Le sens des responsabilités
10 juin, parNote de la Rédaction au sujet d’une tribune intitulée « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion »
27 février 2008

La grève engagée lundi par les salariés du groupement EIFFAGE/RAZEL, qui contestent leurs conditions de travail, est loin d’être terminée. Les négociations amorcées hier après-midi entre les responsables du groupement et les délégués du personnel ne présageaient pas d’issue acceptable pour les salariés ce matin.
Dans un premier temps, les salariés revendiquent à juste titre la constitution d’un comité d’établissement (qui est l’équivalent du comité d’entreprise) chez EIFFAGE qui comptabilise 80 salariés. RAZEL, l’autre entreprise du groupement qui comptabilise le même nombre d’employés, a déjà constitué son comité d’entreprise, mais également son comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). Sachant que les travaux se terminent à la fin de l’année, la mise en place d’un comité d’établissement pour EIFFAGE d’ici là semble plutôt compromise.
Création d’une commission permanente de vigilance
C’est surtout l’effondrement de l’échafaudage survenu le 16 février qui « a fait déborder le vase », nous explique Pierre Savigny, conseiller juridique à la CFDT. « La prévention, c’est le plus important, c’est une priorité », poursuit-il. Le conseiller juridique revient sur les faits. « L’accident aurait pu être évité. Plutôt que d’aller chercher une autre plate-forme, ils ont préféré bricoler l’ancien avec de petits boulons. Première faute grave de la hiérarchie. Deuxième faute grave : ils n’ont pas fait porter de harnais ». En vue d’améliorer la prévention des risques sur les trois chantiers restants, les salariés proposent donc la mise en place d’une commission permanente de vigilance qui consisterait à mobiliser 1 à 2 salariés par chantier afin d’identifier les risques et de les signaler aux chefs de chantier afin qu’ils prennent des dispositions comme l’arrêt des travaux, si nécessaire. « S’il y a quelque chose qui ne va pas, un danger imminent, ils pourront ainsi alerter et arrêter, si nécessaire ».
Au départ, les responsables du groupement pensaient que c’était irréalisable. Ils pensaient qu’avec un CHSCT (qui ne concernait que la société RAZEL), ça suffisait. Finalement, ils se sont ravisés au fil des discussions, reconnaissant leurs responsabilités dans l’accident qui a failli coûter la vie à plusieurs hommes.
Paiement des heures supplémentaires
Les salariés revendiquent d’autre part le paiement des heures supplémentaires. « Certains employés ont cumulé près de 300 heures supplémentaires, alors que le quota légal annuel est de 90 heures. Les responsables parlent de payer au mois de mai, alors que ces heures se sont accumulées depuis avril 2007 », nous explique Pierre Savigny.
Une prime mensuelle de 400 euros pour tous les salariés de chantier sans exception
Enfin, les salariés demandent une prime de 400 euros par mois en compensation de la pénibilité de leurs métiers. Et cela, sans discrimination entre les différentes catégories de métiers. « Ce soir, ça va être difficile de se mettre d’accord », regrette Pierre Savigny.
Soutenus entre autres par Huguette Bello, qui est venue leur apporter son soutien dès le début du mouvement, les salariés de EIFFAGE/RAZEL ne baissent pas les bras et reconduiront le mouvement tant qu’il le faudra. « Ça va peut-être durer la semaine », conclut alors Pierre Savigny, qui retournait de ce pas reprendre les négociations.
Rebecca P.
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