Luttes sociales

Retraites : la mobilisation continue

Nouvelle journée d’actions

Manuel Marchal / 10 janvier 2020

Plusieurs actions se sont déroulées hier à La Réunion dans le cadre d’un vaste mouvement général contre le projet du gouvernement visant à remettre définitivement en cause le droit à une retraite digne pour tous. L’Intersyndicale de La Réunion a également annoncé le lancement d’une caisse de grève à destination des cheminots de la SNCF qui ont cessé le travail depuis plus d’un mois.

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Malgré les vacances dans l’Education nationale et le BTP notamment, plusieurs actions avaient lieu hier à La Réunion pour défendre le droit à une retraite digne, contre le projet du gouvernement.
Le port était fermé, tandis que plusieurs appels à la grève étaient lancé dans les Finances publiques, les Douanes et la préfecture.
Deux rassemblements étaient également organisés à l’appel de l’Intersyndicale : devant la mairie de Saint-Pierre et la sous-préfecture de Saint-Benoît.
L’Intersyndicale a également tenu une conférence de presse. Elle a annoncé le lancement d’une caisse de solidarité avec les cheminots en France. Cela faisait hier plus d’un mois jours que ces travailleurs sont en grève ininterrompue, ce qui signifie d’importantes pertes de salaire.
La mobilisation reste donc toujours d’actualité eu égard à l’intransigeance du gouvernement. Ce dernier refuse en effet de retirer son projet. Cette attitude a eu pour conséquence d’élargir le rassemblement pour le droit à une retraite digne, avec notamment la participation de la CFDT et de l’UNSA aux défilés. Ces deux syndicats remettent en cause une partie du projet du gouvernement.
Hier en France, de nombreuses manifestations ont rappelé que la mobilisation ne faiblit pas.

Fin de vie dans la précarité

Il est à noter que les conséquences du projet du gouvernement seraient d’une plus grande ampleur à La Réunion compte tenu du fort taux de chômage et du poids de la fonction publique dans les emplois permanents.
Près de 30 % des travailleurs sont au chômage. Ceci est la raison principale d’un taux de pauvreté hors norme pour un département français, plus de 40 % de la population. C’est la moitié des travailleurs qui sont condamnés à enchaîner de longues périodes de chômage entrecoupées d’un emploi précaire. Avec le système actuel, il est déjà extrêmement difficile d’espérer avoir une retraite suffisante pour vivre. Le projet du gouvernement étendrait cette précarité, car ce serait l’ensemble de la carrière qui serait prise en compte en non plus les 25 meilleures années.
L’alignement du régime de la fonction publique sur celui du privé aurait pour effet une baisse drastique des pensions versées. En effet, au lieu de la prise en compte des 6 derniers mois d’activité, ce serait la totalité de la carrière, d’où une baisse mécanique du montant des pensions. Cette diminution pourrait être encore plus importante à La Réunion, en raison d’une mesure faisant que trois années de cotisation valent quatre années dans le régime actuel. Avec un « régime universel » disparaîtrait cette spécificité.

Bataille décisive

Une nouvelle journée d’action est annoncée pour demain en France par l’Intersyndicale. L’enjeu est clair. Il s’agit de maintenir un système de retraite basé sur la solidarité et de l’améliorer en cherchant de nouvelles recettes. Le choix du gouvernement est d’amener les salariés à se tourner vers des assureurs privés pour essayer d’augmenter une retraite du régime général qui sera insuffisante. Ces services de sociétés privés ne seront accessibles bien sûr qu’à ceux qui ont les moyens de payer. Autrement dit, le projet du gouvernement veut accentuer les inégalités entre les anciens salariés. Puisqu’il n’existe aucun moyen à La Réunion d’adapter ce genre de texte, le combat est d’autant plus important.

M.M.



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  • Ce serait bien si le projet de loi sur la réforme des retraites était publié et porté à la connaissance de tout le monde . Il semblerait qu’un texte a été envoyé au conseil d’Etat pour avis mais seules quelques personnes connaissent son contenu ; si bien que ceux qui font la grève actuellement ne savent même pas pourquoi ils cessent leur travail et vont manifester.

    Le gouvernement se garde la possibilité de modifier ses propositions suivant l’évolution de la pression syndicale ou des manifestations dans les rues . Si celles ci faiblissent il durcira ses positions et si celles ci perdurent et se renforcent il assouplira sa position Mais aujourd’hui quelle est réellement cette position qui peut varier dans un sens ou dans un autre. Il n’y a pas beaucoup de monde qui le savent vraiment à part le gouvernement lui même et le conseil d’Etat qui a semble t’il été consulté .

    Il serait peut être temps de diffuser officiellement au grand public le texte du projet de réforme pour que chacun sache réellement ce qu’il approuve et ce qu’il désapprouve .Tout n’est pas forcément mauvais dans ce projet de loi et il ne manque peut être pas grand chose pour qu’il soit accepté par tout le monde .Si certains perdent sur certains aspects ils gagnent peut être sur d’autres aspects et la réforme pourrait être globalement acceptée et votée puis promulguée rapidement .

    Il ne faut pas oublier que les grèves ont un coût social et économique et que cela commence à faire beaucoup si on prend en considération le bilan de l’action des gilets jaunes depuis plus d’un an . Après tout , si le gouvernement veut absolument faire passer son projet de loi de réforme sur la retraite , il a le moyen de le faire sans passer par une grève qui n’en finit pas et appauvrit un peu plus le pays : c’est de faire adopter sa réforme par voie de référendum .

    A mon avis pour qu’il n’y ait pas de contestation par la suite et éviter de nouvelles grèves visant à faire annuler la loi ou la faire modifier après sa promulgation il vaudrait mieux que malgré un accord avec les organisations syndicales le président de la république décide de la faire approuver par référendum en mettant en jeu sa responsabilité politique même si dans notre constitution c’est le gouvernement qui est responsable politiquement devant les parlementaires et non le président de la république qui est surtout le garant du bon fonctionnement de nos institutions.

    Le général De Gaulle a démissionné en 1969 lorsque son référendum sur la réforme régionale et sur la réforme du sénat a été rejeté . Monsieur Macron pourrait en faire autant pour la réforme des retraites, et quelque soit le résultat du référendum celui ci mettrait fin à la chienlit dans laquelle le pays est en train de s’enfoncer lentement depuis plusieurs mois . Et bien entendu si ce référendum est approuvé notre président de la république pourra en tirer profit pour renforcer son parti politique et pour s’assurer sa victoire aux prochaines élections présidentielles . s’il n’y a pas d’autres problèmes majeurs qui viennent lui barrer la route d’ici l’ouverture de la campagne électorale des présidentielles .

    Mais s’il préfère se cantonner dans son rôle de gardien des institutions et laisser aux parlementaires assumer leur responsabilité il n’y a rien dire car c’est tout fait son droit. Mais dans ce cas il faudrait que nos parlementaires puissent faire leur travail assez rapidement et Il est peut être temps d’inscrire ce projet de loi sur la retraite à l’ordre du jour de l’assemblée nationale et du sénat et que nos parlementaires fassent ce pourquoi ils ont été élus : voter nos lois dans le calme et la sérénité sans subir la pression de la rue . Si le texte est adopté avec une très large majorité il n’y aura plus de raison que les français retournent dans les rues pour manifester .

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  • Au lieu de fixer un âge minimum pour pouvoir avoir droit à une retraite pleine on pourrait d’une part instituer une durée minimale de travail pour avoir droit à une retraite minimale et d’autre part fixer un âge maximal pour être obligé de partir à la retraite et fixer des règles de calcul pour déterminer le montant des retraites qui seront payées lors du départ à la retraite et chacun prendrait sa retraite quand il veut entre l’âge minimum et l’age maximum en fonction du montant de la pension qui pourrait lui être versée et de ses contraintes personnelles de vie compte tenu de sa santé ou d’autres facteurs

    Le montant des retraites pourraient être déterminé en fonction du nombre de points de retraite attribués chaque année à chacun en fonction du temps de travail effectué . Chaque jour travaillé donnerait droit à un point et la valeur du point de retraite serait calculée en fonction de la moyenne des salaires versés pendant la carrière de chacun depuis le jour où il a commencé à travailler jusqu’au jour où il prend sa retraite .

    Les situations particulières de chacun qui pourraient le favoriser ou le pénaliser seraient prises en compte par l’application d’un coefficient de majoration ou de minoration pour les temps de travail concernés. ces situations sont bien entendu déterminées en fonction u nombre d’enfants élevés et de la pénibilité des travaux effectués,de la urée quotidienne du travail .... Les temps de maladie ou de chômage pourraient être partiellement ou totalement comptabilisés comme temps de travail sans application des coefficients de majoration ou de minoration dans la limite d’une certaine durée de chômage ou de maladie et des règles spécifiques applicables au temps de chômage et et de maladie .

    L’age minimum de départ à la retraite pourrait être fixé à 60 ans et la durée minimale de travail pour avoir le droit de prendre sa retraite pourrait être de 40 ans dans lesquels 5 ans de temps passé à faire des études supérieures avant l’âge de 25 ans seraient considérés comme temps de travail payé au SMIG applicable pendant la période concernée.

    Ceux qui continuent de travailler après l’âge de 60 ans pourraient bénéficier d’un coefficient de majoration de leur retraite pour chaque année travaillée après l’âge de 60 ans jusqu’à l’âge de 70 ans sans que cette majoration ne puisse leur permettre d’avoir une retraite supérieure à leur dernier salaire . Le temps passé à temps plein sur des mandats politiques devront être considérés comme des temps de travail et bénéficier du même régime de retraite applicable à tout le monde. Il sera possible de cumuler des temps de travail ordinaires et des temps de mandat politique sans que ce temps de travail cumulé ne soit supérieur à 50% du temps maximum de travail légal par semaine .

    Pour tenir compte de l’augmentation de l’espérance de vie l’âge minimal et l’âge maximal de départ à la retraite pourraient être augmentés d’une année pour chaque période d’augmentation de l’espérance de vie au moins égale à un an et demi . Les règles de calcul de l’augmentation de l’espérance de vie devront être précisées dans la loi

    Bien entendu ce régime général de retraite applicable à tout le monde ne devrait pas empêcher les travailleurs qui le souhaitent de cotiser personnellement à des fonds de pensions ou assurances retraite qui leur verseront une retraite complémentaire ou un capital lorsqu’ils prendront leur retraite comme cela existe actuellement Mais ces fonds de pensions ou assurance devraient bénéficier d’une garantie de l’Etat dans une certaine proportion et après une certaine durée de cotisation.

    Enfin pour éviter des situations abusives le gouvernement pourrait fixer des plafonds de salaire pour le calcul du montant des retraites qui seront versées par la caisse générale de retraite .Les salaires maximaux pris en compte pour le calcul des retraites ne devraient pas dépasser une vingtaine de fois le SMIG par exemple ou un montant défini après concertation avec les syndicats tous les 5 ans .

    Le nouveau régime de retraite pourraient être mis en place progressivement de manière ne pas léser excessivement les personnes qui bénéficieraient lors de son entrée en application de conditions largement plus favorables ( au moins 15% plus favorables ) sans que la période de transition ne dépasse une dizaine d’années mais le gouvernement pourrait prévoir une application immédiate avec une indemnisation financière pour ceux qui seraient pénalisés par le nouveau régime de retraite

    c’est peut être un peu trop simpliste comme démarche mais l’essentiel c’est que ça tient la route, et pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple. Il est peut être temps d’arrêter les grèves et de trouver une solution acceptable pour tous.
    Joseph Luçay Maillot le 11/ 01/ 2020

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  • Une retraite digne pour tous c’est une retraite qui ne devrait pas être inférieure à 85% du SMIG en vigueur . Si les propositions du gouvernement permettent de garantir à tous ceux qui ont droit à une retraite pleine une pension égale au moins à 85% du SMIG on ne peut pas le contester indéfiniment . Mais il faudrait qu’il précise comment arriver à ce résultat.

    Si chaque temps de travail pour lequel on verse des cotisations de retraite donne droit à des points de retraite il suffirait de justifier d’un nombre de points suffisant pour toucher au moins 85% du SMIG pour pouvoir prendre sa retraite à l’âge minimal qui pourrait être à 60 ans . Le montant de la retraite pourrait être déterminé en divisant le total des salaires ou des revenus pour lesquels des cotisations ont été versées par le temps de travail effectué depuis le premier jour de travail jusqu’à la date de départ à la retraite et le résultat ne devrait pas être inférieur à 85% du SMIG pour une durée de un mois .

    Les personnes qui auront atteint l’âge minimal de départ à la retraite mais qui ne pourront pas bénéficier d’une pension de retraite égale au moins à 85% du SMIG devront continuer de travailler au moins jusqu’à ce qu’elles justifient de cette condition avant l’âge maximal du départ la retraite qui serait de 70 ans sans bénéficier bien entendu du coefficient de majoration attribué à ceux qui continuent de travailler lorsqu’ils réunissent les conditions pour partir à la retraite à l’âge minimal. Ce n’est qu’à partir du moment où elles pourront justifier d’une pension égale à 85% du SMIG que ces personnes pourront continuer de travailler jusqu’à l’âge de 70 ans en bénéficiant d’un coefficient de majoration de leur retraite .

    Dans le cas où la retraite où le temps de travail effectué ne permettrait pas de bénéficier d’une retraite au moins égal à 85%u SMIG en vigueur celle ci serait complétée par une aide sociale .et des dispositions particulières devront être prévues pour les cumuls d’emplois.

    Joseph Luçay Maillot en complément de ma précédente proposition

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  • Travaillons moins pour gagner plus, soit, l’opposé de ce qui se prépare, les futurs travailleurs qui vont débuter cette année, nouvelle décénie vont travailler jusqu’en 2060 au moins ! Certains des LR proposent de travailler jusqu’à 67 voire 69 ans ! Pourquoi pas jusqu’à 70 ? Ce serait un compte rond. De manière cynique, on entend aussi dire que 30 ans de retraite, cela nous emmera à devenir tous centenaires alors ? J’en doute fort quand je réalise ce que l’on mange, boit, consomme pour suivre la mode qui se démode, et puis si cela arrive, dans quel état serons-nous ? Je n’ose pas y penser ! Qu’en pensez-vous ? Arthur.

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