Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
4 juin 2011

L’école de Jules Ferry et toute une génération sont aujourd’hui sacrifiées sur l’autel de l’économie libérale, comptable.
Le budget de la France pour 2011 a été voté. Au nom de l’endettement, il faut faire des économies.
Le gouvernement a donc décidé de supprimer 16.000 postes dans l’Éducation nationale à la rentrée prochaine.
L’Académie de La Réunion n’est pas épargnée. 92 fermetures de classes de maternelle et élémentaires sont prévues, soit un peu plus de 2.300 élèves à répartir dans des classes à l’effectif déjà complet.
Plusieurs mobilisations de parents d’élèves contestent ces fermetures de classes dans les écoles de leurs enfants. Leur incompréhension et inquiétude traduisent leur détermination à ne pas laisser démanteler l’école de leurs enfants, de la maternelle au CM2.
Des conditions déjà difficiles
En effet, pourquoi fermer des classes dans une île frappée par un fort taux d’illettrisme ?
L’école ne serait-elle plus le premier ascenseur social ?
L’école n’apparaît-elle pas comme l’un des ressorts essentiels du dynamisme économique ?
Ces suppressions sont d’autant plus injustifiées que les évaluations nationales placent l’Académie de La Réunion en queue de classement, juste avant Mayotte.
Dans le même ordre d’idée, le contexte social actuel reste très précaire face à la conciliation travail et famille. Ce territoire est frappé d’un fort taux d’illettrisme, beaucoup de parents n’arrivent pas à suivre la scolarité de leurs enfants.
Les liaisons routières mal organisées génèrent beaucoup d’embouteillages et de pertes de temps dans les transports, les parents qui travaillent n’assument plus aussi facilement le suivi des apprentissages de leurs enfants.
Dans de nombreux foyers, les enfants réunionnais ne rencontrent pas les conditions matérielles satisfaisantes pour un suivi efficace de la scolarité. Les outils de documentation nécessaires sont parfois inexistants. Et quand ils existent, ils ne sont pas en adéquation avec les moyens déployés dans les écoles (utilisation intelligente de l’internet).
Des classes à trois niveaux
L’école se retrouve seule responsable de l’apprentissage et de la vérification des acquis.
Par ce nouveau coup de rabot prévu par le gouvernement Sarkozy à la rentrée prochaine, c’est l’école des plus défavorisés qui sera asphyxiée un peu plus. Des écoles qui vont enregistrer une augmentation d’élèves par classes.
Dans les petites écoles, certains enseignants vont se retrouver avec des classes à triple niveau, c’est-à-dire faire classe au même moment pour des CE1, des CE2 et des CM1…
Tous les enseignants s’accordent à dire que l’apprentissage est plus difficile dans une classe surchargée. Tous, de manière unanime, reconnaissent que ce système éducatif commence à virer à la garderie et les professeurs ne savent plus pourquoi ils font ce métier.
Comment apporter un enseignement de qualité en prenant bien la précaution d’appliquer le programme dans son intégralité dans une classe surchargée et à multiples niveaux ? Que fait-on des élèves qui sont en difficulté d’apprentissage ?
Les enseignants sont obligés de laisser, par manque de moyens, en souffrance des élèves en grandes difficultés pendant plusieurs heures…
Quels moyens ?
La solution préconisée par le rectorat est de reprendre l’élève le soir en lui apportant une aide personnalisée…
Que de temps perdu pour l’enseignant qui a concentré toute son énergie sur les autres élèves !
Que de temps perdu pour cet élève en difficulté qui doit subir après les cours quelques bricolages pédagogiques !
Ne serait-il pas plus judicieux de renforcer les moyens humains dans chaque établissement scolaire pour une prise en charge efficace et immédiate par des enseignants qualifiés des élèves qui présentent des difficultés ?
La surcharge des classes remet en cause la qualité de l’apprentissage de l’élève et rend moins efficace le travail de l’enseignant. L’égalité au droit à l’éducation pour tous n’est plus appliquée.
Manifestement, notre École républicaine est en danger et notre système éducatif est montré du doigt.
Quel est le projet de ce gouvernement pour La Réunion dans tout ça ?
Aline Murin Hoarau
Courrier des lecteurs
Mézami , néna par-la dë somenn in sèrtin prézidan zétazini la di dann in konféranss de press li lé dakor pou ashté bannzil chagos mé sa sé in (…)
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