Luttes sociales

« Une boucle idéologique imparable au profit de l’ambition démesurée de M. Blanquer, ministre de l’Éducation nationale »

Témoignages.re / 11 août 2018

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Le Premier ministre et le ministre de l’Éducation proposent de rendre plus efficace l’Ecole, sous couvert de données mensongères invérifiables par le commun des mortels. Se drapant dans son rôle de ministre au – dessus de toute politique partisane, M. Blanquer se veut le chantre de la réussite des élèves et recommande pour cela de changer la vie des enseignants en passant notamment par la modification de la formation initiale.

En réalité, le changement des modalités du concours permettra simplement de supprimer 25 000 postes de stagiaires et ne garantit en rien une amélioration du système, les enseignants eux-mêmes se verront assigner la charge de former leurs collègues moins expérimentés sans aucune rémunération supplémentaire juste en rêvant à possibilité de bénéficier d’une part salariale au mérite ; cela conduira tout simplement à la généralisation de la précarité déjà à l’œuvre dans l’Éducation nationale et ce volant plus mobile de précaires corvéables à merci deviendra la norme. Car l’ensemble des mesures préconisées s’inscrit dans la réforme de la fonction publique initiée par le premier ministre qui a pour seule ambition de réaliser 30 milliards d’euros d’économie d’ici 2022.

La mise en œuvre de cette politique a un caractère éminemment idéologique, ces mesures ont déjà été expérimentées puis supprimées : on nous parle d’uniforme alors qu’il n’a jamais existé, de téléphone portable alors que cette prescription est déjà effective, de méthode globale de lecture responsable des mauvais résultats alors qu’elle n’est pas utilisée réellement, tout cela pour mettre en exergue une seule volonté, celle du ministre de l’Éducation nationale, au travers d’un livre orange biblique qu’il nous convient d’appliquer sans rechigner.
De même, le changement des programmes en plein mois de juillet assorti d’une exigence de leur application dès la rentrée, la volonté affichée de réduire les vacances scolaires, la formation continue placée en dehors du temps de classe tout cela accrédite une gouvernance autocratique imbue d’elle-même et peu soucieuse de la réalité du terrain.

Pourtant ce hiatus entre le discours ministériel et la réalité quotidienne de l’école n’est plus à démontrer. En effet, si la formation continue est inexistante c’est qu’il n’y avait aucun financement abondé pour cela, la suppression des contrats aidés et donc la suppression dans certaines communes des ATSEM en maternelle, la suppression des aides à la direction, la suppression des CAPD, la rémunération au mérite sans que celui-ci soit clairement défini, tels sont les changements apportés au final.

Monsieur le ministre oublie de préciser à l’opinion publique que toutes ces mesures ne sont en rien révolutionnaires et ont déjà fait grandement la preuve de leur inefficacité en France comme ailleurs, dans d’autres pays européens.
Faire croire à l’opinion publique qu’il suffit d’être inventif, que les moyens existent et que l’échec en germe dans ses réformes ne sera que le fruit des enseignants : telle est la volonté à peine dissimulée dans le discours.
Comme nous aussi croyons-en la qualification de notre ministre à connaître tout cela, nous ne pouvons que penser que la réussite des élèves est le dernier de ses soucis, seules comptent les économies réalisées pour flatter son maître d’œuvre et obtenir ainsi un poste encore plus prestigieux.

Le bureau du SAIPER UDAS