Luttes sociales

Une journée sans achat ! La journée du changement ?

Le jeudi 5 mars

Jean Fabrice Nativel / 2 mars 2009

À Saint-Denis et Saint-Pierre, le jeudi 5 mars, ce sera jour de mobilisation contre la vie chère, le chômage, la précarité, les bas salaires et la pauvreté. L’occasion de dire haut et fort « arèt èk sa ». C’est aussi sous cette banderole que défilera le Collectif des Organisations Syndicales, Politiques et Associatives de La Réunion fondé notamment par Agir Pou Nout Tout. Faire aussi de cette journée la journée sans achat, c’est le souhait de cette association comme celui de voir l’ensemble de la classe politique s’unir. La plate-forme des revendications du COSPAR est présentée aujourd’hui.

Lors de la discussion d’hier matin avec les membres d’Agir Pou Nout Tout à Bras-Panon, tous — une fois de plus — appellent les élus à s’associer à la mobilisation du jeudi 5 mars. Car la misère n’a pas de couleur et encore moins de couleur politique. Quand on sait que 400.000 personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté. Les querelles de « clocher », on peut les mettre de côté. Il est nécessaire de faire preuve de responsabilité.

L’association veut faire de ce jeudi une journée sans achat. Elle invite les familles à faire leurs achats la veille ou acheter le strict minimum le jour J. De cette façon, on montre le mécontentement populaire face aux abus. Sont particulièrement montrés du doigt les profits réalisés sur les produits de consommation quotidienne et les carburants. Car dans le même temps, nombre de Réunionnais survivent, à l’exemple de retraités avec une faible pension. Que dire des personnes qui perçoivent ou pas le RMI ?

Le collectif a rappelé ces revendications —immédiates — : une valorisation de 200 euros pour les bas salaires et un travail pour tous, une baisse de 5 euros sur la bouteille de gaz achetée à environ 6 euros et revendue à 20 euros, une baisse de 10 centimes sur le diesel et sans plomb, une baisse de 10% sur les produits de consommation courante, et le gel des loyers et des charges locatives. Elles permettront de changer la vie de milliers de familles.

Jeudi, on défilera sous le mot d’ordre « la vie chère, le chômage, la précarité, les bas salaires, la pauvreté : arèt èk sa ».

Jean-Fabrice Nativel


Zot la di

• Alice Moindjie
Pas de doute, elle sera de la mobilisation du jeudi à Saint-Denis. « Pour la première fois dans l’histoire de La Réunion s’est créé un front uni pour le pouvoir d’achat », dit-elle. Ce qui en fait à ses yeux « un événement exceptionnel ».

• Jean-Hugues Ratenon
Il rappelle les priorités d’Agir Pou Nout Tout : « La lutte contre la pauvreté, la misère ». Plus que jamais, la place de cette association est auprès « des plus pauvres ». Elles sont plus de « 400.000 personnes à La Réunion à vivre en dessous du seuil de pauvreté »… de nos jours. Une catastrophe ! « C’est inadmissible », regrette-t-il, car « les gouvernements successifs n’ont pas réussi à enrayer cette situation ».
Comble du comble, La Réunion « ne découvre pas la crise ». Elle « la vit depuis longtemps ». Pour preuve, « le chômage augmente comme les prix ». Il complète : « le gouvernement mène une politique de casse sociale ». Il privilégie « le secteur marchand au détriment d’une véritable politique sociale ». Conséquence : « Au sein des familles, la cohésion est cassée. Elles se trouvent en danger ». Cette crise « est conjoncturelle et politique », relève Jean-Hugues Ratenon. Et d’insister :« le gouvernement a fait de la misère une institution ». En effet, il fixe « les montants du RMI, des minima sociaux, des retraites… ». Coïncidence ou pas, « ils sont en dessous du seuil de pauvreté avec 790 euros ». Résultat : « Les familles ont des problèmes de santé et surtout vivent mal… ». « Malgré une croissance élevée, le nombre d’emplois créés » est loin des espérances.
Sortir l’île de la crise est difficile. On la sortira ensemble autour d’une plateforme commune de revendications, d’où la création du COSPAR. Un ensemble de bonnes volontés qui a décidé de l’élaborer et la présenter aujourd’hui.

• Jean-Pierre Robert
Il précise en parlant de la mobilisation de jeudi : « nous veillerons au respect des personnes et des biens et dénoncerons tout débordement ».

• Johnny Lagrange Bacari
Il revient sur le terme de « récupération politique ». « Agir Pou Nout Tout et le COSPAR ont adressé un courrier à tous les partis politiques », fait-il remarquer. Ils ont répondu et certains ont intégré ce collectif. Sauf que Michel Fontaine, maire de Saint-Pierre et “patron” de l’UMP, semble le bouder. Contrairement à son homologue Didier Robert, maire du Tampon, qui défilera. Ce défilé est « une occasion historique de dire arèt èk sa, é arèt koz de nou san nou ».

• Marcel Motocomorapoulé
« Nous disons non au chômage, non au plus démunis… Nous prônons le droit au logement, à un travail… Nous nous félicitons de notre adhésion au COSPAR et nous pensons que les Réunionnais seront très nombreux dans la rue jeudi ».

• Éric Parlier
Il interroge : « Avant la crise, 52% des Réunionnais vivaient en dessous du seuil de pauvreté. Aujourd’hui, combien sont-ils ? ». Et de dire un mot sur « la récupération » tant décriée qui viendrait du côté « des opposants à cette mobilisation ».

• Thomas Pierre
Il affiche son optimiste même si le contexte est grave, avec le COSPAR : « il peut évoluer vers un autre chemin ».