Luttes sociales

Retraites : poursuite de la mobilisation à La Réunion

Défilés à Saint-Denis et à Saint-Pierre

Manuel Marchal / 7 février 2020

Hier à l’appel de l’Intersyndicale, une journée de grève et de manifestations se tenait à La Réunion pour s’opposer au projet de loi du gouvernement sur les retraites. Deux défilés étaient organisés à Saint-Denis et à Saint-Pierre.

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Hier à La Réunion, en écho à la mobilisation nationale, deux défilés étaient organisés par l’Intersyndicale CGTR-FO-FSU-Solidaires-SAIPER-CFTC-CGC. Cette nouvelle étape dans la mobilisation pour le droit à une retraite digne pour tous a connu un certain succès, avec à chaque fois plusieurs centaines de personnes rassemblées. Il n’est pas en effet évident de compter à chaque défilé sur plusieurs milliers de personnes comme cela a déjà été le cas lors du mouvement, ce qui rappelle que l’ampleur de la mobilisation ne se résume pas au simple dénombrement des manifestants.

Rappelons également qu’à La Réunion, le coût de la vie est plus élevé qu’en France, ce qui est reconnu par l’État qui verse un supplément de salaire de 53 % à ses agents au titre de la vie chère. Ce qui signifie qu’un jour de grève à La Réunion, c’est une perte plus importante à salaire égal qu’en France. Ceci amène l’Intersyndicale à diversifier ses actions, ce qu’elle fait au travers d’une campagne d’information marquée par des distributions de tracts dans des lieux stratégiques.

Effets de la retraite par points

Les défilés de Saint-Denis et de Saint-Pierre ont rappelé qu’à La Réunion, la prise de conscience est faite. Les mesures voulues par le gouvernement auront en effet des conséquences amplifiées dans notre île pour celles et ceux qui seront assujettis au régime général de la Sécurité sociale pour les retraites. Force est de constater que le régime universel n’est qu’une fable eu égard à la multiplication des accords avec des professions particulières qui sont autant de régimes spéciaux désormais.

Cela rappelle que le but réel du projet du gouvernement n’était pas la simplification avec la création d’un régime universel s’imposant à tous, mais reste de donner à un gouvernement les moyens nécessaires de baisser d’autorité le montant des pensions versées aux retraités. La retraite par point permet de décider de la valeur du point, ce qui en fait désormais une variable budgétaire. L’ambition du gouvernement est de ne pas augmenter la part de PIB consacrée au paiement des pensions alors que ce montant doit mécaniquement augmenter en raison du vieillissement de la population. Les choses sont claires, il s’agit d’obliger ceux qui ont les moyens à se tourner vers les assurances privées qui lorgnent vers le pactole que constituent les 300 milliards d’euros de cotisations pour les retraites.

Baisse programmée des retraites

A La Réunion, avec un taux de chômage proche de 30 %, les conditions sont réunies pour qu’il soit impossible à la plupart des Réunionnais d’avoir droit à une retraite digne. De plus, les catégories bénéficiant d’un régime plus favorable, comme les fonctionnaires, risquent de subir une baisse encore plus importante de leurs revenus au moment de la retraite. Car si en France, le projet du gouvernement prévoit qu’un enseignant en retraite touchera environ la même chose qu’un enseignant débutant, le décalage entre le salaire d’un enseignant débutant en France et d’un titulaire en fin de carrière à La Réunion est encore plus important compte tenu de la prime de vie chère.
De plus, l’existence d’un chômage de masse à La Réunion a pour effet des carrières très incomplètes, et donc des retraites très incomplètes.

M.M.