Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
30 août 2008, par

Hier matin, le collectif Sud de l’association Agir Pour Nout Tout a organisé une distribution de tracts au rond-point des Casernes à Saint-Pierre. Cette action faisait suite à la charte signée avec la Grande distribution.
« Cette charte ne répond en rien aux attentes des Réunionnais ainsi qu’aux propositions faites par les représentants de la population », s’insurge Max Banon, responsable du collectif pour la région Sud. Le collectif avait, pour sa part, formulé 4 propositions phares et aucune d’entre elles n’a été retenue par le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, Yves Jégo. « Est-ce que l’Etat se fout de la population ? », se demandent les membres du collectif. A côté de cette charte qui ne résout en rien le problème de pouvoir d’achat, « Yves Jégo demande aux Réunionnais de faire un effort en achetant des produits de sous marques. Taleur, y fodra créer des marques exprès pou bann Réunionnais alors ! ». C’est un scandale. En gros, si vous n’avez pas les moyens d’acheter de la viande, achetez des brèdes, c’est moins cher. Est-ce cela que nous demande l’Etat ? Pour qui, ou pourquoi, prend-il les Réunionnais ? « Nous nous sommes laissés faire pendant l’esclavage, la colonisation, mais aujourd’hui, il faut que la population réagisse, il faut que les Réunionnais se bougent et arrêtent de subir les choses comme ils le font actuellement ». On peut aussi se demander pourquoi l’Etat n’intervient pas sur le SMIC, les minima sociaux, la TVA, etc...? « Sur ces points, l’Etat a la possibilité d’agir et il doit intervenir, en légiférant par décret par exemple. Car une charte, c’est un peu au bon vouloir de tout le monde, il n’y a pas de garantie », précise Max Banon.
Atteinte au droit de manifester
Une vingtaine de membres d’Agir Pour Nout Tout s’est donc retrouvée au rond-point des Casernes. Conformément à la loi, le collectif avait pris contact, deux jours avant, avec la Préfecture afin de prévoir le déroulement de la manifestation ; et malgré cela, « il y avait des gendarmes partout. Nous avions prévu, pour l’occasion, des pancartes afin que la population puisse voir notre action, raconte le responsable Sud de l’association. A peine les militants avaient-ils brandi leurs pancartes que les gendarmes les leur ont arrachées, et lorsque je suis intervenu, ils m’ont menacé de me mettre en garde à vue », soutient Max Banon. Selon ce dernier, leur droit de manifester a été bafoué. Malgré cet incident, une motion a quand même pu être remise au directeur de cabinet du ministre lors d’une brève rencontre de 10 minutes accordée sur le parking de la Cilam, sous un soleil cuisant.
Le combat continue
Dans les jours prochains, le collectif compte poursuivre ses actions, notamment en se rendant dans les différentes antennes de l’ANPE.
Rappelez-vous, le ministre avait annoncé à l’Assemblée nationale qu’il y avait 3.000 postes qui ne trouvaient pas preneurs à La Réunion. A l’agence de Saint-Pierre où s’est rendu le collectif, on pouvait dénombrer 60 offres d’emplois pour 3.860 demandes ! Agir Pour Nout Tout se dit prêt à être une force de propositions, à travailler avec les responsables. D’ailleurs, l’association a proposé que l’Etat crée une commission permanente sur le thème de l’emploi notamment. Enfin, le collectif appelle l’ensemble des Réunionnais et particulièrement les jeunes à les rejoindre pour agir, « pour reprendre le flambeau des anciens qui se sont battus pour la départementalisation, pour les congés payés, pour le service public, etc...
Un pays se construit avec la jeunesse », a conclu Max Banon.
SP
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