Crise de l’eau à La Réunion : remettre à plat un système qui favorise le gaspillage
25 août, parMettre fin aux privilèges de classe
Alain Naillet et le congrès CGTR-BTP
12 novembre 2005

Le congrès de la CGTR-BTP, qui a eu lieu le 4 novembre dernier, a fixé des orientations pour les 4 années à venir en se concentrant sur la dynamique d’un syndicalisme de proximité. Alain Naillet, secrétaire général, décline un programme revendicatif clair.
Lors de la rencontre avec la presse de jeudi, le secrétaire général de la CGTR-BTP Alain Naillet commence par une approche générale : le secteur du BTP génère 985 millions de chiffre d’affaires à La Réunion, et sur 18.000 salariés, les deux tiers sont dans une situation précaire. C’est pourquoi il veut les organiser pour agir sur plusieurs points.
Tout d’abord le salaire : "il n’est pas normal que 3 indices de la grille salariale du bâtiment soient en dessous du SMIC". La CFTC et FO rejoignent la CGTR pour demander de réévaluer le premier indice de la grille afin qu’il soit au moins égal au SMIC. La CGTR-BTP demande l’application de la convention collective nationale.
Faire respecter les 35 heures
Vient ensuite l’application des 35 heures qui doivent apporter "une meilleure rémunération, plus de souplesse, de repos, et de la création d’emplois" or "la cadence est restée la même, les heures supplémentaires ne sont plus payées, la précarité se développe". La CGTR-BTP porte aussi une attention particulière aux employés techniciens agent de maîtrise qui sont "pris entre le marteau et l’enclume dans leur position entre patron et travailleurs, sans être reconnus, sous pression et sous-évalués". Elle souhaite par ailleurs que la Mutuelle des travailleurs du BTP soit payée par l’employeur par subrogation spéciale.
La lutte se poursuit aussi pour la retraite à 55 ans conformément aux revendications nationales, et pour la reconduite du congé solidarité en le rendant plus intéressant afin de pouvoir embaucher des jeunes.
Construire l’unité syndicale
Concernant la construction de logements sociaux, avec 50.000 foyers surpeuplés et 21.000 habitats insalubres, la CGTR-BTP estime que sur les 8 années à venir, il faut parvenir à construire 20.000 logements dont 12.000 logements sociaux pour satisfaire les besoins des plus démunis.
Pour que le dialogue social dans les entreprises soit davantage respecté, l’organisation syndicale souhaite la mise en place de représentants du personnel dans les entreprises de moins de 10 salariés, ainsi que la création d’un comité d’hygiène et de sécurité dans les entreprises de moins de 50 salariés.
La formation syndicale et la formation professionnelle sont 2 autres préoccupations importantes. "L’unité syndicale se fera par l’unité des travailleurs pour gagner cette bataille, dire quels sont leurs droits, écouter leurs aspirations".
Eiffel
Rentrée sociale 2006
À la rentrée sociale, dès février 2006, n’ayant pas été entendue sur l’année 2005, la CGTR-BTP demande l’ouverture des négociations sur les salaires, pose le problème de l’indexation des salariés pour répondre au coût de la vie.
Elle poursuit la bataille sur la convention collective départementale, jugée obsolète, et surtout ne garantissant pas à tous le paiement de la prime panier et de la prime transport. "Le travail va très bien, mais salaires et primes vont très mal", résume Alain Naillet. La vigilance vis-à-vis des patrons délinquants, qui par des sous-traitances en cascade favorisent le recours aux travaux non déclarés, sera accentuée pour lutter contre le travail illégal.
Lors de cette rentrée, il sera aussi question de répondre aux attaques du gouvernement.
Le profit pour tous
L’économie réunionnaise privilégie le gain de productivité plutôt que la création d’emplois.
L’ancien directeur de l’ANPE reconnaît que les entreprises réunionnaises sont dans un schéma mondialiste et pourraient mieux payer les salariés. 2004 a été une bonne année pour les entreprises qui ont devant elles de longues années de commandes de travaux publics importants. Cette perspective intéressante doit profiter aux travailleurs, pas seulement aux entreprises, selon la CGTR.
Mettre fin aux privilèges de classe
Mézami, opliss i sava, opliss ni antann dann radio kalité mizangarde i jène anou d’antann ; I jenn anou d’antann i fo pi ni aroz in pti karo gazon (…)
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