un petit job d’été suffit ! Ce filet concerne uniquement la retraite de base : ils n’acquièrent aucun point pour leur retraite complémentaire. 
Au titre de la première période de chômage non indemnisé (qui ne fait pas suite à une période de chômage indemnisé), on peut ainsi valider jusqu’à six trimestres pour la retraite de base. Par ailleurs, on peut aussi valider des trimestres pour les périodes de chômage non indemnisé qui succèdent immédiatement à des périodes de chômage indemnisé. On peut ainsi valider jusqu’à quatre trimestres (et même 20 trimestres si on a plus de 55 ans et qu’on a cotisé à la retraite pendant au moins 20 ans). 

Demain. Les chômeurs non indemnisés n’acquerront aucun point pour leur future pension de retraite. Ils seront finalement considérés comme des inactifs, qui ne travaillent pas ni ne cherchent du travail. Mais on peut imaginer qu’ils créditeront des points retraite sur la base du revenu universel d’activité (RUA), si celui-ci voit le jour. Les "travaux en cours" sur ce revenu sont en effet mentionnés dans l’article 42 du projet de loi. 

Les chômeurs proches de la retraite

Aujourd’hui. Les demandeurs d’emploi indemnisés qui atteignent l’âge légal de départ à la retraite (62 ans) ne sont pas obligés de liquider leur pension. Ils peuvent continuer à toucher l’allocation de retour à l’emploi jusqu’à obtenir le nombre de trimestres requis pour le taux plein. Mais sous certaines conditions, notamment d’être indemnisé depuis au moins un an. 
Dès qu’ils atteignent le taux plein, ils ne sont plus couverts par l’assurance chômage, ce qui les oblige à liquider leur pension. Avec, comme conséquence, l’application d’une décote de 10% sur leur retraite complémentaire Agirc-Arrco. Mais ce malus est temporaire, limité à trois ans. Et il ne s’applique pas, ou à moitié, aux allocataires de l’ASS et à ceux qui touchent une petite pension. 

Demain. Les règles ne sont pas encore très claires, compte tenu des incertitudes qui pèsent encore sur le mécanisme de l’âge pivot ou d’équilibre (qui se substituera au taux plein actuel). Imaginons que celui-ci soit fixé à 64 ans. Tout chômeur arrivant en fin de droits entre 62 ans (âge légal maintenu) et 64 ans se retrouvera alors sans ressources, et donc obligé de prendre sa retraite. Mais comme il n’aura pas atteint l’âge d’équilibre, il se verra appliquer un malus sur sa pension qui peut atteindre jusqu’à 10%. Un malus définitif, qui viendra amputer ses revenus pour toute la durée de ses vieux jours. Un système injuste pour les demandeurs d’emploi seniors car ceux-ci ne peuvent pas, comme les salariés en poste, décider de prolonger leur vie active d’un an ou deux pour échapper à la décote. 



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  • l’application d’un malus est acceptable pour une assurance automobile Elle permet de sanctionner les mauvais conducteurs mais elle est difficilement acceptable pour le calcul des retraites Chacun devrait avoir une retraite correspondant à la moyenne des salaires qu’il a perçus dans la limite d’un certain plafond de rémunération à prendre en compte , et lorsque la moyenne est inférieure à 85% du SMIC lorsque arrive l’age obligatoire de prendre sa retraite, celle ci devrait être complétée par une aide sociale jusqu’à concurrence de 85% du SMIC

    On devrait donc fixer un âge minimal pour avoir droit de partir à la retraite et un âge maximal pour être obligé de partir à la retraite et ceux qui ne peuvent bénéficier d’une retraite égale au moins à 85% du SMIC lorsqu’ils atteignent l’âge minimal devront continuer de travailler jusqu’à ce qu’ils puissent bénéficier d’une retraite au moins égale à 85% du SMIC ou jusqu’à l’âge maximal s’ils le souhaitent en bénéficiant d ’un coefficient de majoration de leur pension de retraite de 2% par année supplémentaire . S’ils veulent partir ils pourront partir mais en étant pris en charge par l’aie sociale . Tandis que ceux qui peuvent obtenir une pension égale ou supérieure à 85 % du SMIC lorsqu’ils atteignent l’âge minimal pour partir à la retraite mais qui veulent continuer de travailler devraient pouvoir le faire jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge obligatoire pour la retraite mais en bénéficiant d’un bonus de 2% par an

    Dans cette conception de la retraite il n’y a pas de malus mais une retraite minimale au moins égale à 85% du SMIC ou complétée jusqu’à concurrence de 85% du SMIC lorsque la moyenne des salaires perçus pendant la période d’activité est inférieure au SMIC lorsque les travailleurs arrivent à l’âge minimal ou maximal pour partir à la retraite, et ceux qui peuvent partir à la retraite mais qui veulent continuer de travailler ont droit à un Bonus de 2% de plus par année de travail supplémentaire et si ce dispositif ne suffit pas pour équilibrer le régime de retraite , on pourrait instituer un taux de cotisation pour la retraite variable selon l’âge et la composition familiale des travailleur . Les jeunes et les personnes qui n’auraient plus d’enfants à charge devraient payer un taux de cotisation plus élevé . Cette mesure serait presque insensible pour les travailleurs mais aurait pour conséquence d’augmenter sensiblement les ressources de la caisse générale de retraite et bien sûr d’influer sensiblement sur l’évolution de la population et à terme sur le nombre d’actifs car elle inciterait à faire des enfants .

    Pour équilibrer le régime de retraite on peut bien entendu augmenter la durée des cotisation en incitant les travailleurs à travailler plus longtemps pour gagner plus à la retraite mais on peut aussi augmenter le taux des cotisations pour la retraite en distinguant ceux qui participent au renouvellement de la population en faisant des enfants et ceux qui préfèrent ne pas avoir d’enfants pour leur confort personnel . Le gouvernement a intégré cette donnée en prenant en accordant une majoration de la retraite pour chaque enfant mais on peut aussi mettre en place un taux de cotisation variable selon la situation familiale de chacun .
    Maillot Joseph Luçay : ces idées n’engagent que moi bien entendu mais il est possible de vérifier si elles sont bonnes ou pas en faisant des simulations informatiques . Ce que je ne suis pas en mesure e faire hélas

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  • En résumé, pour ceux, celles qui sont contre ces réformes, qu’ils aillent voter, c’est tout, car c’est facile de râler, d’être individualiste, égoiste ou fataliste, résigné puis ensuite, se plaindre. Nous avons la chance de pouvoir donner notre avis lors des élections, d’aller à la rencontre des candiats qui comptent sur nous. Osons leur demander des précisions sur leurs programmes-promesses. C’est sur qu’ils ne sont pas habitués à rencontrer des électeurs informer, critiques, beaucoup moins passifs, réservés qu’avant. Nous sommes majeurs, responsables et conscient des problèmes qui s’annoncent, aussi bien pour nous que les futures générations, la Réunion de demain, c’est en partie nous aujourd’hui. 2020 sera marquée par des élections, municipales, régionales en 2021 et présidentielle en 2022. Déjà. Il faudra étudier les chiffres ceux des sondages puis ceux des résultats, pour ensuite les comparer puis tirer des conclusions. Comme à chaque fois, il y aura des déçus et des vainqueurs, des retournements de veste aussi, c’est sur, puis des non-dits ici et là.
    Encourageons les beaux projets qui aideront les citoyens à mieux vivre, en harmonie, à respester la planète, à commencer par l’île, l’océan indien, qui comme les autres sont bien abimés. Le capitalisme n’a pas que de bon côté et n’est sans doute pas la panacée. Il y a quelque chose de mieux à proposer, car on voit les conséquences de cette "croissance à tout va". Le vivre ensemble, le destin commun, c’est ça qui compte, l’humilité est hélas bien peu présente dans notre société trop basée sur la consommation sans se poser des questions pourtant importantes, graves, Ah oui, c’est grave ce qui se passe, se prépare, boulversement climatique, saccage des richesses, Gréta Thunberg a bien raison de manifester sa crainte de l’avenir. Action, réaction, analyse, constat et décision, ambitieux mais oh combien nécessaire, pour pas dire vital, tout simplement, Arthur. Bonne année quand même avec j’espère un bon moral, et moins de fumée, ça urge, ça surchauffe, Atchoummmm ! ! !

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  • Cependant si la moyenne des retraites versées aux 16 millions de retraités de notre pays s’élevait à 1400 euros par mois ; il faudrait que les 28 millions d’actifs que nous avons actuellement perçoivent une rémunération brute mensuelle de 4000 euros sur laquelle ils devraient payer une cotisation de retraite égale au moins à 20% soit 800 euros par mois pour que le budget de la caisse de retraite soit équilibré : les cotisations de retraite des 28 millions d’actifs fourniraient au moins 268 milliards d’euros et les retraites versées aux 16 millions de retraités s’élèveraient également à 268 milliards .
    Mais pour conserver cet équilibre il faut diminuer le nombre de retraités en incitant les gens à travailler plus longtemps et augmenter le nombre d’actifs en réduisant le nombre de chômeurs par des mesures d’incitation à l’embauche qui ne passent pas forcément par le départ à la retraite des plus âgés et l’exonération des cotisations sociales mais préférablement par des exonérations fiscales et des baisses des taux d’intérêt bancaires ou encore des garanties de l’Etat pour la prise de certains risques .

    les personnes les plus touchées par le nouveau régimes seront bien entendu les fonctionnaires qui ne payent que 11% e cotisation de retraite et dont les pensions de retraite sont calculées sur les 6 derniers mois de salaires et qui ont des aménagements spéciaux en fonction des spécificités de leur fonctions . C’est donc normal qu’ils soient les plus nombreux à manifester contre la réforme .. Mais la réforme est nécessaire et il faut qu’ils l’acceptent ; et au lieu de manifester contre une réforme des retraites qui les pénaliserait mais avantagerait tout le monde , ils devraient demander au gouvernement de leur proposer parallèlement à la réforme des retraites une réforme globale du statut des fonctionnaires de manière à instituer une certaine cohérence pour l’ensemble des actifs.
    Il y a des dispositions du statut de la fonction publique qu’il faut corriger pour établir une certaine égalité de tout les citoyens devant le travail et devant la retraite . Il semblerait que le gouvernement se serait engagé ans cette démarche de réformer la fonction publique mais il faudrait qu’elle soit plus lisible pour qu’il puisse faire passer son projet de régime de retraite universel sans passer par la révolte des fonctionnaires . L’universalité du régime de retraite oblige à revoir globalement le statut de la fonction publique ,notamment les conditions de recrutement,de formation , d’avancement ,de rémunération et des prélèvements sociaux pour la sécurité la maladie et la retraite ....
    C’est peut être le moment d’engager cette réforme de la fonction publique si on veut faire passer absolument la réforme des retraites

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