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Après la conférence de presse de Dominique de Villepin
3 septembre 2005

Les annonces du Premier ministre jeudi lors de sa conférence de presse n’ont contenté que les dirigeants d’organisations patronales et suscité de sévères critiques de la part des syndicats et des associations pour le droit au logement.
Force est de constater que les déclarations de Dominique de Villepin à la presse ont reçu le seul soutien de ceux qui ont intérêt à voir se poursuivre la casse sociale méthodiquement menée depuis maintenant plus de 3 ans. Pour leur part, les syndicats dénoncent unanimement un projet politique qui exclut chaque jour davantage les plus démunis du partage des richesses, qui amplifie les inégalités et culpabilise les travailleurs privés d’emploi.
Un constat après la conférence de presse du Premier ministre mardi : ceux qui ont intérêt à voir se poursuivre la casse des droits des travailleurs sont satisfaits. Pour les dirigeants de la CGPME en France, c’est un "signal fort pour la consommation" et demande au gouvernement d’aller "plus en avant". Quant au MEDEF, sa présidente souhaite que la "prochaine étape de l’action du gouvernement soit consacrée à la baisse du coût du travail".
Par contre, pour les syndicats, Dominique de Villepin ne laisse que peu d’espoir à ceux qui survivent avec un salaire ou un revenu minimum.
Promotion de la précarité
Pour la CGT, "ce qui est présenté au nom d’une “croissance sociale” ne générera pas de croissance et accentuera les inégalités sociales". Et de préciser que "sur les salaires, le gouvernement s’estime quitte et conforte les employeurs dans leur blocage actuel ; sur l’emploi, le modèle devient celui de l’activité à temps partiel et temporaire".
"Toutes les mesures annoncées encouragent les employeurs dans cette voie et voudraient convaincre les salariés et les chômeurs de s’y soumettre sous peine de sanctions", affirme la CGT qui constate que "les chômeurs et allocataires de minima sociaux ont peu de droits mais de plus en plus de devoirs, alors que les employeurs sont exonérés de toute responsabilité dans le développement de l’emploi et de l’investissement productif".
Plutôt que de "croissance sociale", selon FO, "il faut aujourd’hui parler de volontarisme libéral" c’est-à-dire de "flexibilité et précarité croissantes" pour les salariés affirme Force Ouvrière.
Rien sur le pouvoir d’achat
La CFDT indique que "tout ceci constitue un catalogue de mesures qui ne font pas une politique de relance de la croissance et de l’emploi". Elle constate en particulier qu’au sujet du pouvoir d’achat, le gouvernement ne propose rien qui puisse redonner confiance. "Le déblocage de la participation ne constitue qu’un transfert d’une épargne vers une consommation immédiate et ne correspond pas à une augmentation du pouvoir d’achat", estime la CFDT, "sans compter que tous les salariés n’en bénéficient pas".
L’UNSA estime quant à elle que le Premier ministre "a réaffirmé l’orientation économique de son gouvernement tourné vers l’offre en direction des entreprises". Elle "regrette que la question du pouvoir d’achat des salariés du public et du privé soit absente". "L’UNSA ne saurait accepter les suppressions de crédits prévues pour les administrations publiques", précise un communiqué de l’organisation syndicale.
Dans la presse en France
"Un pur disciple de Nicolas Sarkozy"
o Pour Jean-Paul Piérot de “l’Humanité” : "Villepin oublie les urgences sociales et soigne les riches". "En décryptant les dits et les non-dits (...) tout observateur quelque peu attentif aura surtout remarqué une attention portée à des intérêts particuliers : ceux des riches".
"Quant à ceux qui n’ont comme patrimoine que l’angoisse du quinze du mois, ils devront se contenter de quelques euros de plus par jour au titre de l’augmentation de la prime pour l’emploi et d’autres mesures qui, si elles sont bonnes à prendre, seront loin, très loin de donner l’impulsion au pouvoir d’achat nécessaire pour relancer la croissance", estime “l’Humanité”.
o “Le Parisien”, de son côté, estime que "Villepin chouchoute les classes moyennes" et remarque également des similitudes entre les "manières" Villepin et Sarkozy.
"Sans bla-bla et se limitant à faire dans le concret, on l’a vu entouré de huit ministres, décliner sur tous les tons - non sans ressemblance avec un certain Nicolas Sarkozy, la formule “un problème, une solution”", souligne Jean-Marc Plantade.
o Dans un édito intitulé, "Villepin, pur sarkozien" le quotidien “Les Échos” enfonce le clou. "Par son intervention très médiatisée, le Premier ministre a cependant d’abord voulu démontrer aux Français qu’il agit et qu’il agit sans aucun préjugé. Il se révèle en cela un pur disciple de Nicolas Sarkozy, son ministre d’État".
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