Rencontre entre des élus et les terrassiers

Une urgence : relancer tous les projets

5 décembre 2008, par Manuel Marchal

Hier, Raymond Lauret du Conseil régional et Yolaine Costes de la CIVIS ont rencontré des chefs d’entreprises de terrassement qui manifestent depuis onze jours au rond-point du Sacré Cœur. Cela fait plusieurs mois que de nombreux entrepreneurs réunionnais sont confrontés aux conséquences du ralentissement de l’activité dû au report ou à l’annulation de chantiers devant assurer la transition entre la fin de la construction de la route des Tamarins et le début de celle du tram-train. Les deux élus ont informé les terrassiers sur la cellule de crise, et sur les démarches faites par les collectivités pour apporter, dans la limite de leurs compétences, une réponse à cette urgence.

Raymond Lauret a exposé les différentes mesures prises par les collectivités réunionnaises, dans le cadre de leurs compétences, pour relancer l’activité. (photo M.M)

« Nous ne sommes pas là pour demander la charité, nous sommes là pour que l’on puisse avoir du travail, et nous sommes devant un mur ». Ce cri de détresse d’Hermann Elise résume la situation dramatique de nombreux entrepreneurs réunionnais. Ils annoncent au moins 80 saisies-ventes de matériels de BTP, fruits de l’investissement des Réunionnais, et des entreprises ont déjà dû mettre la clé sous la porte, aggravant la situation du chômage.
Depuis plusieurs mois, le ralentissement de l’activité dans le BTP a des conséquences désastreuses pour les entreprises réunionnaises. Nombreux sont ceux qui ont investi dans du gros matériel, et se retrouvent sans travail à cause de l’annulation ou le report de grands chantiers destinés faire la soudure entre la fin des travaux de la route des Tamarins et le début de celui du tram-train.

Certains cassent les prix

L’autre problème qui se pose est la difficulté d’accéder à la commande publique. Car la pénurie de chantier pousse des entreprises à casser les prix pour remporter les marchés. Pour favoriser l’accès des petites entreprises aux marchés publics, Raymond Lauret explique que la Région a décidé de faire des lots adaptés aux capacités des PME réunionnaises. Ainsi, un gymnase d’un montant de 4,4 millions d’euros a été divisé en 10 lots.
Or, le conseiller régional constate par exemple que lors de la commission d’appels d’offres du Conseil régional du 2 décembre dernier, un marché était estimé à 700.000 euros. La commission a reçu des offres comprises entre 390.000 et 605.000 euros. Difficile pour un artisan ayant les traites de son matériel à payer de s’aligner sur une offre inférieure de 45% à l’estimation technique. Les manifestants accusent les grosses entreprises de "redescendre" sur les petits chantiers, ce qui met en péril la survie des artisans.
Les manifestants n’ont qu’une revendication. Que leurs engins posés sur un parking puissent à nouveau travailler pour le développement du pays.
Les élus ont exposé les différentes propositions faites à La Réunion pour faire face à cette situation. Raymond Lauret rappelle la cellule de crise adoptée le 12 novembre dernier au Conseil général par les élus des collectivités territoriales et les socio-professionnels.

Informer et parler d’une même voix

Dans le BTP, elle se traduit par une cellule de suivi des grands chantiers, coordonnée par la FRBTP. Il s’agit de solliciter les collectivités pour qu’elles publient un calendrier prévisionnel des appels d’offres, et que ces données soient rendues publiques auprès de toutes les entreprises réunionnaises. Ceci est un engagement des collectivités locales dans le cadre de leurs compétences.
Quant aux procédures d’appels d’offres, elles dépendent uniquement de la loi. Ce qui veut dire que c’est aux parlementaires de lutter pour proposer des adaptations permettant de faire face à la crise. Autrement dit, donner la possibilité à un artisan devant rembourser un crédit d’investissement d’être aussi compétitif qu’une grosse société ayant du matériel déjà amorti de longue date.
Enfin, les terrassiers ont été encouragés à se fédérer afin de mieux faire entendre leurs revendications, ainsi qu’à ne pas hésiter à solliciter la FRBTP pour faire remonter toutes leurs propositions auprès de la cellule de suivi des grands chantiers.

Manuel Marchal

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