Luttes sociales

Tous demain à Saint-Denis pour accélérer les négociations

Appel du COSPAR à amplifier la mobilisation

Manuel Marchal / 9 mars 2009

Pour peser sur les négociations, le COSPAR appelle les Réunionnais à se mobiliser demain. C’est en effet la mobilisation qui a permis l’ouverture de négociations, c’est aussi la mobilisation qui permettra d’apporter de véritables réponses aux revendications du COSPAR.

Tout le monde reconnaît que la situation sociale est difficile à La Réunion. Depuis des décennies, les Réunionnais sont confrontés à un chômage de masse et à des prix très élevés. L’État reconnaît d’ailleurs cette situation de vie chère, puisqu’il verse à ses employés un salaire majoré d’une prime augmentant le salaire de 53%. Cette vie chère est subie par une population qui n’a pas de revenus suffisant, puisque 52% des Réunionnais vivent sous le seuil de pauvreté.
Alors que l’on attendait des acteurs économiques des gestes pour apporter des réponses urgentes aux demandes des plus démunis, rien n’est venu. La crise n’est pourtant pas un phénomène récent.
Il a fallu la création du Collectif d’organisations syndicales, politiques et associatives de La Réunion (COSPAR), et des dizaines de milliers de Réunionnais dans la rue le 5 mars pour que l’on commence enfin à discuter.

Quatre revendications urgentes

62 revendications sont maintenant au centre des discussions, avec quatre mesures préalables : baisse de 20% de 100 produits (soit 500 articles) de première nécessité ; 200 euros d’augmentation pour les bas salaires, les minima sociaux et les bourses des étudiants ; baisse de 5 euros de la bouteille de gaz ; gel des loyers.
Si pour les loyers, les échanges entre le COSPAR et les bailleurs sociaux font état d’avancées, les négociations sur la baisse des prix et la hausse des salaires n’en sont pas au même point.
Des progrès sont malgré tout à noter du côté du représentant de l’État. Le préfet doit en effet annoncer aujourd’hui une baisse des prix du gaz et des carburants.
Malgré tout, les réponses apportées par l’État samedi au collectif sont loin de répondre aux revendications. Cela explique pourquoi le COSPAR appelle d’ores et déjà à la mobilisation la plus large pour mardi 10 mars, où une grève générale doit avoir lieu.

Accélérer les négociations

Trop de Réunionnais vivent dans l’urgence, et ne savent plus comment faire pour faire face à un pouvoir d’achat qui s’effondre. Un geste immédiat doit donc être fait afin de signifier que les plus démunis d’entre nous ont le droit d’être entendus et de voir leurs préoccupations prises en compte au plus haut niveau.
Il a fallu une mobilisation d’une rare ampleur pour que les Réunionnais puissent voir s’ouvrir des négociations sur la base de revendications destinées à faire face à l’urgence sociale.
Rappelons que le COSPAR revendique auprès de la grande distribution une baisse de 20% sur 100 produits de première nécessité, déclinés en 500 articles. Si les choses ont trainé, c’est parce que la grande distribution est récalcitrante pour faire un geste pour la population la plus pauvre. Depuis des années, les Réunionnais demandent que la transparence soit faite pour expliquer comment il est possible que les prix constatés soient aussi élevés.
Gageons que la grève générale mardi dans toute La Réunion et la manifestation annoncée à Saint-Denis par le COSPAR puisse accélérer la conclusion des négociations vers une issue favorable aux Réunionnais.

Manuel Marchal


Dernière minute

Deux manifestations mardi

Le COSPAR annonce l’organisation de deux manifestations demain à Saint-Denis et à Saint-Pierre. Davantage de précisions seront données aujourd’hui.


Après la réponse du préfet aux revendications du COSPAR

Appel à manifester mardi 10 mars

Après avoir étudié les réponses de l’État aux revendications du COSPAR, le Collectif des organisations syndicales, politiques et associatives de La Réunion constate que « le compte n’y est toujours pas », notamment pour les hausses des minimas sociaux, des petites retraites, des bourses des étudiants et des salaires. « L’urgence sociale reste posée aujourd’hui comme hier », affirme le COSPAR qui appelle à une « nouvelle grande journée de mobilisation » mardi 10 mars.

« M. le secrétaire d’État avait dit : « les réponses aux 62 revendications du COSPAR sont sur la table du préfet ».
Les réponses de l’État en date du 7 mars n’apportent en fait rien de nouveau à ce que nous savions déjà.
Ce document regroupe pêle-mêle des réponses floues mélangeant court, moyen et long terme. Il reste souvent une simple déclinaison de la politique gouvernementale largement critiquable et critiquée.
L’urgence sociale reste posée aujourd’hui comme hier. Les "réponses" n’en sont pas.
Le compte n’y est toujours pas pour les minimas sociaux, les bourses étudiantes, les basses retraites.
La réponse à la revendication de 200 euros de salaire est fondamentalement insuffisante, notamment quant aux modalités de financement.
Pour toutes ces raisons, le COSPAR rappelle la nécessité de faire du 10 mars une nouvelle grande journée de mobilisation de la population réunionnaise ».