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Enquête emploi de l’INSEE
7 décembre 2016

L’INSEE a présenté hier à Mayotte le résultat de son enquête emploi concernant le plus récent département français. Elle montre qu’officiellement, Mayotte est le département qui a le taux de chômage le plus important. Voici le contenu de cette étude.
Au 2e trimestre 2016, le taux de chômage au sens du BIT s’établit à 27,1 % à Mayotte. Il augmente encore nettement (+ 3,5 points) par rapport à 2015, après la forte hausse (+ 3,9 points) de l’année précédente.
Cette augmentation reste liée au fait que les Mahorais se portent de plus en plus sur le marché du travail. Le taux d’activité croît donc encore sensiblement en 2016, tandis que le halo autour du chômage diminue de nouveau. Sur un an, le nombre de personnes sans emploi souhaitant travailler croît légèrement. Par ailleurs, 45 400 Mahorais ont un emploi, soit seulement 1 200 personnes de plus qu’en 2015.
Au 2e trimestre 2016, 17 100 Mahorais sont au chômage au sens du Bureau international du travail (BIT), soit 3 200 chômeurs de plus en un an. Le taux de chômage, qui s’établit à 27,1 %, augmente fortement (+ 3,5 points) pour la deuxième année consécutive (+ 3,9 points en 2015). En France métropolitaine, le taux de chômage est de 9,6 % au 2e trimestre 2016. Mayotte devient le département français avec le taux de chômage le plus élevé. Les jeunes sont particulièrement concernés (47,2 %).
Cette hausse du chômage est d’abord liée à la structuration du marché de l’emploi, qui se formalise : chaque année, les Mahorais sont ainsi de plus en plus nombreux sur le marché du travail. La population active augmente très fortement et les créations d’emplois ne peuvent suivre un tel rythme. En 2016, 62 500 Mahorais en âge de travailler sont actifs, c’est-à-dire soit en emploi soit au chômage au sens du BIT, ce qui porte le taux d’activité à 50,5 % (+ 2,3 points sur un an). En deux ans, le taux d’activité s’est accru de 6,1 points.
Parallèlement, l’emploi a faiblement progressé en 2016 : 45 400 Mahorais ont un emploi, soit seulement 1 200 personnes supplémentaires en un an. Seuls 36,7 % des Mahorais âgés de 15 à 64 ans ont un emploi. Ce taux est stable par rapport à 2015, alors qu’il avait progressé de 1,2 point en 2015 et de 1,8 point en 2014.
Par ailleurs, en 2016, 24 100 personnes souhaitent travailler mais ne sont pas considérées comme chômeurs. Elles sont inactives au sens du BIT, soit parce qu’elles ne font aucune démarche active de recherche d’emploi (87 %), soit parce qu’elles ne sont pas disponibles dans les 15 jours pour travailler (13 %). Elles constituent le halo autour du chômage. En parallèle de la hausse de l’activité, le nombre de personnes inactives souhaitant travailler baisse par rapport à 2015 (– 1 300 personnes).
En additionnant chômage et halo autour du chômage, on compte 41 200 Mahorais sans emploi souhaitant travailler, soit 31,6 % des personnes de 15 ans ou plus. Cette part croît faiblement entre 2015 et 2016 (+ 0,6 point), en raison de la réduction du halo et de l’augmentation concomitante du nombre de chômeurs
Comme en 2015, la hausse du chômage provient essentiellement des hommes. Leur taux de chômage augmente de 4,5 points contre 2,0 points pour les femmes. En deux ans, le taux de chômage des hommes a augmenté de près de 10 points contre 3,4 points pour les femmes. Le taux de chômage des femmes reste néanmoins beaucoup plus élevé que celui des hommes (32,6 % contre 22,6 %).
Pourtant, elles se portent moins souvent sur le marché du travail. Ainsi, seulement 43,2 % des femmes mahoraises en âge de travailler sont actives, contre 58,9 % des hommes. Leur taux d’activité augmente certes sensiblement en 2016 (+ 2,7 points), mais moins qu’en 2015 (+ 4,7 points).
La hausse de l’activité féminine se traduit à la fois par une hausse du chômage et par une augmentation de l’emploi. Le taux d’emploi des femmes croît toujours en 2016 (+ 1,1 point), mais moins qu’en 2015 (+ 2,8 points). A contrario, le taux d’emploi des hommes recule pour la deuxième année consécutive : – 1,1 point en 2016, après – 0,6 point en 2015.
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