Application de l’APE : vers plus de chômeurs que de salariés à La Réunion
8 août, parUne catastrophe se prépare dans l’indifférence
Succession de grèves
8 juillet 2014

Vingt ans après l’avènement de la démocratie en Afrique du Sud, une vague d’investissements internationaux à l’origine de l’essor économique, après des années de sanctions et d’isolement, la « Nation arc-en-ciel » vit des heures très difficiles. Le dialogue social en panne met l’économie du pays en difficulté.
La grève dans les secteurs de la métallurgie et de la construction de plus de 200.000 ouvriers du syndicat de la métallurgie (National Union of Metalworkers of South Africa (NUMSA) a commencé, mardi dernier, quelques jours après la levée du mot d’ordre de grève de cinq mois dans le secteur du platine.
NUMSA a rejeté une offre de hausse salariale et les autorités ont fait part d’éruptions « graves » de violence avec les émeutes initiées par les grévistes dans plusieurs parties du pays, malgré l’appel lancé aux employeurs et aux syndicats à travailler ensemble afin de parvenir à un règlement rapide et à l’amiable de la situation.
L’agence de notation Moody’s a prévenu que la grève pourrait faire plonger la note du pays. « La faiblesse continue des investissements, des exportations et de la croissance globale poseront de graves défis aux efforts du gouvernement pour maîtriser son déficit budgétaire et stabiliser le service de sa dette, une note négative pour ce pays économiquement affectée », a déclaré Moody’s dans un communiqué.
Autre fait inquiétant, le géant américain de l’automobile, General Motors a annoncé, vendredi, la suspension de la production dans sa principale usine de montage d’Afrique du Sud à Port Elizabeth après que la grève a affecté ses fournisseurs de composants.
Retournement intéressant des choses, cette lutte dans le monde du travail est en passe d’être de plus en plus politisée alors que le Syndicat national des mineurs (National Union of Mineworkers (NUM)) se prépare à en découdre avec les rebelles de NUMSA. Les deux syndicats sont affiliés à la Confédération des syndicats sud-africains (COSATU).
NUMSA risque l’expulsion de la COSATU pour n’avoir pas soutenu le Congrès national africain (ANC) lors des dernières élections générales.
Le Secrétaire général de NUMSA, Frans Baleni, a, pour sa part, mis en garde contre une éventuelle sortie de la COSATU du fait de cette querelle. Avec plus de 330 000 membres, NUMSA est le plus important syndicat affilié à la COSATU et son expulsion serait un coup dur pour la Confédération.
Un parti politique récemment créé (EFF), Economic Freedom Fighters, qui a terminé troisième aux élections générales de mai, a fait savoir qu’il n’avait pas de problème à travailler avec NUMSA étant donné que tous les deux se battent pour la même cause.
Pendant que ces acteurs rivalisent pour renforcer leur influence politique, la véritable victime est l’économie sud-africaine, qui continue de patauger en dépit de perspectives économiques globales plus favorables.
Une catastrophe se prépare dans l’indifférence
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