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Grève à la librairie Cazal de Saint-Pierre
19 février 2005

Le cahier des revendications est étoffé, le mépris du patron est fort, les syndicats CGTR et CFDT sont unis et les grévistes déterminés. Au bout de trois jours d’un mouvement dicté par le ras le bol, les grévistes de la librairie Cazal de Saint-Pierre ont obtenu l’intervention, lundi prochain, d’un médiateur.
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Hier après-midi, rue Désiré Barquissau, les rideaux en fer de la librairie Cazal se sont fermés et les employé(e)s en grève depuis mercredi dernier campent sur le trottoir. Une partie d’entre eux s’active à préparer des tracts qu’ils vont distribuer aux passants pour expliquer leurs revendications.
Le mouvement est avant tout celui de ras le bol général, comme le souligne un employé qui porte une casquette CFDT et une brassière CGTR comme pour bien marquer la qualité de l’unité syndicale. "Le patron croyait que le personnel n’aurait pas le courage de mener une grève. Nous sommes là. Solidaires !", explique-t-il.
Ce premier mouvement d’une entreprise ouverte depuis longtemps déjà est massif. Une vingtaine d’employé(e)s est en grève. C’est à dire la totalité du personnel de la librairie saint-pierroise. Seuls deux cadres manquent à l’appel et les employés de la librairie dionysienne, plutôt spécialisés dans le vente de photocopieurs.
Depuis mercredi, le patron Philippe Baloukjy, a connaissance du cahier des revendications envoyé par fax et par courrier. Jeudi, il a pointé son museau sur les lieux de la grève pour rencontrer les deux cadres non-grévistes. A quatre reprises, il est passé devant le piquet de grève et à aucun moment, il n’a adressé la parole aux grévistes et à leurs représentants. Il y a comme du mépris dans cette attitude.
Dans ces conditions, le recours à la médiation reste l’unique solution. Et l’inspection du travail l’a bien compris, puisque une première réunion de conciliation aura lieu lundi à 11 heures. En attendant, les grévistes restent mobilisés.
Leurs revendications ont été largement popularisées auprès des Saint-Pierrois. Ils réclament plus de sécurité pour les employés et les clients (affaissement des plafonds, fissures dans le sol...) ; l’organisation de la négociation annuelle obligatoire qui n’a pas eu lieu en 2004 ; l’amélioration des conditions de travail en ces temps de fortes chaleurs, notamment dans le local de stockage dépourvu d’aération (climatisation en panne, impossibilité de brancher des ventilateurs sans risque de faire "sauter" le compteur...).
Enfin, les grévistes dénoncent le harcèlement moral dont certains employés seraient victimes et la fin de la discrimination salariale.
Une grève dans l’unité pour la satisfaction de revendications ordinaires - si l’on excepte le harcèlement moral - en face d’un patron qui joue la carte du mépris.
L. M.
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