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4 juin, parNos peines
Meeting de solidarité avec les dockers samedi soir au Port
21 mai 2013, par

Plusieurs centaines de personnes se sont réunies devant les grilles du port-Est à l’occasion d’un « meeting de protestation » face au conflit entre la Direction et le personnel du GIE SERMAT.
Le meeting s’est ouvert en présence de personnalités telles que Jean-Alain Cadet de la Coopérative Solidaire, Gilles Leperlier, président de l’AJFER-Nou Lé Kapab, Elie Hoarau et Paul Vergès du Parti communiste réunionnais, les représentants de la CGTR tels qu’Ivan Hoareau et Max Banon. Le collectif Rézistan’s, représenté par Jean-Hugues Ratenon et Yves Parlier, était également présent au meeting.
Vers un dialogue social respectueux
A l’occasion de ce meeting, Thomas Paniandy a lu le courrier envoyé par la Fédération CGT Ports et Docks au personnel de la SERMAT et notamment à la CGTR Ports et Docks. Cette lettre reprend dans les grandes lignes le conflit qui les oppose à la Direction et demande « un véritable dialogue » accompagné de « négociation gagnant-gagnant ».
Michel Séraphine, secrétaire général de la Fédération CGTR Ports et Docks, a indiqué que ce courrier avait été envoyé aux trois aconiers de La Réunion (SMG, Somacom, SAMR). De plus, l’Union nationale des Industries et de la Manutention dans les ports français (UNIM) a rencontré la CGT Ports et Docks afin de faire part de « leur soutien sans faille » et prévenant que « si aucune solution n’est trouvée, il y aura une réaction forte dans les ports de France ».
Le secrétaire général de la fédération a affirmé que « la situation s’enlise au Port à cause de l’entêtement des patrons qui ne veulent pas négocier ». En effet, ces derniers ont décidé le licenciement de l’ensemble du personnel et l’externalisation totale de la maintenance à la société KALMAR.
Dans un tel contexte, le personnel a écrit au préfet lui demandant un retour aux négociations et dénoncé « la provocation » faite par la Direction.
Michel Séraphine a expliqué que la remise en cause « des droits des travailleurs » et les « intimidations et menaces faites » n’auront pas d’effet sur les manifestants : « On ne cédera rien », a affirmé ce dernier.
Des négociations dans un « esprit constructif »
De son côté, Didier Thomas a évoqué la lettre envoyée au préfet expliquant la légitimité de cette grève et des nombreux soutiens reçus. « Ce ne sont pas les travailleurs qui prennent en otages les Réunionnais, mais les aconiers qui utilisent leurs argents pour faire pression sur les travailleurs », a ajouté Michel Séraphine.
Le courrier envoyé demande au préfet de « tout mettre en œuvre pour que les patrons reviennent à la table des négociations dans l’intérêt de la population et des travailleurs », a déclaré Didier Thomas. Ce dernier a évoqué la demande faite à « un retour des négociations dans un esprit constructif, que des solutions soient élaborées ».
Un médiateur a été mis en place par la préfecture, Alain Séry.
« Maintenant la balle est dans le camp des patrons, nous avons envoyé un courrier au préfet pour lui demander la reprise des négociations. Ce sera au préfet de prendre ses responsabilités », a indiqué Michel Séraphine. D’autant qu’il n’y a pas « de difficultés financières » au sein du GIE, a expliqué Danio Ricquebourg. Ce dernier est revenu sur les raisons de la grève et dénoncé l’attitude et les « manquements » de la Direction. Le syndicaliste a expliqué que les erreurs de la Direction avaient été avérées et prouvées. Lors de la dernière réunion, vendredi 17 mai, la Direction de la SERMAT a quitté la table des négociations, provoquant « l’étonnement des représentants de la Direction du Travail ».
« Déterminés plus que jamais »
Danio Ricquebourg, délégué syndical CGTR du GIE SERMAT, a expliqué que les « camarades sont déterminés plus que jamais, il n’y a pas besoin de faiblir ». « On veut s’en sortir, car la maintenance doit revenir à la SERMAT », d’autant que le personnel est formé et qualifié pour opérer. « On ne veut pas entendre parler d’un seul licenciement », car le GIE a la possibilité de faire des économies, de récupérer les salaires non payés par KALMAR et de conserver la maintenance des machines. « Nou lé kapab, il n’y a pas de respect envers les travailleurs ». Ce dernier a ajouté : « Ils demandent des excuses, je ne les ferais pas, à eux d’en faire aux dockers et à toute la population. On croyait que les patrons avaient des limites en termes d’arrogance, mais là, on voit que non ».
Pour clôturer le meeting, Danio Ricquebourg a remercié « les dockers pour le combat exemplaire mené » jusqu’ici, ainsi que l’ensemble des personnes qui soutiennent la grève. Ce dernier a particulièrement remercié Paul Vergès qui « nous dit : mercredi, on va faire quelque chose pour vous. On sera à vos côtés, on sera avec vous ». Ce dernier a expliqué que ce combat « est une fierté pour les travailleurs du Port et les jeunes. C’est pourquoi je demande à tous les dockers de se rassembler le 20 mai, ils étaient là depuis le début, à notre tour d’être là pour eux. Nou lé avèk zot, larg pa, nou lé kapab ».
Céline Tabou
| « On n’a plus de chaines, mais on est toujours des esclaves » Ces employés du GIR SERMAT se sont exprimés et ont confié être inquiets. « Nous sommes gonflés à bloc, et très remontés, parce qu’on se demande que fait l’Etat face à cette escroquerie. Où sont les pères de famille pour nous aider. On est très inquiets face à l’intransigeance des patrons, face à tout cet argent et surtout face à cette injustice. Il y a eu des fraudes constatées et prouvées par la Direction du Travail ». Face au soutien d’autres organisations et de personnalités telles que Jean-Alain Cadet de la Coopérative Solidaire, de Gilles Leperlier, président de l’AJFER-Nou Lé Kapab, du Parti communiste réunionnais, dont Elie Hoarau et Paul Vergès, ainsi que les représentants de la CGTR, tels qu’Ivan Hoareau et Max Banon, entre autres, ces derniers ont expliqué que « cela fait plaisir de voir le soutien des gens, on comprend qu’on n’est pas tout seul. Dans le public, beaucoup de gens ne comprennent pas pourquoi le PCR et la Mairie du Port nous soutiennent, mais il ne faut pas oublier que c’est dans l’Histoire. En 1971, lors de la grande grève des dockers, la Mairie du Port et Paul Vergès ont soutenu les familles des dockers qui n’avaient plus rien à manger. Le soutien du PCR et de Paul Vergès ne date pas d’hier ». Alors que les négociations de vendredi dernier ont de nouveau échoué suite au départ de la Direction, les six hommes ont dénoncé « le mépris des patrons », mais « c’est toujours comme ça avec les patrons. On n’a plus de chaines, mais on est toujours des esclaves. Les maitres sont toujours les mêmes, et les esclaves aussi ». Malgré tout, « on garde espoir, sinon on ne serait pas présents ici. On est déterminés, on fait bloc. Mais surtout, on se battra jusqu’à la fin. La guerre est déclarée, nous sommes en guerre. S’il le faut, on ira devant le préfet pour qu’il nous écoute. On est 43 contre 1. 43 personnes peuvent reprendre la société ». Ces derniers ont dénoncé le monopole des « capitalistes qui ne manquent pas à La Réunion ». Il faut « changer un peu de famille à La Réunion, toujours les mêmes ». |
| Roland Robert, maire de La Possession : « Ceux qui sont dans le combat aujourd’hui ont le droit à toute notre solidarité »
Dénonçant la décision de la Direction d’organiser un Comité d’Entreprise pour évoquer les licenciements, Roland Robert a salué la décision du préfet de mettre en place une médiation, mais « le maitre mot doit être la solidarité ». « Tous doivent savoir que derrière les représentants syndicaux, lors des négociations, il y a tout le PCR et toute la population réunionnaise », a expliqué Roland Robert. Le conflit de la SERMAT est devenu « le problème de La Réunion. Ceux qui sont dans le combat aujourd’hui ont le droit à toute notre solidarité ». |
| Maurice Gironcel, maire de Sainte-Suzanne : « La victoire est au bout du combat »
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| Jean-Yves Langenier, maire du Port « Le combat des dockers est exemplaire »
Ce dernier a affirmé que dans la lutte pour l’emploi, celui des dockers est tout aussi important, « on ne peut pas accepter que des patrons sans scrupules veulent encore licencier. C’est intolérable », car le port doit être « un outil de développement pour La Réunion ». Le maire du Port a rappelé « le soutien infaillible et historique de Paul Vergès et du PCR dans les luttes des dockers. Une solidarité indéfectible de la Mairie du Port », dont le premier maire était un docker. Face à « l’enthousiasme de Danio, on est sûr d’aller vers la victoire ». |
| Jean-Alain Cadet, président de la Coopérative Solidaire : « Je vous soutiens à fond les dockers, comme tout le personnel de la Coopérative » Le président de la Coopérative Solidaire a expliqué qu’au début de la grève, il était allé « discuter, dialoguer » avec les dockers, pour les informer que le riz solidaire était bloqué dans un container. « Au second jour de grève, les dockers m’ont dit qu’ils allaient sortir le riz ». Cependant, il aura fallu une semaine et demie pour convaincre les aconiers de sortir le riz, « ce sont les aconiers qui avaient la clé », mais aucun transporteur ne tenait à transporter le riz, c’est « la solidarité qui a joué ». En effet, Jean-Bernard Caroupaye, président de la FNTR, a aidé Jean-Alain Cadet à transporter le riz. « Nous aussi nou lé kapab. Il y a des gens compétents, il ne faut pas abîmer notre savoir-faire », a-t-il expliqué. Ce dernier a déclaré : « Je vous soutiens à fond les dockers, comme tout le personnel de la Coopérative ». |
| Ivan Hoarau, secrétaire général de le CGTR : « L’histoire ne fait que continuer »
Sur le dossier de la SERMAT, le syndicaliste a dénoncé la défiscalisation qui a permis de donner aux entreprises 8.600 millions d’euros pour préserver les emplois, mais qui, huit ans plus tard, décident de licencier. « Ils ont aujourd’hui le toupet de dire qu’ils respectent la loi ». « Le problème de responsabilité des patrons — par rapport à notre territoire — est qu’ils y travaillent et profitent de tous les avantages », a dénoncé Ivan Hoareau. Ce dernier a évoqué les discriminations des patrons envers les travailleurs et notamment « les jeunes formés que l’on veut licencier ». Pour ce dernier, le conflit de la SERMAT met en avant une stratégie du patronat de « mettre à bas les dockers, qui reçoivent des coups à n’en plus finir », il s’agit d’une « question de main mise sur l’outil portuaire » par les multinationales. Ivan Hoareau a invectivé le patronat à qui « on demande des réponses ». |
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